Publié le 23 Aug 2014 - 08:30
LIBRE PAROLE

Gros risques sur le capital semencier d’arachide

 

L’installation très tardive de l’hivernage 2014 n’aura pas permis une mise en terre, au moment opportun, de l’important capital semencier arachide, subventionné par l’Etat au bénéfice des agriculteurs (plus de 70.000 tonnes, en semences écrémées et en semences certifiées).

Ces semences sont composées de variétés tardives (115-120j) et de variétés hâtives (85-90 j). Le démarrage de la saison des pluies au mois d’août ne donne plus aucune chance aux variétés tardives de pouvoir boucler leur cycle durant le restant de l’hivernage. Quant aux variétés hâtives, elles seront à coup sûr pénalisées, partout où les précipitations ne se prolongeront pas jusqu’au début du mois de novembre. Ce cas de figure n’a jamais été malheureusement observé dans les zones écologiques des variétés hâtives.

Les paysans qui s’attendaient à un hivernage comme les autres, ne se sont pas fait prier pour préparer les 70.000 tonnes-coques reçues, ainsi que leurs réserves personnelles, en procédant aux opérations de décorticage, triage, traitement phytosanitaire, etc.

Ces semences–graines sont actuellement entre leurs mains, mais ne peuvent ni être consommées (si elles sont déjà fongicidées) ni même conservées dans leurs conditions : la graine, en tant qu’être vivant, n’a aucune possibilité de garder sa faculté germinative, si ce n’est dans une chambre froide ou un emballage sous-vide, protégé.

Des mesures appropriées pour sauver ce précieux capital méritent d’être envisagées de toute urgence, au risque de voir le Sénégal entrer pendant longtemps dans une pénurie d’arachide. Les conséquences d’une telle situation seront catastrophiques pour de nombreux pans de l’économie nationale.

Aussi, toutes les graines d’arachide actuellement disponibles au niveau des agriculteurs devraient être renégociées et redéployées par variété, comme programme spécial dans l’ensemble de zones irriguées du pays : Vallée du fleuve, Bassin de l’Anambé notamment, où les coûts d’irrigation sont les moins élevés. Des associations paysannes y ont déjà conduit avec succès des opérations similaires.

Plus on attendra, plus vite on assistera à la « mort définitive » des graines-semences, mais aussi à l’installation de la période froide, peu favorable au développement et à la fructification de l’arachide. «Ne crois pas que tu t’es trompé de route, quand tu n’es pas allé assez loin. »

El-hadji Moustapha Diop,

Spécialiste en semences

isra-tapha@orange.sn

 

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