Les pharmaciens plaident pour la souveraineté pharmaceutique du Sénégal

Ouvertes le 2 octobre à Pointe-Sarène, les 5es Journées du médicament, organisées par le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS), ont placé au cœur des débats la production locale et la lutte contre les faux médicaments. Pendant trois jours, la profession s’est mobilisée autour d'un objectif : produire 50 % des besoins nationaux d'ici 2035.
Les cinquièmes Journées du médicament se sont tenues à Pointe-Sarène, dans le département de Mbour, pour trois jours de réflexion. Organisé par le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS), l'événement a réuni autorités sanitaires, pharmaciens d'officine et industriels autour du thème de la souveraineté pharmaceutique.
À l'ouverture officielle, le message a été unanime : il est urgent de réduire la dépendance du pays aux importations et d'accompagner les champions nationaux.
Une dépendance de 97 % aux importations à résorber
« Le Sénégal importe près de 97 % de ses besoins en médicaments et autres produits de santé », a alerté le Dr Mbaye Aw, président de l'Ordre des pharmaciens du Sénégal. Une situation qui, selon lui, fragilise le système de santé et rend impérative l'accélération de la souveraineté pharmaceutique.
Pour le président de l'Ordre, le pays dispose déjà d'atouts. Des industriels locaux ont investi dans le secteur et ne demandent qu'à être accompagnés. Cet accompagnement doit passer, a-t-il plaidé, par la facilitation de l'investissement, un meilleur accès au foncier et la mise en place d'une fiscalité adaptée.
Même son de cloche du côté du SPPS. Son président, le Dr Serigne Ahmadou Bamba Ndour, a rappelé que la souveraineté pharmaceutique « est un processus et non une démarche qui se décrète ».
« La souveraineté pharmaceutique est lancée et on n'a pas le droit de s'arrêter », a-t-il martelé, réitérant l'objectif stratégique fixé par la profession : produire 50 % des besoins pharmaceutiques du pays à l'horizon 2035. L'enjeu est de garantir aux populations des médicaments de qualité, sûrs, efficaces et adaptés aux pathologies locales.
Présente à la cérémonie, la directrice de cabinet du ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, Dr Ndèye Maguette Ndiaye Ndome, a assuré que le département poursuivrait son accompagnement du secteur privé, notamment à travers l'Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Elle a rappelé que cette souveraineté occupait une place centrale dans la stratégie nationale de transformation du système de santé, élaborée dans le cadre de l'Agenda Vision 2050.
Faux médicaments, intelligence artificielle et Octobre rose au menu
Au-delà de la production, les participants ont fait de la lutte contre le marché illicite et les faux médicaments un axe majeur. Considéré comme une menace pour la santé publique et la viabilité des officines, ce fléau doit faire l'objet d'une réponse ferme.
Le Dr Mbaye Aw a ainsi plaidé pour la ratification par le Sénégal de la Convention Médicrime du Conseil de l'Europe, qui criminalise la contrefaçon de produits médicaux. Il a également rappelé l'existence de la loi 2023-06 du 13 juin, qui prévoit d'importantes sanctions pénales et pécuniaires contre les trafiquants.
Les mutations digitales ont également été au cœur des échanges. Si l'intelligence artificielle transforme l'exercice officinal, elle doit rester un outil d'accompagnement, a insisté le Dr Serigne Ahmadou Bamba Ndour. « La décision revient au pharmacien de manière humaine », a-t-il souligné.
Les 5es Journées du médicament ont été clôturées dimanche par une randonnée rose à Pointe-Sarène, dans le cadre de la campagne « Octobre rose ». Au programme : sensibilisation contre le cancer du sein et dotation en médicaments au profit des populations locales.
PAPE MBAR FAYE






