Publié le 19 Jan 2022 - 13:22
AYANT PROMIS À UNE MÈRE EN DÉTRESSE DE SOIGNER SON FILS EN L’ESPACE DE 15 JOURS

Cherif Sadibou Aidara tombe pour charlatanisme et escroquerie

 

Appelé à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour répondre des délits de charlatanisme et d’escroquerie, Cherif Sadibou Aidara a plaidé non coupable. Malgré cela, il a écopé d’une peine de trois mois d’emprisonnement ferme. Il avait promis de soigner le fils de la partie civile Aminata Kandji qui serait possédé par une djinn (amante surnaturelle). Mais après avoir reçu environ 2 millions de francs CFA de la dame, il s’est évaporé dans la nature, abandonnant le fils de celle-ci dans la rue. 

 

Son fils, possédé par une djinn (amante  surnaturelle), Aminata Kandji n’a qu’un souhait : le délivrer de cet être. Malheureusement, son rêve ne s’est toujours pas réalisé. Pis, au-delà du fait de supporter la souffrance de son fils qui peine à guérir, cette mère en détresse a dû faire face à des individus qui n’ont qu’une ambition : la dépouiller de son argent. Ce fait, Aminata Kandji l’a appris à ses dépens.

En effet, la dame, qui a fait recours aux médecins traditionnels après avoir fait le tour des médecins modernes sans résultat, s’est rapprochée de Cherif Sadibou Aidara. L’homme qui lui a promis de guérir son enfant dans un délai de 15 jours, lui a réclamé la somme de 2 millions F CFA. L’argent était réparti comme suit : un million 600 mille francs CFA pour les honoraires du tradipraticien et 900 mille francs CFA pour l’achat d’un bœuf pour faire le sacrifice.

Mais ses espoirs se sont transformés en désillusion, quand elle a appris que le marabout, après avoir empoché l’argent, a déménagé à Kounoune, emmenant son fils avec lui. Plus grave, ce dernier errait dans les rues. Après avoir récupéré son fils, Aminata Kandji a tenté vainement de recouvrer son argent, avant de saisir dame justice.

A la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar hier, elle explique : ‘’Je lui ai remis l’argent de mon héritage, car il a promis de soigner mon fils. C’est le 24 décembre que la remise à eu lieu. D’ailleurs, ce jour-là, il n’arrêtait pas de me mettre la pression, prétextant que les djinns qui devaient combattre l’être qui possède mon fils allaient se raviser, si rien n’était fait. Au lieu de faire ce qu’il a promis, il a convolé en secondes noces avant de s’enfuir’’, peste la dame qui ne réclame que son argent.

Poursuivi pour charlatanisme et escroquerie, Cherif Sadibou Aidara plaide non coupable. ‘’L'enfant est possédé par une djinn (amante surnaturelle). Quand je l'ai consulté, mes djinns m'ont demandé la somme d’un million 600 mille francs CFA. Je lui ai aussi demandé 900 mille francs CFA pour l'achat d'un bœuf qu'on devait immoler  pour le bien de son fils. J'ai donné toute la viande  en aumône et j'ai gardé seulement les pieds et la tête de la bête  pour faire mon travail. J’étais dans cette optique’’, a soutenu le comparant qui jure n’avoir jamais donné un ultimatum de 15 jours à la plaignante. Sur son déménagement, il renseigne que sa chambre était exiguë.  

Malgré ses dénégations, la représentante du ministère public est convaincue que l’accusé est coupable. Ainsi, elle a requis deux ans d’emprisonnement ferme contre lui. 

Peine trop sévère, selon l’avocat de la défense, Me Seyba Danfakha. Selon la robe noire, les faits ne sont pas établis à l’encontre de son client. A cet effet, il a sollicité sa relaxe pure et simple. ‘’Il n’a pas donné un ultimatum à la dame. Et cet argent, il a le droit de l’utiliser à sa convenance. Même un médecin moderne ne promet pas des résultats satisfaisants à ses patients. Mon client a fait un résultat satisfaisant, car le gamin ne pouvait même pas parler et maintenant, il prononce certains mots’’, a plaidé l’avocat.

Finalement, son client Cherif Sadibou Aidara a été reconnu coupable des délits de charlatanisme et d’escroquerie. Il a écopé d’une peine de trois mois d’emprisonnement ferme. Il est contraint d’allouer à la partie civile, Aminata Kandji, la somme d’un million 500 mille francs CFA en guise de dédommagements.

MAGUETTE NDAO 

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