Les populations s’arrachent les postes de l’Université

Le Centre départemental d’éducation populaire et sportive (CDEPS) de Matam a été pris d’assaut, ce mercredi matin, lors du dernier jour de dépôt des candidatures aux postes proposés par l’Université Souleymane Niang de Matam. Une affluence impressionnante, marquée par des bousculades, des bagarres entre postulants et une mobilisation exceptionnelle de la police pour canaliser la foule. Certains candidats ont même dû passer la nuit à la belle étoile dans l’espoir de déposer leur dossier.
Il y avait du monde partout, ce matin ! Et ce n'était pas pour un méga meeting, mais juste un dépôt de dossier pour le recrutement à la nouvelle université de Matam. Des centaines de candidats ont convergé vers le CDEPS dans l’espoir de décrocher un poste au sein de la nouvelle université. La mobilisation était telle que les forces de l’ordre ont dû intervenir pour contenir la foule et tenter de maintenir l’ordre. Des bagarres ont même éclaté entre postulants, illustrant les tensions suscitées par cette course à l’emploi.
Ramatoulaye Ly, plus connue sous le sobriquet Djiguel, a quitté Kanel pour déposer et tenter sa chance, mais à la vue de la foule, elle s’est découragée. « Je ne crois pas que ma candidature va être retenue. Il y a trop de monde. J’ai dû batailler pour déposer et à la fin on m'a juste remis un petit bout de papier qui porte mon numéro de dépôt, je n'y crois plus », dit-elle, visiblement abattue.
En effet, c’était une marée humaine qui a déferlé sur la tangente de Matam. Au-delà de l’affluence, c’est surtout le choix de concentrer le dépôt des candidatures sur une seule journée qui alimente les discussions. D’autant que la date limite avait déjà été repoussée une première fois en raison des difficultés rencontrées par plusieurs candidats pour obtenir certaines pièces administratives, notamment le casier judiciaire et le certificat de résidence.
Alors, avec cette prorogation, le nombre de postulants a quasi doublé au dernier jour. La preuve, certains ont dû passer la nuit à la belle étoile pour espérer déposer leur dossier, tandis que d’autres ont été obligés d’écourter leur sommeil pour arriver tôt et espérer occuper les premières places de la longue file. C'était la croix et la bannière.
Barka Cissé, le directeur du Crous sur toutes les lèvres
À la vue de la foule gigantesque, une question taraude tous les esprits : pourquoi ne pas avoir étalé la période de dépôt sur plusieurs jours, comme cela se fait habituellement dans de nombreuses procédures de recrutement ?
En tout cas, cette organisation alimente les spéculations sur les motivations de Barka Cissé, directeur du CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de Matam. Selon certains, le choix d’un calendrier aussi resserré serait une stratégie de sa part pour cristalliser l’attention sur sa personne. Une lecture qui relève, à ce stade, de suppositions mais qui ne permet pas d’établir les motivations réelles derrière cette décision. Aucune déclaration du directeur du CROUS n’est ici rapportée pour expliquer le choix du calendrier.
Il reste que, par le simple effet de cette affluence et des interrogations qu’elle suscite, le nom de Barka Cissé circule largement dans les discussions. Une visibilité qui nourrit les commentaires. L’épisode du CDEPS aura, en tout cas, placé le responsable Kiiraay à Matam au centre des conversations. Pour certains, cette opération de communication serait une réussite.
Djibril Bâ (Matam)






