Publié le 12 Apr 2024 - 09:49
ABDOURAHMANE SARR OU LE MIRAGE DE LA LIBERTÉ

UNE CRITIQUE DE L'IDÉOLOGIE LIBÉRALE DU NOUVEAU MINISTRE DE L'ÉCONOMIE PAR SIULEYMANE GUEYE

Dans un acte de défiance flagrante envers le mandat qui lui a été confié par le peuple, le nouveau ministre de l'Économie a choisi, lors de sa passation de service, de présenter son propre projet politique : Mom Sa Bop, Menel Sa Bop, en contradiction manifeste avec celui sur lequel le président a été élu. Ce discours, empreint d'une idéologie libérale, soulève des préoccupations profondes quant à la direction que prend notre gouvernement en matière économique et sociale.

Abdourahmane Sarr a affirmé son fameux "Yewwi Askan Wi" (libérer les citoyens de l’État), dont le but est de financer des biens et services publics de qualité au bénéfice des populations, en particulier les plus vulnérables, afin de leur permettre de prendre leur destin en main. Cependant, derrière cette déclaration en apparence louable se cache une conception dangereusement erronée de la gouvernance économique et sociale.

L'idée selon laquelle un secteur privé fort, soutenu par un État fort, est la clé pour permettre aux citoyens de prendre leur destin en main est profondément problématique. En réalité, cela crée une dépendance inquiétante à l'égard du marché, soumis aux intérêts privés souvent contradictoires avec l'intérêt général. Un État fort ne devrait pas se contenter de soutenir le secteur privé, mais plutôt le réguler de manière à garantir qu'il contribue effectivement au bien-être de toute la société, et non à l'enrichissement de quelques-uns.

De plus, l'idée de libérer les citoyens de l'État est une illusion dangereuse. L'État, en tant qu'institution démocratique représentant l'intérêt collectif, est le garant des droits fondamentaux et de la justice sociale. Libérer les citoyens de l'État revient en réalité à les livrer à la merci des forces du marché, où seuls ceux dotés de ressources financières importantes peuvent réellement exercer leur liberté. Cela conduit à une société profondément inégalitaire, où les plus démunis sont laissés pour compte.

Pour démontrer l'erreur fondamentale de cette vision libérale, nous pouvons nous tourner vers les enseignements d'éminents économistes sociaux. Amartya Sen et Joseph Stiglitz, tous deux lauréats du prix Nobel d'économie, ont souligné l'importance de l'État dans la promotion du bien-être et de la liberté des individus, ainsi que la nécessité d'une intervention active pour corriger les défaillances du marché. De même, les idées de John Maynard Keynes sur la nécessité d'une intervention étatique pour réguler l'économie et atténuer les cycles économiques sont toujours d'actualité.

En tant que partisan du PROJET, qui promeut un État stratège et interventionniste (Page 20, Point 8 du Chapitre Pour une économie performante et résiliente sous-tendue par une gestion transparente des finances publiques), il est de notre devoir de dénoncer cette idéologie dangereuse et de défendre un rôle fort et responsable de l'État dans la protection et la promotion du bien-être de tous les citoyens. Nous devons nous mobiliser pour résister à cette tendance libérale qui menace les fondements mêmes de notre société et œuvrer pour une économie plus juste et équitable pour tous.

Ensemble, restons vigilants et engagés pour un Sénégal souverain, juste et prospère.

Souleymane Gueye,
Ingénieur Projets Numériques

Section: 
BAMAKO AU BORD DE LA PARALYSIE : BLOCUS, PÉNURIES ET GUERRE ÉNERGÉTIQUE. Le sabotage de Manantali : un tournant dangereux dans la crise malienne
LE CHEMIN DE L’ESPOIR : Pour une relation Sénégal-France apaisée, souveraine et équilibrée
TURBO-RÉVOLUTION FINANCIÈRE AU SÉNÉGAL Entre orthodoxie du FMI, défi de la dette et explosion des alternatives endogènes
LE DESTIN DU PRÉSIDENT DIOMAYE : Entre démission et cohabitation forcée
LETTRE OUVERTE : À Son Excellence le Président de la République,
PROPOSITIONS DE RÉFORME-DIVORCE : Mettez juste un trait d’union
Saisine du conseil constitutionnel et dispersion de la classe politique
Commentaires sur l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution
LA RUE COMME MUSÉE : Pour une esthétique populaire de la ville africaine
Hommage à Mame Less Camara (3 ans déjà....)
YAKAAR-TERANGA : Les véritables pertes de l’État du Sénégal et les conséquences dévastatrices
YAKAAR-TERANGA : Les deux raisons du départ de kosmos
MÉMOIRE - TROIS ANS DÉJÀ : Malick Ndiaye, le veilleur de l’éthique Ceddo
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin