Publié le 14 Oct 2014 - 20:49
REPOS BIOLOGIQUE SUR L’ESPECE POULPE

Les pêcheurs de Cayar crient leur désaccord

 

Les pêcheurs de Cayar ne digèrent pas toujours l’arrêté ministériel ordonnant le repos biologique sur l’espèce poulpe. En sit-in, hier, au 2eme port de pêche du Sénégal, ils ont dénoncé la décision prise sans mesure d’accompagnement et manifestent le manque de considération de leur ministre de tutelle.

 

Les pêcheurs de Cayar dans la rue. Motif : ils contestent le repos biologique sur le poulpe qui disent-ils ne doit pas concerner la grande côte. En effet le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime a fixé le repos biologique sur l’espèce poulpe ‘’Yaranka’’ sur une période d’un mois, allant du 15 octobre au 15 novembre. Selon l’arrêté ministériel, il est interdit, durant cette période de repos biologique, aux pirogues de la pêche artisanale de capturer le poulpe dans les eaux sous juridiction sénégalaise, ‘’sans discrimination’’. Pour les pêcheurs de Cayar, cette mesure doit être prise  ‘’avec discrimination’’.

‘’Le repos biologique sur le poulpe n’a aucun avantage sur la grande côte qui s’étale de Yoff à Saint Louis. Ici nous avons de grands poulpes qui pèsent minimum 2 kilogrammes. A la différence de la petite côte qui va de Soumbédioune à Cap-skiring. Là-bas, au sud, les poulpes sont petits. Nous n’avons pas la même profondeur ni les mêmes réalités, encore moins les mêmes espèces, donc les mesures ne doivent pas être les mêmes dans ces deux côtes’’, explique Ndongo Niang.

Ce membre du comité local de pêche, d’ajouter : ‘’On nous a informé il y a juste 3 jours. C’est ce que nous déplorons. C’est pourquoi nous exigeons de notre ministre de tutelle qu’il intègre les acteurs de la pêche quand il décide des repos biologiques. Omar Guèye a visité tous les ports de pêche sauf Cayar. Il ne nous consulte pas, donc qu’il nous laisse notre poulpe. Nous n’accepterons plus qu’il nous prive de notre source de revenu’’.

Embouchant la même trompette, Mamadou Mbaye, vice-président de l’association des pêcheurs actifs du Sénégal, estime le manque à gagner. ‘’ Il y a 1800 à 2000 pirogues à Cayar. Chaque pirogue peut attraper 15 à 25 kilos par jour et le kilo est à 2800 F Cfa. Le manque à gagner s’élève à 30 voire 40 millions par jour. C’est trop’’, s’est presque étranglé de rage le porte parole des pêcheurs. De l’avis de Mamadou Mbaye, ce repos biologique d’un mois à de graves conséquences sur l’économie des pêcheurs. ‘’L’Etat dit qu’il veut lutter contre la pauvreté et c’est à cause de ces poulpes que nous arrivons à survivre et à avoir la dépense quotidienne donc qu’il ne nous en prive pas’’, martèle-t-il.

NDEYE FATOU NIANG THIES

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