Publié le 23 Jan 2014 - 02:27
LIBRE PAROLE

D’odeur, ce fric en a vraiment !

 

Les révélations du procureur de la République, Serigne Bassirou GUEYE,  sur la fortune présumée de madame Aida DIONGUE ,laissent pantois plus d’un sénégalais .

L’onde de choc qu’elles ont créé a atteint toutes les strates de notre société.

De l’écœurement à la nausée , voilà ce que des sénégalais ont ressenti à l’annonce du magot de madame DIONGUE.

Quarante sept (47 ) milliards de nos francs en argent et en bijoux supposés lui appartenir. Bingo !

Un tel pactole ,pour une seule personne , dans un pays parmi les plus pauvres du monde et où tout est urgences , est tout simplement scandaleux. Surtout que ni les antécédents professionnels , ni les fonctions électives de l’ex-sénatrice libérale ne sauraient justifier un tel degré d’enrichissement .

Mais où donc a -t- elle pu se procurer cette richesse à la Crésus ?Comment une institutrice, avec uniquement un mandat de maire d’une commune d’arrondissement et de sénatrice, a -t- elle pu amasser autant d’argent ?

Autant de questions que la justice sénégalaise élucidera certainement .

Mais en attendant , selon les enquêtes menées par la section de recherches de la gendarmerie, l’origine de cette manne fabuleuse serait l’Etat à travers certains de ses grands projets :  les projets de construction de logements sociaux , de lutte contre les inondations et les bidonvilles ( Plan Jaxaay),l’achèvement du programme de construction et de restauration du patrimoine bâti de l’Etat .

D’autres programmes non encore ciblés ont probablement participé à cet enrichissement sans cause . Toujours est-il que c’est l’Etat qui a enrichi madame Aida DIONGUE .

Et s’il a pu en être ainsi , c’est parce que le gré à gré a  fonctionné à fond ,avec bien entendu des complicités au plus haut sommet du régime libéral et peut-être même socialiste ,puisqu’elle a été  aussi  une militante socialiste avant la débâcle des verts aux élections présidentielles de l’an 2000.

 Il faut reconnaitre que dans cette affaire , l’ex-mairesse des HLM n’est que la partie visible de l’iceberg.

De gros bonnets qui ont occupé des positions de loin plus prestigieuses que les siennes, gèrent des  fortunes peut-être plus importantes que la sienne à travers un patrimoine planqué ,sous diverses formes, ici et ailleurs .

C’est pourquoi, il y’a lieu de faire l’inventaire de tout ceux qui se sont enrichis illicitement sur le dos de l’Etat. C’est dire que la chasse aux biens mal acquis ,  une œuvre de salubrité publique, est plus qu’actuelle  et s’y atteler est plus qu’un impératif catégorique .

Et sur ce , le Président Macky SALL a eu certes la lumineuse idée de réactiver la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite ( CREI) , mais il lui faut aller jusqu’au bout de sa logique , aidé en cela par les sénégalais soucieux du devenir de leur pays .

Les voies libérales qui crient à l’acharnement contre les leurs à qui on demande des comptes, devraient plutôt s’émouvoir des manques d’emplois, d’infrastructures sportives et  de santé ,d’écoles , de subventions au monde rural ,  de projets de lutte contre la pauvreté etc.  que leurs avoirs illicites auraient  financer.

Les cris d’orfraie du Parti Démocratique Sénégalais et leurs affidés montrent que le développement du pays n’était point la préoccupation essentielle du régime libéral pour qui seul comptait l’accaparement des richesses nationales au détriment des populations laborieuses.

En effet, les personnes issues de son rang et actuellement dans les lieux de la détention pour cause d’enrichissement illicite renseignent sur la mauvaise gouvernance libérale et l’abime dans lequel ce régime ploutocratique a plongé notre pays.

Saura- t- on jamais un jour le montant du préjudice que ces prédateurs ont  fait  subir au  peuple sénégalais ?

En tous les cas, les générations futures ont le droit de savoir , puisqu’elles vont hériter de ce passif si lourd du fait d’une bande de rapaces plus préoccupés à sucer le sang du peuple qu’à le guérir de ses maux.

Cet argent soustrait frauduleusement dans la caisse populaire a une odeur pestilentielle.

Il pue la misère dont il est extrait : celle des inondations, du sous-emploi, des mortes en couche, des structures de santé fétides, de la poisse des taudis et des abris provisoires, des faméliques du monde rural et des banlieues.

Cette richesse dont la vocation était de combattre la pauvreté doit servir à l’amélioration des conditions d’existence de nos compatriotes durement éprouvés et non à payer des bijoux et peut-être des trousses de maquillage de plusieurs milliards.

Aux autorités de la seconde alternance de rendre justice au peuple qui a débarrassé notre pays de la mafia libérale, en lui restituant ses biens et en châtiant ses voleurs à col blanc.

Et il ne peut être ici question de pardon au nom d’un prétendu apaisement du climat politique et d’une supposée préservation de la concorde nationale.

Autant alors libérer tous les malfrats détenus dans nos prisons et vivement la chienlit !

La République c’est aussi l’adossement à des valeurs et le respect par tous des normes qui rendent la vie en société possible. Il est inadmissible que les affameurs du peuple puissent jouir en toute impunité des fruits de leur rapine.

Le permettre, c’est saper les fondements de la cohésion nationale et de l’Etat de droit.

Alphonse DIOP

Administrateur d’Assemblée

yafoor@voila.fr

 

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