Publié le 2 Aug 2023 - 06:45

Difficultés pêche   

Pour le secrétaire général du Syndicat autonome des gens de la mer (SAGM) affilié à l’UDTS, le secteur de la pêche au Sénégal est confronté à beaucoup de difficultés. Il y a d’abord, selon Yoro Kane, la rareté du produit à cause du poisson qui est introuvable depuis plusieurs années et l’État n’a jamais pensé restaurer cette ressource.

‘’On a une fois conseillé à l’État de distribuer les licences de pêches par quotas disponibles. Il ne nous avait pas suivi, raison pour laquelle, le poisson se fait rare. Nous partageons les mêmes eaux que la Mauritanie et la Guinée-Bissau, pourquoi leurs eaux sont plus poissonneuses que celles du Sénégal ? Il y a quelque chose qui ne va pas. Ces deux états ont su gérer leurs ressources halieutiques en se basant sur des repos biologiques qui coïncident avec le moment de reproduction du poisson. Si cela n’est pas respecté, ça pose problème. Le Sénégal ne fait pas cela. Il suit sa propre logique c’est-à-dire observer un mois de repos et un autre de production. Ce qui n’est pas suffisant. A cela s’ajoute le fait que le poisson n’a pas de refuge au Sénégal pour se reproduire. Ce qui est un élément majeur’’, a expliqué M. Kane hier lors d’un atelier de travail.

...D’après lui, il n’y a pas de récif au Sénégal. Et c’est ce qui explique qu’on ne retrouve plus le thiof au Sénégal. Actuellement, pour avoir du poisson, a-t-il expliqué, il faut faire beaucoup de kilomètres. ‘’Le pêcheur artisanal dépense plus en termes de carburant et de temps. Du coup, il gagne moins. Ce qui favorise l’émigration irrégulière. C’est la raison pour laquelle, on avait proposé l’aquaculture comme palliatif pour que le monde de la pêche ne pense plus à aller aux Îles Canaries à travers les pirogues. Il y a aussi la vétusté des pirogues.

Il y a environ 12 000 pirogues, toutes en bois et qui datent de très longtemps. Elles ne peuvent plus tenir en mer. Il faut penser à fabriquer des navires en acier comme c’est le cas dans certains pays. Ainsi, il y aura moins de pertes en vies humaines en mer avec ce genre de pirogues. On est en train de développer ce projet avec des amis et le président des mareyeurs du Sénégal. Le projet a été déposé sur la table du président de la République. Pour la suite, on ne sait pas encore, même si c’est lui qui a souhaité avoir des syndicats forts dans leur secteur pour qu’on puisse les écouter’’, a dit le secrétaire général du Syndicat autonome des gens de la mer.

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