Publié le 11 Sep 2025 - 14:07
Santé au Sénégal

Un droit bafoué, une urgence ignorée

 

Dans nos hôpitaux, une scène tragiquement banale se répète chaque jour. Un malade arrive, parfois en urgence vitale, parfois simplement en détresse. Mais avant même de voir un médecin, il doit dabord acheter un ticket. Pas de ticket, pas de consultation. Ensuite, il faut trouver largent pour les médicaments, parfois même pour les gants ou les seringues, afin despérer être pris en charge. La règle est brutale : pas dargent, pas de traitement.

Ce spectacle nest pas seulement choquant, il est indigne. Les Sénégalais modestes, déjà écrasés par la précarité, subissent une double peine. La maladie les frappe au moment même où leur portefeuille est vide. Alors, ils renoncent souvent aux soins, préférant souffrir en silence ou attendre un miracle. Lhôpital, censé être un refuge, devient un lieu de peur et dhumiliation, où lattente interminable, laccueil glacial et les coûts exorbitants renforcent la douleur.

Pourtant, la santé nest pas un luxe. Elle est un droit fondamental, la base même de toute société qui se veut juste et digne. Mais au Sénégal, elle a été sacrifiée par des gouvernements successifs qui ont multiplié les promesses sans jamais offrir de solutions réelles. Chaque régime a présenté des slogans séduisants couverture maladie universelle, gratuité des soins, modernisation des hôpitaux mais sur le terrain, la réalité est restée la même : des malades qui meurent faute dargent, des infrastructures délabrées, un personnel soignant démotivé et des familles abandonnées à elles-mêmes.

Il ne sagit pas dun manque de moyens, mais dun manque de priorités. Notre pays trouve toujours des milliards pour financer des projets de prestige, des campagnes électorales ou des cortèges de 4x4 rutilants destinés à flatter lego des puissants. Mais lorsquil sagit de sauver une vie, ce sont les citoyens eux-mêmes quon renvoie à leur pauvreté. Cest ce cynisme qui tue plus sûrement que la maladie.

Cest pourquoi lAlliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) prend lengagement de prendre le taureau par les cornes. Notre parti mettra la santé au cœur de laction publique et fera de laccès aux soins une véritable priorité nationale. Nous refusons quun Sénégalais meure parce quil na pas les moyens de payer un ticket ou dacheter des médicaments. La dignité dun peuple commence par la protection de ses malades. Et cest sur ce terrain, concret et vital, que nous voulons bâtir un Sénégal plus juste et plus humain.

 

Soreu Malick Diop,

Membre du bureau politique du parti ACT

Section: 
JOUER POUR RAYONNER : Ce que le sport pourrait faire pour une marque-pays
DAKAR, OU LA PIÈCE MANQUANTE : Macky Sall, le parrainage national et l’arithmétique de New York
FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL (FSF) : La caste inamovible qui asphyxie les Lions doit tomber
Quand le rapport Forvis Mazars révèle un risque systémique... et ouvre paradoxalement un nouvel espoir institutionnel
OUSMANE TANOR DIENG : L’héritage d’une rigueur, l’appel d’une responsabilité
Le Sénégal a besoin d’une gouvernance, pas d’un vainqueur
L’ILLUSION DÉMOCRATIQUE À L’ÉPREUVE DU RÉEL Le Sénégal ou le piège de la politique-spectacle
L’emploi ne nait pas par hasard
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : La formule clé d’une opérationnalisation immédiate des pôles territoires
LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES RENIEMENTS : Le Palais, nouvel épicentre de la transhumance
À propos des démissions des directeurs généraux
L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Vers une refonte du cadre territorial ?
Le défi africain du temps long
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle