Publié le 27 Jan 2016 - 08:24
LUTTE SENEGALAISE

Ama Baldé ou la force de la rigueur 

 

Dans la vie d’un sportif de haut niveau, le sérieux, la concentration et la rigueur sont des exigences permanentes. En ce dimanche frisquet de janvier, Ama Baldé, le champion Pikinois a prouvé à la face du monde qu’il est devenu un  « seigneur des arènes ». Le fils de Falaye Baldé a, d’un crochet sec, envoyé « Gouy gui » au tapis dès que l’arbitre a sifflé. Habitué à faire des pitreries au moment où tout lutteur sérieux doit se concentrer sur son objectif c'est-à-dire terrasser son adversaire, « Gouy gui », durant ce tournoi de la Tnt, n’a été que l’ombre de lui-même. Cette force brute de la nature n’est guère consciente de ses atouts physiques et rate souvent ses combats en raison d’un manque de rigueur et de concentration notoires. Ses multiples revers ne sont guère surprenants pour les observateurs attentifs de la lutte sénégalaise.

Il n’y a pas de hasard. Ama Baldé est un fin stratège du » Sport de chez nous ». Athlète impressionnant, bourreau des entrainements, respectueux des consignes de son encadrement et de sa famille, ce jeune champion, en moins de quelques années, s’est imposé dans le milieu de la lutte si complexe et plein de traquenards. Le natif de la grande banlieue Pikinoise, fier de ses origines,  proclame souvent que notre sport traditionnel est dans son « Adn », car son père l’a baptisé avec l’argent des combats emportés.  Ce n’est pas fortuit, s’il a fait un tour au cimetière de Pikine afin de se recueillir sur la tombe de son géniteur ; les mânes des ancêtres  doivent lui  venir en aide en ces moments périlleux. Vœux exaucés. Il a fallu à l’enfant de Darou, -ce quartier de Pikine connu pour la dureté de la vie  ayant forgé son caractère guerrier dès l’adolescence, chanté par Ndongo Lô-, n’a pas trahi  les espérances de sa famille, de ses fans et des adeptes de la lutte en général.

Son palmarès fait pâlir de jalousie ses contempteurs.  Ama baldé a épinglé à son enviable tableau de chasse le mastodonte de Yoff aux coups terribles, Malick Niang, Gouy gi l’idiot de Guédiawaye, Zoss le farfelu, le géant timide du Baol, Tapha Tine et tant d’autres.  A l’aube de sa carrière fulgurante, car il n’est pas encore trentenaire, le frère de Jules Baldé peut se bomber le torse et toiser les Vip de l’arène qui doivent éprouver une grand anxiété à l’idée de le rencontrer. Au ciel, Falaye Baldé remercie le Seigneur de lui  gratifier d’un rejeton qui assure et rassure les fans et la famille. Bienvenue à la cour des grands, que Dieu te garde champion.

E. Momar WADE, Journaliste Pikine

 

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