Publié le 23 Nov 2018 - 22:42
PLATEFORME INDUSTRIELLE

Les ‘’misérables’’ heureux

 

Avec un salaire légèrement au-dessus du SMIG (52 500 FCFA), la plupart des travailleurs de cette usine chinoise établie dans la plateforme industrielle de Diamniadio affichent le sourire.

 

Derrière les apparences, les beaux atours des bâtiments de la plateforme industrielle de Diamniadio, sont enfouies les misères des ouvriers venus essentiellement de la banlieue de Dakar. Dans cette entreprise chinoise, le pain se gagne à la dure. ‘’C’est vrai que le travail n’est pas aussi facile, mais c’est mieux que rien. Tous les jours, je me réveille à l’aurore pour ne pas rater le bus chargé de nous transporter. On travaille jusqu’à 17 heures et les salaires ne sont pas fameux. Mais, on nous a promis une augmentation’’.

En fait dans cette usine de fabrication de vêtements en tous genres : t-shirts, shorts, pantalons, blousons, bodys… les rémunérations de certains travailleurs que nous avons interrogés tournent autour de 59 600 Fcfa. ‘’Juste de quoi prendre en charge nos besoins vitaux’’, sourit notre interlocuteur qui fonde toutefois beaucoup d’espoirs dans ce projet. ‘’Peut-être c’est parce que nous venons juste de démarrer. Nous sommes là depuis le mois de juillet pour un contrat de 3 mois. Là nous sommes encore en phase test. Les choses vont s’améliorer, si nous produisons des résultats’’, philosophe-t-elle.

Dans cette usine, Chinois et Sénégalais se côtoient. Une cohabitation qui n’est pas sans heurt, si l’on en croit certains interlocuteurs. Maimouna Tall est interprète. Après une formation de plus de 4 ans en Chine dans les domaines de l’ingénierie en télécommunication, la jeune fille a été recrutée comme interprète. Elle revient sur les difficultés de compréhension soulevées par des travailleurs : ‘’C’est normal qu’il y ait quelques difficultés, parce que les cultures ne sont pas les mêmes, les langues ne sont pas les mêmes ; c’est ce qui crée parfois des problèmes de compréhension entre certains travailleurs et les Chinois, mais rien de méchant’’.

Recrutée il y a de cela deux semaines, elle renseigne qu’il n’y a que deux couturières de nationalité chinoise, les autres étant essentiellement des Sénégalaises. L’ingénieure en Télécommunications dit avoir accepté le job, puisqu’elle n’a pas trouvé une offre correspondant à son domaine de prédilection. Du point de vue du traitement, elle ne se plaint toutefois pas. Bien au contraire : ‘’Les salaires sont bons. Je ne me plains pas du tout’’.

Néné Dramé, elle, habite Rufisque. Teint clair, l’air joyeux, elle déclare s’épanouir entièrement dans son nouveau travail, malgré les salaires modestes. ‘’Je suis là, confie-t-elle, depuis 3 mois. Avant de venir ici, j’étais dans un atelier où on ne me payait même pas parfois. L’adaptation n’a pas été difficile. Seule la nature des habits diffère’’. Quant à Astou Goudiaby, elle informe qu’il y a quelques différences dans les manières de faire. ‘’Les Chinois nous imposent leur manière de coudre qui, parfois, n’est pas la même que ce qu’on nous a appris. Mais, c’est une bonne chose, parce que nous nous enrichissons également de leur savoir-faire’’. Pour sa part, Adama Diop estime que ‘’tout se passe très bien et le travail est beaucoup moins pénible que ce qu’elle faisait auparavant’’.

‘’Notre objectif est d'accompagner le Président’’

A quelques mètres de l’usine chinoise, se dresse une autre appartenant à un Sénégalais qui œuvre dans le domaine de la couture de tenues traditionnelles. Des vêtements qui, selon une interlocutrice, s’échange à 100 000 francs. Le patron de l’entreprise, lui, affirme employer pas moins de 230 Sénégalais. ‘’Notre objectif, souligne-t-il, est d'accompagner le Président dans le domaine de l'emploi des jeunes. Nous ne pouvons pas dire que nos produits sont chers, si on fait le rapport qualité/prix. Ce sont des prix abordables que nous pratiquons’’.

L’entreprise est également en collaboration avec l’Etat pour former des élèves sur une durée de 3 ans. Sur place, il a également été visité une usine d’assemblage de vélos électriques, de panneaux solaires, ainsi qu’une entreprise spécialisée dans le domaine de la fabrication de cartes d’identité et de cartes bancaires numériques.

M OR AMAR

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