Publié le 20 Apr 2021 - 20:22
TRAGEDIE DE LA FORET DE BOFFA-BAYOTTES

Les 25 prévenus en grève de la faim

 

Les 25 prévenus, dans le cadre du massacre de Boffa-Bayottes, ont entamé, hier, à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Ziguinchor, une grève de la faim, pour exiger l’ouverture de leur procès ou tout au moins l’obtention d’une liberté provisoire.

 

Le journaliste René Capain Bassène et 24 autres présumés auteurs du massacre qui a fait 14 morts et 7 blessés, le 6 janvier 2018, dans la forêt de Boffa-Bayottes (département de Ziguinchor) ont mis leur menace à exécution. Depuis hier, ils observent une grève de la faim, à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Ziguinchor. En l’absence, faut-il le souligner, de leur coïnculpé feu Seyni Sané, décédé en prison.  Après un peu plus de trois longues années de détention provisoire nourries de combats contre le stress, de désespoir pour les uns, d’espoir pour les autres, d’amertume, d’isolement et de solitude, les 25 ont décidé de se lancer dans une grève illimitée de la faim pour exiger l’ouverture de leur procès, à défaut de l’obtention d’une liberté provisoire. Une demande qui a toujours fait l’objet de rejet. 

 Ce changement de fusil d’épaule dans la lutte qu’ils mènent depuis longtemps, pourrait avoir des conséquences fâcheuses, du fait notamment de la chaleur qui règne en prison. ‘’Nous venons d’être reçus par le régisseur de la prison. Il nous a demandé de convaincre nos parents de surseoir à leur mouvement d’humeur, parce que les conséquences pourraient être néfastes. Nous les soutenons totalement. Trois ans sans jugement, nous estimons que c’est trop. Il y a beaucoup de mensonges qui entourent cette affaire et nous voulons, comme eux, être édifiés’’, a déclaré Mame Diarra Sané du village de Toubacouta qui a payé un lourd tribut dans cette tragédie. Mame Diarra est aussi la fille de l’ex-chef du village de Toubacouta, Seyni Sané, décédé en prison à Dakar, quelques mois après la mort de sa femme. ‘’J’ai aussi deux de mes frères qui sont inculpés. Chez moi, il n’y a plus d’hommes. On nous a fait valser entre Ziguinchor et Dakar. Trouver une autorisation de visite à nos parents relève parfois d’un véritable parcours du combattant. Nous sommes fatigués’’, déplore la dame Mame Diarra Sané.

Selon Odette Victorine Coly, l’épouse du journaliste René Capain Bassène considéré comme le cerveau de cette tuerie, les parents des prévenus n’ont d’autre choix que de soutenir leurs proches. ‘’Nous avons décidé de les soutenir, de les accompagner dans leur mouvement de grève. Nous ne demandons rien d’autre que l’ouverture du procès. Nous lançons un appel au président de la République, aux organisations nationales et internationales de défense des Droits de l’homme pour qu’ils agissent face à cette situation qui perdure’’, a-t-elle déclaré. 

Pour rappel, c’est le dimanche 14 janvier 2018 que 15 individus du village de Toubacouta, à une dizaine de kilomètres au sud de Ziguinchor, et le journaliste René Capain Bassène, en charge de la communication à l’Agence nationale pour la relance des activités socio-économiques en Casamance (Anrac) ont été conduits à la Mac de Ziguinchor. Neuf autres avaient été libérés, ‘’faute de charges suffisantes’’.  Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, participation à un mouvement insurrectionnel, tentative d’assassinat, détention d’armes sans autorisation administrative, coups et blessures volontaires et vols en réunion. Le juge d’instruction, après les avoir inculpés, les a placés sous mandat de dépôt. Le même jour, une délégation judiciaire prise par le juge d’instruction, a permis l’interpellation de huit autres personnes qui lui ont été présentées le mardi 23 janvier 2018, avant d’être inculpées et placées, elles aussi, sous mandat de dépôt.

 HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

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