Publié le 3 Nov 2015 - 10:48
LIBRE PAROLE

Hommage au à l’éternel professeur Oumar Sankharé. 

 

Quand ce matin du 27 octobre des messages et des appels ont assailli mon téléphone pour m'informer de votre décès inopiné, je n'ai pas pleuré (non vous n'auriez sans doute pas voulu cela), j'ai souri. J'ai souri parce que je suis sûr que vous même, lorsque vous avez senti votre dernière heure arriver, vous avez peut-être esquissé votre sourire moqueur en ayant une pensée à cet ouvrage que vous ne pourrez finir et peut-être avez-vous murmuré aussi, toujours avec ce même sourire aux lèvres : "ces deux salauds m'auront échappé belle !" J'en souri encore.

Désolé Professeur mais je ne peux pas pleurer. Vous êtes sans doute l'une des personnalités universitaires les plus controversées de notre époque. Décrié ici, ovationné par là, notre société a déjà fini de faire de vous ce qu'elle a bien voulu faire, et cela, aux dépens de vos grandes qualités car si elle a bien fait ou mal fait de jeter l'opprobre sur vous à la parution d'un de vos plus célèbres ouvrages, c'est ce dont on ne peut juger qu'après vous avoir lu et fréquenté dans la vie réelle. Je ne vois en vous que modestie, générosité, humilité, humanisme, simplicité, amour mais aussi foi, hélas vous l'aviez ! Mais trop épris de rechercher la vérité, votre volonté de vous débarrasser de vos œillères pour voir plus clair les arcanes de la religion a rendu l'apparence de cette foi assez singulière quelques fois. Mais Dieu sait la pureté de votre cœur ! Vous m'aviez dit un jour, dans votre salon, "je veux aller au Paradis" : je prie le Bon Dieu pour qu'Il vous y accueille.

Je présente mes condoléances à toute l'intelligentsia mondiale, aux universitaires, aux hommes lettre et de culture, à la famille Sankharé, à Papa Bouna Flaubert Faye, pour la disparition du second africain agrégé de grammaire et détenteur d'une double agrégation en grammaire et en lettres classiques. Je regrette de ne pas vous avoir connu plus tôt, cela m'aurait épargné bien des fautes d'orthographe et de conjugaison. Merci pour cette générosité du savoir, pour l'humilité de sa transmission, pour les corrections apportées à mon tapuscrit et pour ce que vous me considérez, peut être exagérément, comme "un grand poète". Toutefois je prends cela humblement comme un encouragement et à mon tour de vous redire que je vous considère comme un Grand Homme. Bon voyage.

Papa Moussa Sy, professeur de Français, Louga.

Section: 
LE DESTIN DU PRÉSIDENT DIOMAYE : Entre démission et cohabitation forcée
LETTRE OUVERTE : À Son Excellence le Président de la République,
PROPOSITIONS DE RÉFORME-DIVORCE : Mettez juste un trait d’union
Saisine du conseil constitutionnel et dispersion de la classe politique
Commentaires sur l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution
LA RUE COMME MUSÉE : Pour une esthétique populaire de la ville africaine
Hommage à Mame Less Camara (3 ans déjà....)
YAKAAR-TERANGA : Les véritables pertes de l’État du Sénégal et les conséquences dévastatrices
YAKAAR-TERANGA : Les deux raisons du départ de kosmos
MÉMOIRE - TROIS ANS DÉJÀ : Malick Ndiaye, le veilleur de l’éthique Ceddo
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles