Publié le 26 Mar 2021 - 05:29

Macky Sall ou la preuve que la vanité est la mère de toutes les folies

 

la passer ?

Macky Sall n’a apparemment pas compris ou bien il feint de n’avoir rien vu ni entendu. Il tente de reprendre la main alors qu’il doit réfléchir sur comment passer la main. Une opération de rachat dans ce contexte de deuil, de choc psychologique et d’incertitudes ressemble davantage à un entêtement (voire à une provocation) qu’à un quelconque génie politique. Qui pour expliquer à Monsieur le Président que son nom n’est pas encore effacé des pages de l’histoire significative de notre pays, mais il qu’il est désormais écrit au crayon ? Y a-t-il encore dans ce pays un ami sincère pour dire à Macky Sall de ne pas accorder le moindre crédit à ce que lui conseillent ces charlatans de spin doctors qui, comme des médecins imposteurs, prescrivent des alchimies au mourant rien que pour lui soutirer encore quelques sous avant qu’il n’expie son dernier souffle ?

Macky Sall est le genre d’homme d’État tellement soucieux de garder le pouvoir qu’il n’en gère plus que les symboles, le protocole. Le résultat d’une telle posture non républicaine, c’est un État qui n’a plus suffisamment de forces pour faire valoir son autorité. Car la force n’est jamais exclusivement physique dans la sphère politique : il y a une infinité de leviers capables de rendre l’État d’autant plus fort qu’il est transcendant.  Or que s’est-il passé depuis quelques temps dans ce pays ? Un État qui a perdu sa vocation, son utilité, sa nécessité.

Un ministre de l’Éducation qui, souverainement décide fermer les écoles, qui provoque un conflit entre écoles privées et parents d’élèves et qui prend la poudre d’escampette en prétendant que c’est une affaire privée. Dans quel pays sommes-nous ? Comment un ministre de la République peut-il fait preuve d’une si grande irresponsabilité ? Des citoyens déjà fortement éprouvés par les conséquences économiques désastreuses de la pandémie sont laissés à l’arbitraire et à la boulimie sauvage d’écoles de censitaire ! Ce ministre ne sait même pas que des élèves sont jusqu’à ce jour renvoyés de certaines écoles privées pour non-paiement de quelques mensualités de l’année dernière ? Lui qui a tout obtenu grâce à l’école publique snobe les fils de milliers de ses concitoyens pris en otage par des écoles privés confessionnelles comme laïques. Ça ne peut se passer que dans le Sénégal sous Macky Sall : une in-gouvernance systémique.

Un ministre de l’Environnement qui confond les parcs nationaux à sa bergerie privée !

Un ministre de la Justice (le plus contesté à ce poste) et qui n’ouvre la bouche que pour libérer des flammes qui peuvent consumer toute la sous-région !

Un ministre de la Fonction publique et du renouveau du service public (quelle grandiloquence dans l’appellation !) qui ne sait même pas combien d’enseignants attendent depuis des années leur reclassement.

Un ministre de la Santé qui ne sait plus si la Chine nous offert ou vendu des vaccins anti-covid !

Un parlementaire pris en flagrant délit de trafic de billets de banque et qui bénéficie d’une liberté provisoire si longue !

Qui pour expliquer à Macky que le pouvoir sur les hommes est, par essence instable, car les recettes d’un homme, serait-il machiavélique, ne peuvent ni indéfiniment contenir ni prévoir celles d’une multitude d’hommes doués raison ? Qui pour rappeler à Macky que Machiavel n’est pas contemporain des réseaux sociaux et que ses recettes en matière de communication devront s’adapter à ce nouveau monde capable de faire et défaire l’image de l’homme politique en un clic ?

Alassane K. KITANE

 

Section: 
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante