Publié le 29 Apr 2012 - 19:13
PARITÉ

Pour quoi faire ?

 

Démocratie nous dit-on ! Pourquoi créer une dichotomie homme/femme entre la société sénégalaise et sa vie publique ? Pourquoi imposer, par une loi, un modèle encore intransférable dans un environnement incapable de s’en accommoder ? Enfin, pourquoi cette langue de bois autour de cette parité homme femme ?

 

Il n’existe pas à ce jour de loi plus discriminatoire dans un pays encore très ancré dans des valeurs traditionnelles et musulmanes. Au-delà des considérations sociologiques, elle n’est pas efficace dans la mesure où elle prend le contrepied d’un principe fondamental en démocratie : le mérite. Avons-nous le droit d’écarter du jeu des compétences masculines juste pour confirmer une loi électoraliste de Wade avec des dispositions jamais vues ailleurs, même pas chez les inspirateurs occidentaux des progressistes les plus extrêmes qui réfutent cette vision binaire de la société humaine.

 

Cela frise l’hérésie que, pour le plaisir de quelques activistes opportunistes et très bruyant(e)s, nous consacrions la médiocrité et l’hypocrisie en mode de gouvernance.

 

Nous sommes pour une implication des genres à la dimension de leur place dans la société, à la mesure des compétences a priori. Nous nous glorifions des prouesses de Madame Rose DIENG dans des domaines aussi pointus que les sciences de l’intelligence artificielle, reconnaissance qui n’est pas due à sa qualité de femme mais à son talent et surtout à son mérite de travail sans relâche, ce dont nous nous réjouissons car elle aura porté très haut l’honneur du Sénégal et de l’Afrique au rendez-vous du donner et du recevoir ; tout comme tout le monde s’accorde sur le fait que le docteur Awa Marie Coll SECK est « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Ces deux cas illustrent la diversité de modèles à servir au peuple pour magnifier la seule maxime qui vaille : on naît tous égaux en droit et en devoirs. Il appartient donc à l’élite politique et sociale, adossée sur les valeurs africaines et religieuses nous caractérisant, dans un contexte envahissant de globalisation, de créer les conditions d’une vie harmonieuse qui tient compte de nos différences, fussent-elles physiologiques. Il y a un bémol à vouloir instaurer une parité absolue entre l’homme et la femme dans la gestion des affaires de la cité ici et maintenant ou pour dire comme les latins hic et nunc. Des femmes comme celles précédemment citées font légion dans notre pays mais ne peuplent pas le paysage politique.

 

Nous pourrions dire oui à cette parité si, au-delà de l’argument démographique, la représentation des femmes rehausse le label de notre démocratie de par leurs compétences et en imprimant à leurs fonctions les valeurs propres qu’on leur connait et qui pourraient changer notre manière de gouverner.

 

Cela dit et de manière plus générale, nous devons prendre garde des concepts importés et qui, à terme, risquent de déstabiliser notre socle reposant sur la famille à laquelle la tendance nouvelle voudrait conférer au droit la régissant la primauté de la femme.

 

Baye Momar KEBE

Liberté 3, Dakar

bayemomar@gmail.com

 

Section: 
IRRESPONSABILITÉ AVÉRÉE
Lettre ouverte à Monsieur Amadou Ba Ancien premier ministre, ancien candidat à l’élection présidentielle 2024 : “Nouvelle Responsabilité”
DE LA PROBLEMATIQUE DES LANGUES NATIONALES
La dette publique est un symptôme, pas une cause
Message aux Français !
ÉVOLUTION ET DÉFIS DE LA SÉCURITÉ DANS NOS VILLES
Pour une protection des infrastructures hautement stratégiques au Sénégal
POUR UNE DÉMOCRATIE RENOUVELEE AU SÉNÉGAL 
CHAPITRE VI DU LIVRE DU DOYEN ALLA KANE SUR LES PROBLEMES FONCIERS
Espagne/Migration circulaire : Des Sénégalais exploités dans les champs d'Albacete.
Ousmane Sonko Mbeubeuss est-elle urgence du PROJET ?
Notes de lecture sur le livre du Professeur Makhtar Diouf : AFRIQUE : VOIES DE DEVELOPPEMENT. Surmonter les pesanteurs et… 
LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CONCERNANT LES RELATIONS ENTRE LE SÉNÉGAL ET ISRAËL
Recevoir un Ambassadeur, un acte normal, ordinaire pour toute autorité de la République
Doyen Alioune Tine, vous permettez
Monsieur le Premier Ministre, vous avez mieux à faire Nous avons besoin d’un chef de gouvernement pas d’un chef de clan ou de guerre
Faut -il criminaliser l’homosexualité ?
LA BCEAO PASSE ENCORE UNE FOIS Â COTÉ DE L'ESSENTIEL : IL URGE DE D'ORGANISER LES ASSISES DE LA MONNAIE DANS L'UEMOA
Inédit et rassurant … la CITY valide le PROJET
UN EXTRAIT DU LIVRE DU DOYEN ALLA KANE SUR LES PROBLEMES FONCIERS : « Les Problèmes fonciers au Sénégal : un imbroglio tenace Quelle solution ? »