Publié le 28 Nov 2013 - 18:18
MINISTÈRE DE L’ÉNERGIE

Une hausse pour payer les pertes de la SAR

 

Le budget du ministère de l’Energie a été voté hier par l’Assemblée nationale. Sur les 9 milliards 647 millions de hausse notée pour l’année 2014, les 7 milliards 460 millions 401 mille serviront à payer les pertes de la SAR.

 

Le budget 2014 du ministère de l’Énergie a connu une hausse qui sera très vite dévorée par la Société africaine de raffinage (SAR). Une somme destinée au règlement d’une partie des pertes commerciales de la SAR sur le gaz butane, a expliqué hier le ministre de l’Énergie, Maïmouna Ndoye Seck. Elle a précisé que cette démarche de l’Etat du Sénégal ne répond à aucune pression. ‘’Il faut que ça soit clair, nous n’avons subi aucune pression, c’est le gouvernement qui a étudié la situation de la raffinerie et a décidé de prendre des mesures idoines pour que la SAR fonctionne dans des conditions normales’’, a-t-elle affirmé.

Une thérapie de choc qui devra donner des résultats car l’Etat ne peut plus continuer à injecter de l’argent dans la SAR. A ce propos, elle- même a indiqué que l’Etat ne perçoit rien en termes de taxes sur le gaz, faisant au contraire d’importants efforts pour soutenir le prix au consommateur.

Revenant sur la situation de l’électricité, le ministre a soutenu que le Sénégal a l’un des coûts d’électricité les plus élevés au monde, malgré les efforts consentis par le gouvernement qui subventionne ce produit à hauteur de 30%. Une situation expliquée par le coût élevé de production lié à l’utilisation de l’énergie thermique, l’électricité étant produite à partir des combustibles liquides importés. «Aujourd’hui, malgré la subsistance de quelques difficultés, on peut dire que le défi de la disponibilité de l’énergie a été relevé.

(Mais) il reste un autre, celui du coût de production (qui) doit être absolument surmonté» car ‘’on ne peut pas continuer indéfiniment à subventionner l’électricité. Pour faire face à ce défi, le gouvernement actuel a mis en œuvre un programme’’ dans le but de réduire les coûts de production, seul moyen de faire baisser les prix de manière durable.

Une baisse du coût de l’électricité en perspective   

Le coût de l’électricité va subir une baisse prochainement au Sénégal. A travers le programme mis en œuvre par l’Etat du Sénégal, il s’agira d’utiliser des technologies basées sur des ressources qui coûtent moins cher. L’objectif du programme est de parvenir, à l’horizon 2017, à une baisse des coûts de production de 70 à 80 francs par kwh produit. Dans un premier temps, souligne le ministre de l’Energie, cela permettrait de supprimer la subvention supportée par l’Etat au détriment d’autres secteurs et, à terme, de baisser le prix de l’électricité.

Le programme est basé sur le mix énergétique qui combine plusieurs sources d’énergie, le charbon, le gaz, les énergies renouvelables, l’hydroélectricité et, de façon marginale, la production d’électricité à partir du pétrole. Il devrait ainsi permettre non seulement de consolider l’amélioration de la disponibilité de l’énergie, mais également de résoudre le coût de l’électricité.

60% de taux d’électrification rurale en fin 2016

Le taux d’électrification rurale qui est présentement de 25% au Sénégal sera ramené à 60% en fin 2016, a également annoncé Maïmouna Ndoye Seck selon qui il s'agit d'une «question d’équité». A cet effet, une campagne nationale sera lancée en vue de la reconnaissance  mondiale du droit à l’énergie, au même titre que le droit à la santé et le droit à l’éducation. Acte qui permettrait de mobiliser massivement des ressources. Mais en attendant, les efforts faits en ce sens ont recours à côté des financements des partenaires techniques et financiers, aux ressources budgétaires du Budget consolidé d'investissement (BCI) pour atteindre l’objectif de 60% d’électrification en fin 2016.

Le Programme d’urgence d’électrification rurale, en cours d’élaboration, est prévu, avec comme objectif non seulement d’atteindre le taux fixé, mais aussi de rééquilibrer les distorsions qui ont été notées entre les localités du pays. Jusqu’à ce jour, ce sont des critères de population et de proximité avec le réseau qui ont été privilégiés, de telle sorte qu’on implantait les projets d’électrification dans les départements déjà électrifiés.

Avec le nouveau programme, des corrections et des rééquilibrages nécessaires seront apportés. En plus des projets exécutés dans l’électrification rurale par l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER), une mission a été donnée à l’Agence nationale pour élaborer une politique hardie de promotion des énergies renouvelables dans toutes les localités non électrifiées et des programmes d’installation de panneaux solaires et d’éoliennes dans les établissements scolaires et les centres de santé. «Une solution transitoire», en attendant le développement du réseau interconnecté.

Amadou NDIAYE

 

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