Publié le 18 Nov 2019 - 11:56
MASSACRE DE THIAROYE 1944

Une pétition pour exiger vérité et justice

 

Les familles des victimes du massacre de Thiaroye 1944 ont profité du séjour, hier, du Premier ministre français, Edouard Philippe, pour exhumer ce crime qu’elles considèrent comme une exécution préméditée. Elles ont, à cet effet, initié une pétition mise en ligne d’ailleurs depuis le 1er novembre dernier.

Selon ses initiateurs, parmi lesquels le Dr Dialo Diop, ex-Secrétaire général du Rassemblement national démocratique (Rnd), ‘’le massacre prémédité des tirailleurs «sénégalais» froidement exécutés par l’armée coloniale française, le 1er décembre 1944 à Thiaroye, est un crime d’État demeuré impuni à ce jour, doublé d’un mensonge d’État’’. ‘’Cette sanglante machination politico-militaire’’ révèle, à leurs yeux, ‘’le visage inhumain du système colonial et inaugure une suite ininterrompue de massacres coloniaux d’une toute autre ampleur en Afrique et ailleurs dans l’empire’’. A les en croire, ‘’elle préfigure, de surcroît, par le refus obstiné de payer aux tirailleurs rapatriés leur dû (soldes de captivité et primes de démobilisation), la future «cristallisation» des pensions des anciens combattants africains au lendemain des «indépendances»’’.

Cette pétition est, en effet, initiée à quelques jours de la commémoration du 75e anniversaire du massacre de Thiaroye 1944, prévu le 1er décembre 2019. Pour le Dr Dialo Diop et ses camarades, ‘’Thiaroye 1944 est un crime imprescriptible de l’État français, qui n'a fait qu'un pas minimal pour sortir du mensonge officiel et refuse que toute la lumière soit faite’’.

C’est d’ailleurs pourquoi ils estiment qu’il est grand temps d’exiger le rétablissement de la vérité et de la justice pour les victimes. Ainsi, ils demandent à toute autorité étatique concernée, et d’abord aux présidents du Sénégal et de la France, de procéder sans délai à l’exhumation des corps des victimes ensevelis dans les fosses communes dont l’emplacement est désormais connu, afin d’offrir à chacune d’elles une sépulture décente sur le sol de la mère-patrie africaine ; de leur attribuer la mention «Mort pour la France», en les nommant grâce à la liste des victimes ; d’innocenter ceux qui ont été condamnés à tort par le tribunal militaire de Dakar en mars 1945 par un procès en révision, pour les réhabiliter et décharger la mémoire des morts. Aussi, demandent-ils la restitution, à leurs ayants droit, les soldes et indemnités spoliées, et la restitution au Service historique de la défense, l’intégralité des archives militaires restées auprès des forces terrestres de l’Aof, devenues forces françaises au Sénégal dissoutes en 2011.

Cette pétition a été précédée d’une lettre ouverte adressée, par Biram Senghor, aux présidents français et sénégalais. Dans la missive largement publiée, le fils de feu M'Bap Senghor, tirailleur sénégalais tué par l'armée coloniale française le 1er décembre 1944 à Thiaroye, charge l’ancienne puissance coloniale qui, selon lui, a menti sur le nombre des victimes. ‘’Si la France a une part d'Afrique en elle, elle doit alors aider le Sénégal à exhumer les corps de sans doute plus de 300 victimes dont des blessés achevés à l'hôpital Principal de Dakar.

Les autorités françaises ont fait croire que 400 des plus de 1 600 rapatriés qui avaient quitté la métropole le 5 novembre 1944 n'avaient pas embarqué à l'escale de Casablanca, pour diminuer leur nombre et camoufler le réel bilan des victimes du massacre’’, fulmine-t-il. Tout en soulignant que cette indispensable exhumation permettra de nous approcher de la vérité et de décharger la mémoire des morts par l'aboutissement du procès en révision de ceux condamnés pour un crime qu'ils n'ont pas commis. Car, dément-il, ‘’il n'y a jamais eu de rébellion armée au camp de Thiaroye, mais bien un massacre prémédité d'hommes libres qui ne réclamaient que leurs justes droits. C'est ce crime de masse que l'État français a voulu dissimuler’’.

Dénonçant ainsi une spoliation de leurs soldes de captivité et de leurs primes de démobilisation restées depuis dans les caisses de l'État français qui a fait croire que les rapatriés avaient perçu l'intégralité de leurs soldes, Biram Senghor estime qu’‘’aucun État ne peut laisser ses propres soldats, ceux qui se sont battus pour que la France reste un pays libre, dans des fosses communes’’. Pour lui, Thiaroye, plus qu'une dette de sang, est une dette du déshonneur, une ignominie qu'il est plus que temps de laver en tournant le dos au mensonge d’État.

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