Publié le 10 Dec 2022 - 19:17
LUTTE CONTRE LES VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE

Repenser la société sénégalaise

 

Pour marquer la fin des 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre, le Bureau de Dakar de l'Agence italienne pour la coopération au développement (AICS) et l'Institut italien de culture à Dakar ont tenu un colloque, hier, sur le thème « Re-penser ensemble ». Il a réuni des scientifiques et activistes de terrain.

 

Donner une approche scientifique aux violences faites aux femmes et aux filles. C’est l’idée émise, hier, par le directeur du Bureau de l'agence italienne de la coopération à Dakar, Marco Falcone. Selon ses dires, l’institution qu’il dirige et ses partenaires ont décidé d’agir ainsi, parce que, ce qui est le plus important, ce sont les données, les informations qui se basent sur des dates bien précises. Il l’a dit au cours du colloque sur le thème "Re-penser ensemble ", qui se tient, à Dakar, pour clore la campagne de lutte contre les violences basées sur le genre. Il est organisé par le bureau de Dakar de l'Agence italienne pour la coopération au développement (AICS) et l'Institut italien de culture à Dakar, en collaboration avec l'Ambassade d'Italie au Sénégal.

Lors des débats, la scientifique, psychologue, clinicienne et féministe, Khaïra Thiam a déclaré que "re-penser ensemble ", c'est repenser la situation des femmes, repenser la manière dont on prend les décisions, repenser les relations de coopération, repenser le droit à la parole, parce-que, dit-elle, souvent, la parole est confisquée par une parole masculine qui se veut une parole par défaut. "La lutte contre les violences basées sur le genre, ce n'est pas seulement pendant ces 16 jours d'activisme.  En tant que féministe, scientifique, c'est une lutte perpétuelle. Je n'attends pas les 16 jours d'activisme, pour faire un certains nombres d'activités", a-t-elle déclaré.

En outre, soutient-elle, les scientifiques prennent la parole pour démentir un certain nombre de ‘’poncifs qui sont distribués par des hommes’’. "On a énormément d'hommes qui parlent à la place des femmes ; ils ne leur laissent jamais la possibilité de dire qui elles sont, qu'est-ce qu'elles veulent ? Pour enfermer les femmes, on leur reproche de ne pas avoir de bagages intellectuels, mais, on ne le reproche jamais aux hommes", déplore la féministe.

Selon elle, au Sénégal où 54% de la population est analphabète dont 65% des femmes, l'une des meilleures manières de garder la domination masculine, c'est d'empêcher les femmes d'accéder à l'éducation et à la formation. "Nous les scientifiques, nous avons une mission. Nous ne restons pas simplement dans nos petits laboratoires à faire nos petits tests et nos petites expériences. Nous avons une obligation de sensibiliser, de faire transiter l'information qu'on arrive à mettre à jour dans nos recherches. Nous avons aussi une obligation de travailler pour la communauté, de s'orienter vers elle pour démontrer certains nombres de vérités qui circulent ou de système dogmatique qui empêche l'accès à un certain nombre de réalités", indique-t-elle.

"C'est de notre devoir, ajoute-t-elle, de pouvoir défaire ces discours problématiques, avec des données chiffrées, des recherches claires avec des méthodologies précises qu'on peut rediscuter en tant que chercheur mais qui nous permettront de contredire ce qui peut se dire ou circuler".

Évoquant l'actualité, madame Thiam dit être extrêmement navrée pour la députée violentée et lui témoigne tout son soutien. "J'espère que l'Etat du Sénégal va saisir cette occasion pour faire le point et discuter de façon concrète de ce sujet", suggère-t-elle.

D’une manière générale, elle est d'avis que le Sénégal est un pays relativement violent, car une femme sur trois meurt des coups de son mari et que 50 % des femmes sénégalaises subissent des violences sexistes-sexuelles au quotidien.  .

FATIMA ZAHRA DIALLO (STAGIAIRE)

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