Publié le 10 Apr 2021 - 00:31
UNE VOITURE POUR GUY MARIUS SAGNA

Poisson d’avril ou révolution dans la démarche politique du peuple sénégalais ?

 

Ce n’est point un poisson d’Avril, rassure-vous : des citoyen-ne-s sénégalais- es se sont mobilisé-e-s à l’intérieur du pays, en Afrique comme dans toute la diaspora, pour collecter de l’argent, récolant en moins de 48 h, à travers les réseaux sociaux et autres supports, bien plus que le montant de l’objectif initial fixé à 09 millions de FCFA, destinés à payer un véhicule au camarade Guy Marius Sagna. Ce faisant, il s’est agi pour nos compatriotes d’assurer les déplacements et la sécurité de Guy dans le déploiement de ses activités au service des différentes composantes du peuple souffrant, au Sénégal et en Afrique. Cette formidable mobilisation a été le fait de toutes les couches sociales, des plus jeunes aux plus âgés, des hommes comme des femmes de toutes professions, qui avec ses 500 F, qui avec ses 100 000 F ou plus, qui en argent, qui en nature.

De mémoire du militant quasi-septuagénaire que je suis, un tel geste est pratiquement sans précédent dans la trajectoire de lutte, je pourrais même dire, dans l’histoire politique moderne de notre pays, le Sénégal. Un authentique changement de paradigme ! Pour l’essentiel en effet, les Sénégalais- es nous avaient habitués jusqu’ici à considérer le leader comme ‘’l’unique propriétaire et responsable’’ du parti, de l’organisation et même du combat : « Noo ngi sa ginaaw » (« ensemble derrière toi pour te soutenir ») ! Selon cette conception de la politique ou du rapport dirigeant / citoyen, il appartient au premier, non seulement de donner  les moyens du combat, mais même de régler à ses frais jusqu’à la facture d’eau et d’électricité ou l’ordonnance médicale de son concitoyen !  Dans cette sorte de marché de dupes, le politicien traditionnel entretient et cultive une relation de dépendance clientéliste  de son interlocuteur à sa personne, pendant que de son côté, le membre de l’organisation ou le citoyen électeur joue à fond la carte intéressée de la rétribution de son ‘’soutien’’.

C’est un tel paradigme que renverse totalement la nouvelle démarche de citoyenneté consciente, active et responsable qui a consisté à payer un véhicule à Guy Marius, en toute autonomie et loin de tout marchandage de politique politicienne.  Une vraie révolution en marche, une nouvelle éthique de l’engagement qui émerge, une nouvelle conscience politique et citoyenne qui s’affirme. Le camarade Guy a su, en théorie et surtout en actes,  incarner la défense intransigeante et courageuse, constante et sans calcul, des intérêts fondamentaux des différents segments populaires, des villes comme des campagnes.

En retour, notre peuple, toutes franges confondues, s’est retrouvé pleinement dans le discours comme dans la pratique politique et citoyenne du combattant Guy Marius Saga : il l’a ainsi adopté en tant que son authentique et digne fils. Comme quoi le peuple sait reconnaitre les sien et quelque part, comme disait récemment l’autre, la nouvelle conscience populaire en marche est en avance sur les mentalités et comportements surannés de nos hommes et femmes politiques traditionnels !

Jërëjëf Guy G ! Félicitations à tous et toutes, nous pouvons avoir espoir et foi en la capacité de notre peuple, sa jeunesse en tête, non seulement à transformer positivement ses formes de conscience, mais aussi à assumer les nécessaires tâches de  refondation politique et sociale, institutionnelle et culturelle, dont est grosse la société sénégalaise.

Dakar, le 30 mars 2021

Madieye Mbodj, Délégué Général de

 Yoonu Askan Wi / Mouvement pour l’Autonomie Populaire

 

Section: 
LUCIANO GENOVESIO : La peinture comme acte de souveraineté
*Où sont ceux qui disaient « France dégage ! » ?*
L'afrique mérite mieux que la dispersion de ses voix
LA QUERELLE DE PATRIOTISME OU L’ÉCHEC D’UN MANDAT : Tous responsables !
L’EAU QUI COULE SOUS NOS CLIMATISEURS : Une ressource sénégalaise gaspillée
Les quatre paris politiques risqués du Président Diomaye Faye
EXODE RURAL ET MIGRATION IRRÉGULIÈRE : Le délégué de quartier au cœur des mobilités territoriales
LE JOUR DU DÉPASSEMENT : Comment l’humanité vit à découvert à partir du (ndlr) 22 juillet ?
JOUER POUR RAYONNER : Ce que le sport pourrait faire pour une marque-pays
DAKAR, OU LA PIÈCE MANQUANTE : Macky Sall, le parrainage national et l’arithmétique de New York
FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL (FSF) : La caste inamovible qui asphyxie les Lions doit tomber
Quand le rapport Forvis Mazars révèle un risque systémique... et ouvre paradoxalement un nouvel espoir institutionnel
OUSMANE TANOR DIENG : L’héritage d’une rigueur, l’appel d’une responsabilité
Le Sénégal a besoin d’une gouvernance, pas d’un vainqueur
L’ILLUSION DÉMOCRATIQUE À L’ÉPREUVE DU RÉEL Le Sénégal ou le piège de la politique-spectacle
L’emploi ne nait pas par hasard
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : La formule clé d’une opérationnalisation immédiate des pôles territoires
LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES RENIEMENTS : Le Palais, nouvel épicentre de la transhumance
À propos des démissions des directeurs généraux