Publié le 25 Sep 2018 - 21:47
COLLABORATION MUSICALE SINO-SENEGALAISE

Les projets de Soulway Entertainment

 

UJ est un producteur musical chinois. Il s’intéresse au marché sénégalais, fasciné par la musique africaine. Après un premier bel échange avec Daara J, il revient cette fois pour un clip avec des fils du tambour-major feu Doudou Ndiaye Coumba Rose.

 

C’est un secret de polichinelle : la Chine s’intéresse à l’Afrique. Au plan économique, le gouvernement chinois multiplie les initiatives. Au plan culturel, son engagement dans certains pays est encore timide. Au Sénégal, les Chinois financent la construction d’infrastructures culturelles dont les ‘’Sept merveilles’’. Loin de tout cela, le producteur chinois, UJ de Soulway Entertainment, veut établir un pont entre le Sénégal et la Chine, malgré la distance.

Après une première collaboration avec Daara J Family qui a donné naissance au single ‘’Ramata’’, UJ revient au Sénégal et tente une nouvelle expérience avec des artistes d’un tout autre registre, loin de celui urbain. Il était au Sénégal, la semaine dernière, dans le cadre d’une collaboration musicale avec des fils de feu Doudou Ndiaye Coumba Rose. ‘’J’ai tourné un clip avec eux au lac Rose. Il va servir de support de promotion à la société China Telecom pour la campagne de sa 5G’’, a informé UJ. Le spot passera sur China Tv. Ainsi est assurée sa large diffusion.

‘’Leur père, Doudou Ndiaye Coumba Rose, est très bien connu au Japon. Ce qui n’est pas le cas en Chine. Les marchés ne sont pas les mêmes. Celui chinois est plus vaste que le marché nippon. Aujourd’hui, on essaie, à travers ce spot, de toucher le maximum de Chinois possible’’, a dit UJ. En outre, plus concrètement, si Soulway Entertainment a choisi Aly Ndiaye et ses frères pour tourner ce clip, c’est parce qu’il estime que ce sont eux qui représentent le mieux l’esprit de la musique sénégalaise. ‘’Ils sont de grands musiciens. Ce qu’ils font est très différent de ce que moi je fais et je pense qu’il y a moyen de faire un bon mix avec ce que je fais en tant que producteur chinois. Un cocktail d’instruments chinois, de la mélodie chinoise et des rythmes sénégalais est une expérience inédite pour beaucoup’’, a indiqué le patron de la maison de production Soulway.

Il s’intéresse au marché africain d’ailleurs pour ce caractère inconnu qu’il leur offre. ‘’La Chine est très loin de l’Afrique. Il est très difficile de faire des collaborations, des projets culturels ici en étant en Chine. Il faut beaucoup de volonté et de persévérance’’, a reconnu UJ.  En plus, a-t-il souri, ‘’on a la chance de pouvoir faire quelque chose de nouveau’’.

Pour l’heure, il ne gagne pas encore d’argent à travers ces échanges avec les artistes africains. Au contraire, il en dépense, à cet effet. ‘’Je paie les artistes et mes voyages. Les gens n’ont pas encore compris ce que je fais et peu de Chinois accepteraient de travailler ici comme je le fais. Mais la musique sénégalaise, africaine me fascine. J’ai entamé un travail, toujours dans le domaine culturel, en Afrique du Sud, mais l’essentiel de mes activités, je veux les dérouler ici au Sénégal’’, a-t-il dit.

UJ a découvert le Sénégal et sa musique grâce à sa femme qui est une Sénégalaise. Ils se seraient rencontrés à Paris, alors que les deux sont venus pour y étudier. Mariés, ils écoutent ensemble le ‘’mbalax’’, la musique africaine de manière générale. C’est ainsi qu’est née cette idée de collaboration avec Daara J et ce single a eu un écho favorable chez UJ et en France.  Les artistes sénégalais l’intéressent  donc beaucoup. Dans ses perspectives, figurent des échanges musicaux avec Pape Diouf et Youssou Ndour, entre autre artistes.

En attendant d’avoir une succursale de Soulway Entertainment à Dakar, il a créé une association sino-sénégalaise regroupant des amoureux de la culture, pour des échanges permettant d’exploiter ‘’l’ouverture qui se dessine’’ dans le domaine culturel.

C’est pour cela qu’au-delà de la musique, il veut développer, ici, d’autres projets culturels dont la réalisation d’une comédie musicale à travers laquelle il raconte son histoire d’amour avec sa femme sénégalaise Ramata. Le scripte est déjà prêt. Il est coécrit par un Zimbabwéen et une Chinoise. La musique du film est, elle également, terminée. ‘’La prochaine étape est la recherche de financement puis le choix du réalisateur et le casting’’, a-t-il annoncé. Il pense tourner en 2020.

BIGUE BOB

 

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