Publié le 11 Jun 2019 - 18:59
SCANDALE SUR LES CONTRATS PÉTROLIERS ET GAZIERS

Serigne Mboup lave Aliou Sall à grand eau 

 

Le directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar) a livré, avant-hier à Thiès, sa part de vérité dans le scandale financier ébruité par la Bbc et qui porte sur 10 milliards de dollars qu’aurait perdus le Sénégal dans des transactions illégales impliquant le frère du président de la République, Aliou Sall.

 

Cité dans un scandale financier de plus de 6 000 milliards de nos francs qu’aurait perdus le Sénégal dans des transactions illégales sur des contrats pétroliers et gaziers, le frère du président de la République, Aliou Sall, n’a pas besoin de se défendre. Il peut compter sur le soutien des caciques du parti présidentiel dont Serigne Mboup.

Invité du Club de la presse thiessoise avant-hier, le directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar) lave à grand eau le frère du chef de l’Etat. Mieux, il remet en cause la sincérité même du documentaire réalisé par la chaine britannique et qui accuse Aliou Sall d’avoir bénéficié de pots-de-vin et d’avoir fait perdre au Sénégal 10 milliards de dollars, à travers des transactions illégales.

Selon l’ancien cacique du Parti démocratique sénégalais passé, entre-temps, fervent défenseur du régime en place, la Bbc a produit un reportage à charge qui a repris ce que le député Ousmane Sonko a déjà dit, dans le seul but de participer à l’entreprise de décrédibilisation du frère du président de la République, initiée par l’opposition sénégalaise dès la chute d’Abdoulaye Wade, en 2012.

‘’L’auteur du documentaire sur le gaz et le pétrole sénégalais a répété ce que Ousmane Sonko avait dit. Dans le reportage de Bbc, un chiffre de 10 milliards de dollars a été évoqué. Je ne suis pas convaincu, parce qu’aucun document fiable ne prouve que tout ce qui est dit est vrai’’, déclare Serigne Mboup, selon qui dire que le Sénégal aurait perdu 10 milliards de dollars est une fausse information.

Encore que, souligne-t-il, le Sénégal n’a rien perdu, parce qu’il n’a rien à voir dans cette affaire. ‘’Si Bp décide d’octroyer 10 milliards à Timis, ce n’est pas le problème du Sénégal’’, fulmine-t-il. Avant d’appeler la population sénégalaise à la vigilance afin d’épargner le Sénégal de toute sorte de malédiction.

‘’Avec l’exploitation du pétrole qui démarre dans quelques années, c’est le cours du Sénégal qui va changer. Ce pétrole doit être utilisé pour développer le pays, comme l’ont fait les États-Unis, l’Arabie saoudite, l’Inde… Donc, soyons vigilants pour faire de cette ressource une bénédiction pour le Sénégal et pour les générations futures’’, soutient l’ingénieur en management et gestion pétroliers.

‘’Le président Wade et Karim ont signé les contrats…’’

S’attardant sur les contrats pétroliers et gaziers, le Dg de la Sar soutient qu’ils ont été signés par l’ancien président de la République Abdoulaye Wade et son ancien ministre de l’Énergie Karim Meissa Wade. Et, poursuit-il, ils ont bien fait de les signer, parce que ces contrats étaient les meilleurs du moment.

‘’Les contrats en question n’ont jamais été signés par le président Macky Sall. Il les a tout simplement approuvés. C’est aussi une bonne chose’’, précise Serigne Mboup. Qui prévient contre toute tentative de politisation du dossier.  

‘’Dans ce pays, les gens racontent des contrevérités concernant les contrats pétroliers et gaziers. Certains ont dit que Frank Timis vient du néant. Ce n’est pas vrai. Timis et Bp sont de grandes sociétés reconnues au plan international. Il faut arrêter de caricaturer les choses. On parle aussi, dans ce pays, de 15 à 19 milliards de dollars. Je rappelle que ce sont des obligations d’investissement. Il n’y a pas encore d’argent issu du pétrole. Il ne faut pas user de son émotion pour stigmatiser les gens. Nous sommes dans un îlot de feu et il faut faire très attention’’, psalmodie l’expert pétrolier, par ailleurs ancien président du Conseil d’administration de la Sar.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

Section: 
CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : La Coalition Diomaye Président fait bloc contre le “détournement” de la révision constitutionnelle
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel
REVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS exige un référendum et appelle à un sursaut républicain
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État