Publié le 31 Jan 2025 - 16:46
STATISTIQUES SUR LA BALANCE DES PAIEMENTS, CERTIFICATION DES COMPTES DE L’ÉTAT…

NOS AUTORITÉS NOUS DOIVENT DES EXPLICATIONS

 

La BCEAO a récemment publié ses statistiques sur la balance des paiements, lesquelles ont été largement reprises par le gouvernement avec une communication particulièrement enthousiaste. Félicitations pour l’effort de communiquer sur des résultats de l’année 2023, performance du régime precédent. Toutefois, par souci de transparence surtout dans un contexte marqué par l’attente de la certification des comptes de l’État et des accusations de manipulation des chiffres, le gouvernement aurait dû informer le public sur ces quatre (04) points essentiels.

  1. La balance des paiements, à travers son compte financier, retrace l’ensemble des flux financiers entrants et sortants du pays. Cela inclut non seulement les emprunts et les remboursements de la dette publique extérieure, mais aussi les transactions de dette réalisées par d’autres agents économiques vis-à-vis du reste du monde.
  2. Les statistiques de la balance des paiements ne sont pas fournies par les États eux-mêmes, mais sont exclusivement établies par la BCEAO, en conformité avec l’article 44 de ses statuts. Cet article stipule que : « La Banque Centrale assure l’établissement de la balance des paiements des États membres de l’UMOA, dans les conditions définies par la réglementation de leurs relations financières extérieures ». Il est donc impératif de souligner que la responsabilité de produire ces statistiques incombe exclusivement à la BCEAO. Cette mission est confirmée par l’article 1 de l’annexe 3 du Règlement R09/98/CM/UEMOA du 20 décembre 1998 relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’UEMOA.
  3. La direction nationale de la BCEAO, dans le cadre de l’élaboration de la balance de paiement, a la responsabilité de compiler et de traiter les données relatives à la dette extérieure. En outre, la BCEAO s’assure de la cohérence des données de la dette exterieure en les confrontant avec d’autres séries statistiques, y compris celles contenues dans les comptes de dépôts des États auprès de ses livres et ou des banques centrales etrangères. Ainsi, la BCEAO détient tous les leviers nécessaires pour garantir la fiabilité des informations présentées par ses filiales nationales.
  4. En se basant sur le document méthodologique relatif à l’élaboration de la balance des paiements, Aminou Lo, Directeur national de la BCEAO, joue un grand rôle dans la collecte, la validation et la fourniture des statistiques, notamment celles concernant la dette extérieure.

Dans ce contexte, il est légitime de se poser un certain nombre de questions importantes :

  1. Pourquoi l’État du Sénégal n’a-t-il pas contesté les statistiques de la balance des paiements publiées par la BCEAO, notamment lorsqu’il nous fait croire qu’une partie de la dette extérieure a été omise ou dissimulée ?
  2. Pourquoi la BCEAO, en s’assurant de la cohérence entre les statistiques de la dette publique fournies par sa direction nationale et celles provenant de ses autres sources de données, n’a-t-elle pas repéré des incongruités ? L’institution a-t-elle été complice ou simplement incompétente dans son rôle de vérification des données financières relatives à la dette ?
  3. Le secrétaire général du gouvernement, ancien cadre de la BCEAO, peut-il réellement affirmer que la balance des paiements est valide, même si des erreurs manifestes ont été faites concernant la dette extérieure ? Est-il crédible de prétendre que les chiffres relatifs à la dette peuvent être erronés sans que cela n’impacte la validité globale de la balance des paiements ?
  4. La validation de cette balance des paiements ne revient-elle pas essentiellement à valider les chiffres sur l’encours de la dette déjà fournis par l’État du Sénégal aux institutions communautaires dans le cadre de la surveillance multilatérale, sans même prendre en compte les erreurs et omissions de l’ancien régime ? Ne valide-t-on pas ici une information déjà compromise, sans véritable remise en question des chiffres de la dette publique ?

Ceux qui voudront m’apporter la contradiction peuvent telecharger sur le site de la BCEAO les documents suivants: les statuts de la bceao, le règlement R09/98/CM/UEMOA et les elemenhs methodologiques d’elaboration des balances de paiements au sein des pays membres de l’uemoa.

Bon jeudi, Gatsa gatsa d’idées…..

Papa Malick NDOUR

Section: 
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions