Publié le 17 Mar 2023 - 00:48
VIOL SUR SA DOMESTIQUE MINEURE

Sitor Ndour nie tout et dénonce une cabale contre lui

 

L’ancien directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar, Sitor Ndour, a été jugé, hier, à la barre de la Chambre criminelle du tribunal de Dakar. Accusé de viol par sa domestique mineure, âgée de 16 ans au moment des faits, il plaide non coupable. L’audience, qui a commencé aux alentours de 17 h, a été suspendue jusqu’à lundi, pour les plaidoiries, après six heures de débats houleux.

 

Le procès tant attendu par Sitor Ndour a été évoqué hier, à la barre de la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar. L’ancien directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar est accusé de viol par sa femme de ménage, une mineure âgée de 16 ans, au moment des faits. Venue de Thiadiaye, la jeune demoiselle a été embauchée comme nounou chez Sitor Ndour. Sa mère à ses côtés, A. Thiaw est revenue jusque dans les moindres détails sur ce qui s’est passé le jour où elle a été violée.

‘’Ce jour-là, après avoir fait toutes mes tâches, il m'a ordonné d'aller dans ma chambre, comme j'avais fini de travailler. Vers 17 h, il est venu me rejoindre et m'a révélé son intention de coucher avec moi, mais j'ai refusé. C'est là qu'il m'a violée. Je portais un bas et un cuissard, mais il a réussi à enlever une partie de ce que je portais comme dessous. J'ai crié de toutes mes forces, mais personne ne m'a entendue, alors qu'il y avait ses filles en haut. Ma chambre se trouvait en bas. Au moment des tiraillements, il m'a occasionné des bleus sur ma main gauche. C’est par la suite qu’il y a appliqué une pommade parce que j’avais mal. Quand il a fini d’abuser de moi, je suis allée me laver’’, a raconté A. Thiaw.

Allant plus loin dans les détails, elle informe : ‘’Il portait une culotte rouge, un caleçon blanc avec des rayures vertes. Les gendarmes ont récupéré le drap qu’ils ont mis dans un sachet. Nous sommes montés dans sa chambre où ils ont récupéré son caleçon.’’

En outre, elle renseigne s’être rendue plus tard à l’hôpital Philippe Maguilène Senghor où elle a été auscultée d’abord par une dame, puis par un médecin. À l’en croire, elle n’avait jamais eu de rapport sexuel auparavant.

Mais elle a été contredite par le juge qui lui a signifié la conclusion du rapport médical qui atteste qu’elle a des lésions hyménales anciennes.

Mère de la mineure : ‘’Il m’a suppliée de régler cette affaire à l’amiable’’

Quant à la mère de la mineure, elle déclare que l’accusé a tout fait pour que l’affaire ne s’ébruite pas. D’après elle, du sperme a été prélevé sur les parties intimes de sa fille. ‘’La doctoresse Mariama m'a confié qu'elle avait des traces de sperme dans son vagin. C'est là qu'elle nous a rassuré qu'elle allait nous prescrire des comprimés qui l'empêcheraient de tomber enceinte et de contracter des maladies infectieuses’’, a révélé la dame.

Poursuivant, elle affirme : ‘’Je suis allée chez Sitor Ndour. Je détenais par-devers moi les médicaments. Je lui ai dit que je venais de l'hôpital. Surpris, il s'est subitement levé, puisqu'il était assis. Il m'a accusée de menteuse, après lui avoir révélé que l'hôpital a confirmé le viol (...).’’

Sur l’enregistrement audio qui a enfoncé l’accusé lors de l’enquête, la mère de la mineure explique : ‘’Sitor a appelé Guignane ; cette dernière me l'a passé au téléphone. Comme je voulais des preuves, je l'ai enregistré. J'ai enregistré Sitor pour avoir des preuves. Quand j'ai déclenché l'enregistrement, il m'a dit qu'un individu l'avait appelé au téléphone et l’a informé des accusations portées sur sa personne et du sperme retrouvé sur ma fille. Cette personne lui avait même conseillé de régler les choses à l'amiable, parce que si l'affaire s’ébruitait et que la presse l'apprenait, sa vie allait basculer. C'est ainsi qu'il m'a suppliée de lui pardonner en me promettant de me donner tout ce qu'on demandait comme dédommagement. Il m'a même proposé de l'argent pour que cette affaire n’atterrisse pas en justice.’’

Sitor Ndour : ‘’Quand je montrais mon caleçon aux gendarmes, elle était présente et il n'y avait rien dessus’’

Des allégations battues en brèche par l’accusé. Né en 1959, Sitor Ndour, marié et père de famille, dénonce un complot contre sa personne. À l’en croire, la jeune fille a été embauchée comme nounou, à la veille de la Tabaski. En effet, dit-il, comme il avait des problèmes avec sa seconde épouse, il a jugé nécessaire de prendre une nounou pour s’occuper de ses enfants.

Revenant sur la journée où la fille qui avait, au moment des faits, 16 ans, a soutenu avoir été violée, Sitor Ndour déclare qu’il devait voyager. De ce fait, renseigne-t-il, il est rentré chez lui à 14 h. D’après lui, aux environs de 16 h, la gamine s’est introduite dans sa chambre en pleurs. Celle-ci se plaignait de douleurs à la main, suite à une blessure, selon le comparant. ‘’Je lui ai appliqué une pommade que j’utilise pour mes problèmes d’arthrose.  J'ai par la suite tourné le poignet en lui faisant un massage. Je lui ai dit que si je descendais du boulot et que la douleur persistait, j'allais l'envoyer à l'hôpital pour une consultation. Voilà ce qui s'est passé’’, a raconté Sitor Ndour. ‘’Elle voulait une proximité pour voir si je la désirais’’, a-t-il martelé.

Aussitôt la plainte déposée par la mère de la fille, les gendarmes ont fait irruption chez le politicien. ‘’C’est le lendemain que les pandores sont venus chez moi et j’ai pris trois habits du panier à linge, dont un caleçon, pour les leur remettre’’. Mais, renseigne-t-il, ‘’quand je montrais mon caleçon aux gendarmes, elle était présente et il n'y avait rien dessus. Elle voulait juste leur faire croire qu'il en existait un autre. Le caleçon dont elle fait allusion n'existe pas dans ma garde-robe’’.

Dans l’enregistrement qui constitue un élément à charge contre lui, l’accusé l’a contesté et a expliqué : ‘’L’ami qui m'a demandé de négocier m'avait appelé le matin pour me prévenir. Il m'a dit : ‘Est-ce que la fille, dans le cadre du complot, ne s'est pas blessée au niveau du sexe ?’ On m'a dit : ‘Sitor «diekou naniouleu dey».’ Ils veulent prendre cet enregistrement comme preuve, alors que je n'ai rien fait. Je leur ai juste dit que je n'avais rien fait, puisque je suis une autorité dans ce pays. Je leur ai demandé de venir pour qu'on négocie. Je pouvais dire que c'était un faux enregistrement et que ce n'était pas ma voix, mais  je ne l'ai pas fait’’.

Par ailleurs, une autre version de l’enregistrement audio a été transcrite par les enquêteurs. ‘’Je suis disposé à vous donner tout ce que vous voulez. Je voudrais qu'on laisse tomber cette affaire, puisque je suis une autorité dans ce pays. Et si le public est au courant de l'affaire, ma vie va basculer. Même si je n'ai pas ce que vous me demandez comme dédommagement, j'irai le chercher. Je ne voudrais pas que la presse soit au courant. Il faut discuter avec le père d’Adama. Je te supplie aussi de discuter avec les proches parents qui sont au courant de l'affaire pour qu’ils laissent tout tomber’’,  aurait dit Sitor. ‘’Adama a deux parents et je ne suis que sa mère. Tout dépend de son père. Je ne  peux  prendre aucune décision sans consulter mon mari’’,  avait soutenu la mère, lors de l'échange audio.

Quand la transcription lui a été lue, il a répliqué : ‘’J'ai nié dans l'audio et je précise que je n'ai jamais demandé pardon. Parce qu'on demande pardon, si on a quelque chose à se reprocher.’’

L’accusé insulte l’avocat de la partie civile et provoque un incident

Par ailleurs, alors que les débats allaient bon train, un incident est survenu. L’accusé a eu un accrochage avec l’avocat de la partie civile, Me Cayossi. Ce dernier, très en colère, a soutenu que Sitor Ndour l’a insulté de mère. Ce fut le tohu-bohu dans la salle. Outrés, certains avocats, à l’instar de Me Iba Mar Diop, se sont offusqués, exigeant que les propos du comparant soient inscrits dans le plumitif d’audience.

Maître de l’audience, le juge a rappelé à l’ordre l’accusé, en l’invitant à avoir un comportement respectueux. Celui-ci a fini par présenter ses excuses au tribunal. Mais le juge l’a sommé de s'excuser auprès de l’avocat. Réticent au départ, Sitor Ndour s’est finalement résigné à s'excuser auprès de la robe noire.

L’audience a été ensuite suspendue, après l’audition des témoins, après six tours d’horloge de débats houleux entre les parties au procès. La chambre donne rendez-vous lundi prochain pour les plaidoiries.

MAGUETTE NDAO

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