Publié le 3 Jan 2014 - 22:24
AUDIT PHYSIQUE ET BIOMÉTRIQUE

Des enseignants parlent de manque de respect et menace de paralyser le système

 

Des centaines d’enseignants ont pris d’assaut hier les locaux de l’Agence de l’informatique de l’État (ADIE) pour fustiger le retard de leurs salaires dû aux audits physiques et biométriques de la Fonction publique. Ils menacent de paralyser le système scolaire dès lundi si rien n’est fait.

 

Ils sont venus des coins les plus reculés du pays pour faire le pied de grue, hier, très tôt le matin, devant les locaux de l’Agence de l’informatique de l’Etat (ADIE) sis au Technopôle de Pikine. Tous sont des enseignants qui ont vu leurs salaires retardés et ou ponctionnés. 

Suffisant pour que le chargé des revendications du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (CUSEMS), Dame Mbodji, monte au créneau pour fustiger ce qu’il appelle un manque de respect et menacer de paralyser le système éducatif si rien n’est fait pour ses collègues.

''Nous considérons que c’est un manque de respect aux travailleurs, et le CUSEMS exige d’abord l’audit du cabinet qui a fait ce travail parce que nous considérons qu’il a gagné ce marché dans des conditions nébuleuses. C’est ce qui a fait qu’ils ont effectué ce travail catastrophique que nous déplorons’’, a tonné M. Mbodji.

Et il a profité de l’occasion pour exiger le paiement immédiat  de tous les salaires par émission spéciale et dans les meilleurs délais, en attendant de trouver des solutions. A défaut, il menace : ''Nous allons donner un mot d’ordre dès la rentrée (NDLR : retour des fêtes de Noël et de fin d’année) parce que nous n’accepterons pas que les enseignants regagnent les classes sans le paiement de ces salaires''.

M. Mbodji a déclaré que la deuxième mesure qu’ils demandent à l’État du Sénégal, c’est d’auditer le cabinet, car, dit-t-il, ''si on parle de croissance dans un pays, c’est qu’il y a des gens qui travaillent et qui produisent la richesse''. Mamadou Lamine Dianté du SAEMS/CUSEMS a enfoncé le clou en déclarant que son syndicat va porter plainte contre l’État du Sénégal.

''Le gouvernement a violé la loi car aucune loi ne permet la ponction entière du salaire d’un personne mais juste le tiers. Nous allons travailler avec la base pour porter plainte afin qu’il paye tous les préjudices qu’il a fait subir côté syndical ; nous allons parler avec les autres pour voir comment s’organiser’’, a pesté le syndicaliste.

A signaler qu'à côté de ces enseignants, qui étaient dans tous leurs états, il y avait d’autres agents de l'Etat issus du secteur de la santé.

‘’Certains syndicalistes disent que la plupart des personnes ont un ticket, ce qui est totalement faux’’

Pour sa part le directeur de l’ADIE, Khassimou Wone, a déclaré que ce que les syndicalistes avancent est archi-faux. ''Je m’inscris en faux car j’ai entendu certains syndicalistes dire que la plupart des personnes ont un ticket, ce qui est totalement faux. Je confirme que c’est 478 personnes qui ont ticket.

Et je vous informe qu’à partir d’aujourd’hui, il y a un guichet unique installé au niveau du centre cerf-volant du Trésor, vers la Zone B. cela permettra de recevoir le bon à payer et le salaire en même temps'', a déclaré M. Wone. A l’en croire, parmi les 1 200 du panier jaune, il n’y a que 498 personnes qui ont un ticket.

Et à la fin de la première phase, les DRH et DAGE du ministère ont estimé que parmi les personnes qui avaient un ticket, certains étaient inconnus d'eux. Ils ont donc décidé de les mettre au panier jaune ou rouge, selon le cas. ''C’est cela qui explique que certaines personnes soient détentrices d’un ticket pour la première phase et se retrouvent dans le panier jaune'', avance-t-il.

Puis d'ajouter : ''Il y a les cas des 169 agents pour lesquels on y ajuste les derniers réglages qui étaient en train de se faire aujourd’hui au niveau de la commission des traitements des contentieux. Ces agents aujourd’hui au demain percevront leurs salaires’’.

Au-delà de tout, M. Wone a déclaré sentir un parfum de deal avec le rush qu’il a constaté hier. ''Avec ce flux de personnes composées de gens qu’on n'a jamais vus, je soupçonne qu’il y un trafic de faux papiers. Si un agent nous présente un papier qui n’a pas un certificat réel du chef de service, mais qu’il est trafiqué, il va être sous le coup de ce que la loi appelle faux et usage faux.

De mon point de vue, on ne devrait pas avoir un rush comme ça parce que ces 12 000 personnes sont des gens qu’on n’a pas vus depuis plus d’un an. Et je vous confirme que nous avons eu des cas de fraudes''.

Cheikh Thiam

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