Publié le 4 Jun 2014 - 20:23
LIBRE PAROLE

L’inacceptable paternalisme du journal Le Monde

 

(…) Dans son édition du 13 mai 2014, le quotidien français s’est laissé aller à une titraille digne d’un journal de l’ère coloniale : «Le Dak’Art en guerre contre l’homophobie». Ainsi donc nous serions, nous Sénégalais, selon la publication parisienne, des intolérants vis-à-vis de cette déviance sexuelle ! Autrement dit, de vils «homophobes» ! En lançant aussi péremptoirement cette «fatwa» contre la foi de millions de musulmans sénégalais, le quotidien Le Monde omet scandaleusement de se conformer à la bienséance du parallélisme des formes, relativement aux particularismes culturels respectifs des sociétés africaines et occidentales.

En effet, où était le paternaliste quotidien français Le Monde lorsque le Code civil français corsait les conditions de séjour des étrangers, en adoptant, en 1993, la tristement célèbre «Loi Pasqua», qui interdit littéralement la polygamie sur le territoire français ? Nous avons tous souvenance de ces multiples drames familiaux que cette loi scélérate a engendrés, aussitôt après son entrée, brutale, en vigueur chez de nombreuses secondes épouses d’immigrés dés lors condamnées à opérer ce choix douloureux : demander le divorce ou se voir refuser le renouvellement de leurs cartes de séjour.

Et pourtant – bien que nous y soyons tous fondés – personne n’a jamais qualifié cet acte caractérisé d’intolérance de «polygamophobe» (qui sied parfaitement d’ailleurs !). Et qui a entendu ces fameux droits-de-l’hommistes, si prompts à crier au scandale quand les Sénégalais expriment leurs indignations face aux provocantes frasques publiques d’homosexuels ? Au contraire, ils ont tous fait – et continuent de faire – profil bas, face à ce mépris culturel que nous fait subir la puissante France.

Les tenants de ce prosélytisme malsain n’arriveront jamais à nier – pour prendre le cas du Sénégal – que la communauté homosexuelle et ses 22% de séropositifs posent un réel problème de santé publique. Contre-exemples pour la jeunesse d’un pays fortement ancré dans sa foi, ces actes contre-nature sont fermement rejetés, à huit reprises, par le Saint Coran (dont tous versets y afférant font pertinemment renvoi à la malédiction divine qui s’était abattue sur le peuple pervers de Loth, ravagé par les unions contre-nature) ; et à deux reprises par l’Ancien Testament (Lévitique).

Sans oublier le Code pénal sénégalais qui, en son article 319, est sans équivoque. Et pourtant ce sont ces mêmes cartels «d’intellectualisants», passés maîtres dans le terrorisme médiatique, qui crient sur tous les toits que : «La démocratie c’est la loi de la majorité» ! Alors, pourquoi persistent-ils, que diable, à vouloir imposer les mœurs déviantes d’une minorité à une majorité qui les rejettent foncièrement ? De quel coté se trouvent alors les véritables «intolérants» ou «provocateurs» ?

L’Etat a heureusement réagi sans détour

Au terme d’une tournée nationale, faite auprès de toutes les familles religieuses du pays, pour les alerter sur les intentions d’un mystérieux séminaire tenu dans un célèbre hôtel, sis à la corniche-est, et auquel le journal Le Populaire du 28 mars 2013 s’était largement fait écho, lui prêtant l’intention de concocter un avant-projet de dépénalisation de l’homosexualité, destiné au Parlement, le président exécutif de Jamra, Imam Massamba Diop, a tenu un point de presse le 7 avril 2013 pour demander au président de la République Monsieur Macky Sall d’éclairer à ce sujet la lanterne des Sénégalais. Et l’écrasante majorité de nos compatriotes s’était par la suite réjouie du communiqué publié par le Conseil des ministres du jeudi 11 avril 2013, rejetant toutes formes de dépénalisation des unions contre-nature.

Laquelle posture devait être confirmée et officialisée deux mois plus tard, le 27 juin 2013, lorsque le président de la République opposa publiquement une fin de non-recevoir à l’invite faite par le chef de la plus grande puissance économique, technologique et militaire du monde, le président Barack Obama, à dépénaliser les unions contre-nature en terre sénégalaise. L’organisation islamique Jamra et l’Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses Mbañ Gacce, s’étaient alors fait le devoir de d’adresser leurs vives félicitations au président sénégalais, pour s’être conformé au vœu de l’écrasante majorité des croyants de ce pays.

Constants dans leur démarche, Jamra & Mbañ Gacce reformulent ces mêmes compliments patriotiques à l’Etat sénégalais, pour avoir immédiatement réagi à l’interpellation faite par les débatteurs de l’émission sociétale de Lamp-Fal-Tv, de ce samedi 31 mai, à 10 heures.

En effet, exhorté par un plateau de qualité (composé de l’ancien ministre en charge des affaires religieuses Bamba Ndiaye, du photo-journaliste de Walfadjri Mamadou Gomis, du directeur de la Biennale Babacar Mbaye Diop et du vice-président de Jamra Mame Mactar Guèye) à procéder sans délai à la fermeture des sites d’exposition incriminés, le pouvoir, par le biais d’une responsable d’un démembrement de l’Etat, a fait joindre directement au téléphone – dés la fin de l’émission et en présence des invité susnommés - l’animatrice de Lamp-Fal-Tv, Sokhna Aminata Mbaye, pour l’informer de la «fermeture immédiate» desdits sites.

Limitant ainsi les énormes dégâts psychologiques que cette «Biennal Off» aura eu le temps causer dans de nombreux frêles esprits juvéniles, abreuvés qu’ils ont été, depuis le 9 mai dernier, de fresques malsaines, faisant ouvertement, sous couvert de l’art, la promotion de la déviance sexuelle et de la débauche. Au mépris de notre ancrage dans nos valeurs ancestrales imbues des enseignements religieux multiséculaires, que nous aura généreusement légué une longue lignée de grandes figures de l’Islam qui reposent en terre sénégalaise.

Dakar, le 31 mai 2014

Pour le Bureau exécutif de

Jamra & Mbañ Gacce

Imam Massamba Diop

ongjamra@hotmail.com

Section: 
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions