Publié le 6 Feb 2015 - 04:49
HARDSTAND

Discordances entre la commission et le témoin

 

Les griefs à l’encontre d’Ibrahim Aboukhalil, concernant la société Hardstand, s’avèrent moins accablants que ceux de Ahs. Ce que révèlent certains points du rapport de l’expert-comptable.

 

L’administrateur provisoire de la société immobilière Hardstand, Ibrahima Diop, s’est voulu un peu plus nuancé que les experts-comptables de Ahs. La raison est le décalage entre les conclusions de son rapport et celles de la commission d’instruction de la CREI. Alors que cette dernière parle de 17 milliards 873 millions, l’expert en est à 12 milliards 772 millions. Pour le témoin, ‘‘la démarche de la commission n’est pas cohérente’’, car lui partait de l’hypothèse d’évaluation de biens, alors l’instruction partait de l’hypothèse d’évaluation de préjudice. ‘‘Autant je suis affirmatif sur l’estimation de 12 milliards, autant l’estimation de préjudice est une éventualité. Il ne faut pas dire que l’expert a dit qu’il y a un préjudice de tant’’, a prévenu le témoin.

L’administrateur a néanmoins indexé quelques irrégularités dont l’octroi du bail à Hardstand avant l’immatriculation du terrain et une connivence de l’administration publique de l’époque. Échanges de terrains sans évaluation préalable, utilisation abusive de la procédure d’urgence de la commission de Contrôle des opérations domaniales (CCOD) etc., M. Diop a soutenu que  ‘‘les principales anomalies sont l’impulsion du Ministère de l’Économie et des Finances, et une bienveillance extrême des Domaines dans le dossier, et accessoirement de la SGBS, aussi bien les règlements des appartements que les apports d’argent des actionnaires sur le financement des travaux’’. Les revenus de la société ont également fait l’objet d’un éclairage. ‘‘Au niveau des virements, on a 2 milliards 182 millions dans des comptes à Monaco, au Liban et certains non identifiés’’, a-t-il déclaré.

Lors de la confrontation, le prévenu Ibrahim Aboukhalil a adopté une stratégie de défense qui a consisté à dégager toute responsabilité directe de sa société. Il a ainsi réussi à soutirer à l’expert que ‘‘ces irrégularités n’étaient pas imputables à Hardstand ’’. L’implication du fils de l’ancien président, Karim Wade, n’a pas été établie non plus, puisque, sous les questions pressantes du prévenu, Ibrahima Diop a déclaré que ‘‘son nom n’apparaît pas dans le rapport’’.

 

 

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