Publié le 6 Dec 2017 - 02:20
14e FESTIVAL DU FILM TRANSSAHARIEN DE ZAGORA

‘’Pihu’’, une étoile dans le désert

 

A Zagora, la caravane du cinéma transsaharien a levé son bivouac où se sont croisés les cinémas du monde. Le temps d’un festival qui a dévoilé ses élus, dimanche, dans cette ville du Sud-Est marocain adossé au désert.

 

Le Grand Prix du jury du festival du Film transsaharien est décerné à ‘’Pihu’’. Drame indien du réalisateur Vinod Kapri. Un huis clos haletant qui met en scène l’innocence d’une jeune fille de 2 ans, Pihu, face à l’inertie cadavérique de sa maman.  Pihu est une vraie prouesse. Un condensé de tension, de tendresse. Le jury a salué, dans ce film indien, le ‘’grand défi du réalisateur de tourner dans un seul décor et un seul personnage’’. Le public a décerné son prix à Pihu.

Le Prix Spécial du jury est allé au film ‘’Malaria’’ du réalisateur iranien Parviz Shahbazi. ‘’Malaria’’ est une histoire d’amour impossible entre ados, sorte de Roméo et Juliette dans un Téhéran écartelé entre les pesanteurs religieuses et la volonté d’émancipation d’une jeune ultra connectée. Le film est tourné avec une esthétique très smart movie. Présidé par le réalisateur hollandais Koert Davidese, le jury de cette 14e édition du Film transsaharien de Zagora a décerné une ‘’Mention spéciale’’ au film ‘’Vagues brisées’’ du réalisateur tunisien Habib Mestri, une relecture démythifiée de l’indépendance tunisienne.

Le prix de la Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc) a été attribué au film ‘’Tant qu’on vit’’, du Burkinabé Dani Kouyaté, fils de l’emblématique Sotigui. ‘’Tant qu’on vit’’, également prix du Meilleur scénario, est une histoire entre la Suède et la Gambie où se chevauchent les questions d’identité, d’exil, de conflits, de générations. Le jury de la Facc, présidé par le chercheur marocain Bouchta Farqzai, a été séduit par ‘’la maitrise de l’écriture cinématographique, le jeu pertinent des acteurs et le choix judicieux de la musique’’.

Cette édition a été placée sous le thème ‘’Le cinéma, l’eau et la vie’’. Le  festival a projeté une quinzaine de films. Les productions en compétition sont venues de divers pays comme l’Inde, l’Irak, le Liban, l’Egypte, le Burkina Faso, le Mali, la Tunisie, l’Iran, les Emirats arabes unis.

Directeur artistique du festival, le cinéaste Aziz Khouadir s’est dit satisfait de l’organisation de cette manifestation, malgré les contraintes budgétaires. La nouveauté de cette année a été la création d’une compétition régionale de courts métrages pour ‘’encourager et mettre en valeur les créations des jeunes de la région’’. Le grand prix de cette catégorie a été remporté par ‘’Touche rude’’, de Hassan Maanani. Ponctué par des colloques et des rencontres, artistiques, le festival du Film transsaharien s’est tenu du 30 novembre au 4 décembre à Zagora, ville du Sud-Est marocain, aux portes du Sahara.

(Correspondance particulière)

Le Palmarès

Le  Grand Prix : ‘’Pihu’’ de Vinod Kapri (Inde)

Prix spécial du Jury : ‘’Malaria’’ (Parviz Shahbazi, Iran)

Prix du meilleur scénario : ‘’Tant qu’on vit’’ de Dani Kouyaté (Burkina Faso)

Prix du Meilleur rôle féminin : Reskesh Shehbaz dans ‘’The Dark Wind’’ (Iraq, Kurdistan)

Prix du Meilleur rôle masculin ex-æquo : Aziz Hattab (‘’Headbang Lullabay’’ de Hicham Lasri) et Ahmed Hafienne (‘’Vagues brisées’’ de Habib Mestri

Prix de la Facc : ‘’Tant qu’on vit’’ de Dani Kouyaté

Palmarès  courts métrages

Grand Prix du court métrage régional : ‘’Touche rude’’, de Hassan Maanani

Prix Spécial du jury : ‘’Mémoire Chronisme’’ de Karim Jouanot

Prix du scénario : ‘’Schizo’’ de Hicham Bahfid

Prix du public : ‘’Pihu’’ de Vinod Kapri (Inde)

Légende Photo : Pihu a séduit le jury de Zagora

Abdou Rahmane MBENGUE à Zagora

Section: 
DIALAWALY FESTIVAL : À Dagana, la culture prend racine
DIALAWALY FESTIVAL DE DAGANA : Ady Aïdara honoré de son vivant
DAGANA : Le Dialawaly Festival fait vibrer le Waalo
MÉDINA SOUS TENSION : Docta remercie les autorités et appelle à la vigilance collective
EXPOSITION « IL ÉTAIT UNE FOIS GAZA » : Gaza, l'exposition qui veut réveiller les consciences
MOUSTAPHA NAHAM, ARTISTE : “Le Dialawaly Festival doit devenir le grand rendez-vous culturel du Waalo”
OSCARS DES TALENTS 2026 : DEM COM mise sur la culture pour retenir les jeunes
MOSAÏQUE D'HUMANITÉ Quand une psychiatre raconte les blessures invisibles
MASSAMBA GUEYE PARLE DE BABACAR MBAYE NDAAK : L’adieu d’un compagnon de mémoire
FDCUIC : Nitdoff démissionne, Red Black se positionne
HEMLEY BOUM À DAKAR : Quand la mémoire devient une terre d’exil
SAINT-LOUIS : 1ère ÉDITION DU FESTI GAAL : Les acteurs se dressent pour la sauvegarde de la pêche artisanale
MOSAÏQUE D’HUMANITÉ : Katy Sène Mbaye invite à une pause intérieure
POSITIVE BLACK SOUL : PBS promet un show inédit le 8 août
Sodav- plus de 53 millions à verser aux artistes
RESTITUTION, RECHERCHE ET NUMÉRIQUE : Les chantiers d’Abdou Simbandy Diatta
CULTURE : UNE PRÉCARITÉ QUI S’INSTALLE : Les animateurs culturels haussent le ton pour exiger leur intégration
WORK IN PROGRESS : À Dakar, l’art ralentit la ville
DIALAWALY FESTIVAL Dagana célèbre Ady Aïdara, gardien de la mémoire du Waalo
LE 14 JUILLET SOUS LE SIGNE D'UNE PAGE QUI SE TOURNE Christine Fages fait ses adieux au Sénégal