Publié le 13 Mar 2018 - 15:32
SANTE COMMUNAUTAIRE

Un important gap de cases de santé et de sites reste à combler

 

Le Sénégal va organiser un forum sous-régional sur la santé communautaire, du 14 au 16 mars prochain. En conférence de presse hier, le ministère de la Santé a mis à nu le gap des cases de santé et des sites communautaires à construire.

 

La santé communautaire est une approche de résolution des problèmes sanitaires fondée sur l'engagement des communautés. Elle intègre des services de santé préventifs, promotionnels curatifs et ré-adaptatifs destinés aux communautés et délivrés par les communautés elles-mêmes, sous la supervision du personnel de santé qualifié. Cependant, celle-ci est confrontée à d’énormes difficultés financières, un gap de personnel et un déficit d’infrastructures.

Selon le docteur Amy Mbacké, qui s’exprimait hier au cours d’une conférence en prélude au Forum sous-régional sur la santé communautaire prévu du 14 au 16 mars, nous sommes dans un pays sous-développé et l’Etat ne peut pas mettre partout des districts sanitaires. C’est pour cette raison, a-t-elle dit, que la participation des communautés est incontournable à ce niveau.  ‘’Au début, la santé était l’apanage des organisations non gouvernementales. Mais, maintenant, le ministère est venu pour gérer. C’est une belle initiative, parce qu’il y a beaucoup de gap à combler’’, a expliqué Dr. Mbacké. Avant d’ajouter : ‘’Lorsqu’on a fait le recensement, en ce qui concerne les infrastructures communautaires en 2017, le gap qu’on a pour les cases de santé à construire à l’échelle nationale, est au nombre de 196. Pour les sites communautaires, c’est 551 qu’on doit créer. Mais il y a d’autres cases de santé qui existaient, et au moment de faire l’inventaire elles ne fonctionnaient pas parce que soit il n’y a pas d’acteurs communautaires ou il n’y a pas d’équipements. Il s’agit de 246 cases. Pour ce qui est des sites créés et qui ne fonctionnent pas, ils sont au nombre de 294’’, a-t-elle soutenu.

Ce forum sera axé sur trois thèmes ‘’L’institutionnalisation de la santé communautaire’’, ‘’Le financement de la santé’’ et ‘’La motivation des acteurs communautaires’’. Pour le docteur Seynabou Faye, l’identification des problèmes et leur prise en charge, c’est le rôle de la santé communautaire et l’objet du forum. ‘’Il faut insister sur le plaidoyer pour accroître le financement local, parce qu’on a vu qu’on dépend beaucoup des donneurs et ce serait important que les populations pensent à des sources de financement beaucoup plus pérennes. Nous allons échanger avec les participants venant d’autres pays sur ce qu’ils font dans ce domaine, parce qu’il y a des exemples à partager pour que le Sénégal et les autres puissent s’en servir’’, a dit le Dr Faye. 

Toutefois, elle a reconnu qu’il y a beaucoup d’avancées dans la santé communautaire, mais on parle de pérennisation de l’appui des bailleurs.  Il y a, dit-elle, une part importante du financement de la santé qui va au niveau communautaire, mais on veut mettre l’accent sur le financement local. ‘’Nous voulons l’implication des autorités au niveau local. Il y a beaucoup de bonnes actions réalisées ; ce forum est l’occasion de vulgariser cela. Les régions médicales ont reçu des directives afin que toutes les actions qui sont faites au niveau local soient partagées sous forme de présentation. L’objectif, c’est d’avoir des mécanismes de financement à long terme au niveau local et ne pas souvent dépendre des bailleurs pour un aspect aussi important’’, a-t-elle précisé.

Pour le docteur Khady Seck, la santé communautaire a un regain d’intérêt dans le système de santé. Il est important de l’institutionnaliser pour lui donner la place qui sied. La Côte d’Ivoire a une direction de la santé communautaire ; nous, nous avons aussi une cellule. Tout le monde connait le poids que l’Etat donne à la santé communautaire. C’est ce qui explique le choix du thème. ‘’Il permettra de discuter sur beaucoup de questions liées aux ressources humaines, leurs compétences qu’il faut renforcer, comment conforter l’enracinement de la santé communautaire dans notre système. C’est toutes ces questions qui vont entrer dans l’encrage de l’institutionnalisation’’, a-t-elle conclu.

VIVIANE DIATTA

 

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