Publié le 30 Apr 2015 - 03:27
STATU QUO DANS LES NEGOCIATIONS ENTRE ETAT ET ENSEIGNANTS

Le gouvernement perd patience

 

Les négociations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants continuent de tourner en rond. La rencontre d’hier a été loin d’être concluante. Les enseignants ont une nouvelle fois demandé à consulter leurs bases respectives, avant de se prononcer sur la suite à donner à leur mouvement de grève, au grand dam du gouvernement qui ne cache plus son ras-le-bol.

 

La énième rencontre entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants n’a pas abouti à un consensus. Hier au sortir de la rencontre, les syndicats d’enseignants ont une nouvelle fois demandé d’aller se concerter avec leurs bases pour donner une position officielle. D’autant qu’ils restent déterminés sur la question des indemnités de logement. Cette attitude a fortement irrité les représentants du gouvernement qui n’ont pas masqué leur déception. Ainsi, au sortir de la réunion, le ministre de la Fonction Publique a annoncé que le gouvernement n’a pas signé le procès-verbal (PV) de la réunion. Viviane Bampassy a clairement dit que le gouvernement ne pouvait plus attendre et qu’il était temps que chacun prenne ses responsabilités. ‘’Le gouvernement ne peut pas être là à tergiverser, car il est de notre ressort d’offrir un enseignement. Nous avons décidé de nous retirer sans avoir signé le PV sanctionnant la rencontre. Nous pensons qu’il est temps que chacun prenne ses responsabilités’’, a martelé la ministre.

Sur le même ton, le ministre a poursuivi : ‘’Nous sommes dans une logique de mise en œuvre. Il faut que les syndicats sachent raison garder. Qu’ils sachent que c’est de leur responsabilité et de la nôtre de mener cette école à bon port. Le gouvernement a donné tout ce qu’il pouvait. On ne peut pas tout exiger et tout avoir tout de suite’’. Viviane Bampassy a ensuite révélé toute sa déception : ‘’A la demande des syndicats d’enseignants qui ont voulu plus de temps pour recueillir l’avis de leurs militants, nous avons reporté la réunion du lundi. Avec cette réunion, nous espérions fortement que les enseignants allaient, compte tenu des engagements pris par le gouvernement et consolidés lors de la rencontre avec le Premier ministre, lever le mot d’ordre’’, s’est désolée la ministre.

‘’Les enseignants maintiennent toujours le mot d’ordre’’

Du côté des enseignants, le secrétaire général du Grand cadre, Mamadou Lamine Dianté, a noté que le gouvernement n’avait pas pris d’engagement pour l’augmentation des indemnités de logement. Les mesures prises par le gouvernement, a-t-il dit, ne vont pas dans le sens de l’apaisement de la crise scolaire. Ils ont décidé de se retrouver en plénière, aujourd’hui et probablement de tenir une conférence de presse, le jeudi, en présence des médiateurs, pour donner la position officielle, par rapport à la suite à donner au mouvement. Le secrétaire général du CUSEMS Abdoulaye Ndoye se dit clair sur la question d’indemnité. ‘’Aujourd’hui, si on veut l’apaisement dans l’espace  scolaire, il faut nécessairement que le gouvernement se prononce sur la question de l’alignement de l’indemnité de logement des agents de même niveau de qualification’’. Il s’agit, pour lui, d’une acceptation de principe pour ensuite discuter des modalités. Le CUSEMS estime que le gouvernement s’est inscrit dans une logique de confrontation.

Sur la décision du ministre de l’Education nationale Serigne Mbaye Thiam de retirer sur les salaires des enseignants les heures de grève, les syndicats ont fait savoir à leurs interlocuteurs que cela ne facilitait pas la tâche. 

AIDA DIENE

 

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