Thiafoura et ses environs veulent bâtir un système alimentaire territorial durable

Réunis le 30 septembre à la mairie de Sindia, producteurs, transformateurs, élus et consommateurs ont lancé le diagnostic du système alimentaire Thiafoura (Popenguine, Somone, Guéréo, Nguékokh). Organisé par CREATES dans le cadre des projets TERAL et Bey Diwaan, l’atelier vise à cartographier acteurs et flux pour faire de l’agroécologie le socle du Living Lab de Thiafoura.
Première brique pour mieux se nourrir localement. CREATES et son partenaire RACINES ont réuni tous les maillons de la chaîne alimentaire pour coconstruire un système plus résilient, inclusif et rémunérateur.
De 9 h à 17 h, la salle de la mairie a fonctionné en intelligence collective. Après l’ouverture par la mairie, la SDDR de Mbour, le CADL, l’ANCAR et la DYTAEL, la méthodologie inspirée de la permaculture a été présentée : cartographie des acteurs et des flux, travaux de groupe et world café pour aboutir à un plan d’action.
De la terre à l’assiette : cartographier pour mieux se connecter
Le constat : le territoire regorge d’acteurs, mais leurs interactions sont peu documentées. Qui produit quoi ? Où partent les produits ? Quels débouchés à Somone, Ngaparou ou Mbour ?
« L’objectif, c’est de faire un diagnostic sur le système alimentaire dans la zone. On a réuni les différents acteurs pour connaître leur niveau de production, de transformation et de commercialisation en agroécologie », explique Saliou Thiandoum, chargé de projet à CREATES.
Une approche systémique, selon Berta Gielge, responsable de la chaîne de valeur : « Pour que le système fonctionne, il faut que tout le monde fonctionne ensemble et, pour cela, il faut d’abord se connaître. »
Le diagnostic doit produire une cartographie des acteurs et des flux, une synthèse des pratiques et une feuille de route avec des indicateurs pour le Living Lab.
Pression foncière et quête de rentabilité.
La contrainte majeure : la terre. « Pression foncière, manque d’expérience et de formation, insuffisance des investissements », résume Modou Faye, SG du comité villageois de Thiafoura, qui veut une agroécologie plus rentable et bénéfique pour la santé et les revenus.
Même son de cloche à la mairie. Soukéye Sarr, présidente de la commission environnement de Sindia, rappelle que la commune compte une zone Dior, à vocation agricole, et une zone Saféne à fort potentiel, mais subit « une pression foncière tenace du fait de l’industrialisation, de l’AIBD et du futur port de Ndayane ». La commune promet un accompagnement en matière de foncier, de formation et de financement, ainsi qu’un futur forum pour sécuriser des terres aux agroécologistes.
« La terre, c’est la base. Sans la terre, il n’y a pas d’agriculture », insiste Berta Gielge.
L’atelier s’est conclu sur un plan d’action prioritaire : rapprocher producteurs, consommateurs et restaurateurs, sécuriser le foncier, valoriser la transformation locale et structurer les circuits courts vers la Petite Côte.
Pape Mbar Faye






