Publié le 19 May 2020 - 20:26
REMBOURSEMENT DE LA DETTE COMMERCIALE

Ministres des Finances et secteur privé africains en quête de solutions

 
 
Les ministres africains des Finances et le Groupe de travail africain sur le secteur privé se sont réunis hier, par vidéoconférence, pour trouver une solution aux obligations du continent en matière de service de la dette commerciale et de nouveaux moyens de financement pour fournir des ressources aux pays afin d’atténuer les effets de la pandémie de Covid-19. 
 
 
La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a convoqué, hier, une réunion entre les ministres africains des Finances et le Groupe de travail africain sur le secteur privé. D’après un communiqué de l’institution, il est indiqué que l’objectif était de trouver un moyen de ‘’rééquilibrer’’ les dettes commerciales et les fonds libres de l’Afrique, afin de faire face à la crise sanitaire. 
 
Définie comme la créance contractée entre commerçants, entre sociétés commerciales (SARL, SAS, etc.) ou à l'occasion d'un acte de commerce, la dette commerciale de l’Afrique, en fin 2019, est estimée à près de 115 milliards de dollars. Il s’agit notamment de l’encours global des Eurobonds émis par les pays africains. ‘’Les pays africains se sont engagés à respecter toutes leurs obligations envers les créanciers commerciaux au moment opportun et veulent maintenir l’accès aux marchés internationaux des titres des créances pendant la période de reconstitution’’, a souligné la secrétaire exécutive de la CEA, Vera Songwe.
 
Aujourd’hui, face à l’expansion de la Covid-19 dans le continent, ces derniers essayent de trouver les moyens ‘’d’aligner les intérêts’’ des gouvernements africains et des créanciers commerciaux. Ceci afin de faire face à la double crise, d’une part, la pandémie de coronavirus et, d’autre part, la dépression économique. Ainsi, les ministres des Finances ont convenu de l’importance de garantir les paiements des coupons euro-obligations pour ‘’maintenir l’accès post-pandémique’’ aux marchés internationaux des titres de créance pour le financement du développement. ‘’Nous avons exprimé notre souhait de soutenir les pays africains face aux pressions de liquidité qui ont surgi en raison de la crise, et en veillant à ce qu’ils restent à jour sur leurs euro-obligations. Nous pensons que les opportunités de financement se matérialiseront bientôt’’, a affirmé, pour sa part, le directeur principal des Investissements chez Aberdeen Asset Management, Kevin Daly, au nom du groupe des créanciers. 
 
D’après lui, leur groupe propose des solutions de financement innovantes, telles que des obligations à des fins spéciales qui visent des objectifs de développement social. ‘’Ces solutions s’avèrent attrayantes pour les investisseurs qui se concentrent de plus en plus sur les questions d’objectifs de développement social et sur les instruments partiellement garantis par les institutions multilatérales et qui peuvent aider à atténuer les pressions sur les liquidités’’, a dit M. Daly. 
 
L’envoyé spécial de l’Union africaine, Tidjane Thiam, qui a présidé la réunion, a fait savoir qu’ils sont ‘’tous alignés’’. ‘’Nous voulons que l’Afrique se développe. Alors travaillons ensemble sur la solution que nous avons. Le temps presse’’, leur a exhorté l’ancien patron du Crédit Suisse.  
 
Il convient de noter que le Groupe de travail africain sur le secteur privé coordonne les vues de plus de 25 des principaux gestionnaires d’actifs et institutions financières du monde fournissant des financements privés aux nations et aux entreprises via des euro-obligations, des prêts syndiqués et d’autres produits de crédit à travers le continent. Le groupe estime qu’une solution individuelle serait ‘’improductive’’ pour les pays africains, mais se félicite de la nécessité de discuter des ‘’approches collectives’’ lorsque cela est ‘’possible et opportun’’. Tous les ministres, y compris ceux du Kenya, du Cameroun, du Sénégal et du Ghana, ont souligné l’importance de maintenir l’accès aux marchés et ont convenu que davantage d’efforts sont ‘’essentiels’’ pour communiquer le ‘’bon bilan économique’’ de leurs pays avant la crise. 
 
A l’issue de la réunion, il est retenu de poursuivre les discussions en vue de trouver des solutions rapides pour gérer la crise de Covid-19 et de remettre l’Afrique sur le chemin de la croissance par le biais de politiques et d’actions.
 
MARIAMA DIEME 

 

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