Publié le 26 Apr 2023 - 13:07

Moussa Tine, tu permets !

 
Dans une de ses publications sur Facebook, l'ancien député et non moins juriste s'essaie à une prospective qui ne résiste pas à l'implacable rigueur des dispositions de la Constitution.
 
Pêle-mêle, le Président de PENCOO assène ses certitudes:
 
Certes, "Avec les députés de Yewwi, de Wallu, avec aussi Cheikh Bara Doli Mbacké et Mamadou Lamine Diallo évidemment ainsi que les deux députés non-inscrits, Thierno Alassane Sall et Pape Djibril Fall, ainsi que Mariétou Dieng de Rewmi, il ne fait pas de doute que l'opposition arrivera à une majorité simple de 83 députés sur 165".
 
Mais, il est inexact d'en déduire que "Cela suffira pour voter une loi d'amnistie".
 
Comme, il est tout aussi utopique de penser que:
 
"Il sera possible de supprimer le mot électeur de l'article 57 du code électorale et modifier les articles 29 et 30."
 
D'autant que selon lui, "lesdits articles (étant) des lois ordinaires et non des lois organiques ou constitutionnelles, il est possible de les modifier à la majorité simple des membres de l'Assemblée nationale."
 
De ce qui précède, l'on pourrait penser que Moussa Tine a oublié son droit ou il fait dans la manipulation politicienne pour nous informer que Khalifa ne crache pas sur l'amnistie même si cette option ne serait pas sa préférence compte tenu des enjeux de clarification des positions au sein de Yewwi Askan Wi.
 
En effet, avec la configuration actuelle de l'Assemblée nationale, et aussi longtemps que BBY sera un bloc solidaire, aucune proposition de loi ne peut prospérer sans la bienveillante complicité du Président de la République, y compris avec le départ du député de Rewmi et/ou le soutien hypothétique des non-inscrits.
 
Car, en vertu l'article 73 de la Constitution qui dispose:
 
"Dans le délai fixé pour la promulgation, le Président de la République peut, par un message motivé, demander à l’Assemblée une nouvelle délibération qui ne peut être refusée. La loi ne peut être votée en seconde lecture que si les trois cinquièmes des membres composant l’Assemblée nationale se sont prononcés en sa faveur", le Président de la République reste le maître du jeu législatif.
 
Or, sans le soutien des députés de BBY en rupture de ban - ce qui est invraisemblable - toute l'opposition, même renforcée par son nouveau "Chef" auto-proclamé, ne peut rassembler les 3⁄5 des membres composant l'Assemblée nationale (99 députés) pour faire passer ses "lois" et imposer une "cohabitation".
 
En conclusion, seul un dialogue franc gagnant-gagnant pourrait modifier les rapports de forces actuels dans la perspective d'une élection présidentielle paisible et inclusive. La stabilité du Sénégal vaut toutes les... prières à Masaalikul Jinaan.
 
Babacar Gaye 
Ancien Ministre d'Etat 
Ancien Député
Section: 
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, M. BASSIROU DIOMAYE FAYE, ET AU DG DE L'APIX, M. BAKARY SÉGA BATHILY 600 hectares de Toubab-Dialaw : vous n’avez pas le droit de sacrifier un peuple
Chroniques pour un Sénégal souverain et juste N° 01 · Août 2026 De la croissance aux citoyens : Pour une transformation territoriale de la performance économique du Sénégal
Le Parti socialiste n’est pas à vendre
AGETIP : Qu’en est-il en termes de procédure ?
DISCOURS DU PR PAPA FARY SEYE : QUAND LA PAROLE ÉDUCATIVE DEVIENT UNE PENSÉE DE LA RÉPUBLIQUE Un discours pour penser l’excellence, l’école et la République
Comment mettre le savoir au service du pouvoir au Sénégal ?
LES FONDS SPÉCIAUX AU SÉNÉGAL : Une catégorie fantôme dans la République ?
MOBILISER LA DIASPORA SCIENTIFIQUE : De l’opportunité à la stratégie pour le Sénégal et l’Afrique
RECOMPOSITION POLITIQUE POST-ALTERNANCE : Le débat initié par le ministre Abdou Fall sur les mutations en cours du système partisan sénégalais, mérite désormais d'être regardé comme un véritable exercicPréparer une succession ou réinventer une espérance ?
LE GRAND MAGAL DE TOUBA : Un puissant levier de souveraineté économique pour le Sénégal
POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES AU SÉNÉGAL : Entre urgence climatique, gouvernance internationale et réalités locales
QUINQUENNAT OU SEPTENNAT : Ne créons pas un problème là où la Constitution a déjà tranché
ENJEUX DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DANS UN CONTEXTE DE SCISSION AU SEIN DE PASTEF-LES PATRIOTES : Wërwërloo beek wiiri wiiri bi, du ko teree jaari ndaari !
SONKO / DIOMAYE : La rupture définitivement consommée
SÉNÉGAL : Le grand théâtre de la fidélité sélective
KIIRAY, OU L’EXIGENCE DE REFAIRE LA RÉPUBLIQUE : Quand un parti politique choisit de placer la Nation au-dessus de lui-même
Touba à l’aune du territoire mouride
Pour Maguèye Kassé
Sa fitna et nous
HOMMAGE À IDRISSA FALL : Ce discret monument du journalisme africain et mondial