Publié le 28 Sep 2016 - 13:40
CONTRIBUTION

La sarabande des perroquets

 

Insultes, injures, baves aux lèvres. La sarabande des perroquets. Les anathèmes, les insolences et les accusations sans preuve, injustifiées, sont en passe de devenir la marque déposée d’une frange de l’opposition et des hommes aux postures douteuses de prétendus lanceurs d’alerte, armés plus de kalachnikovs verbales que de la lumière des idées destinées à penser et/ou à repenser notre société démocratique, à lui proposer une alternative plus crédible ou au moins du même niveau d’audace innovante que le Plan Sénégal Emergent du Président de la République, Macky Sall. 

Depuis quelque temps, c’est cette dose infecte et infectieuse qu’opposants has been, néo-opposants aux cursus politiques plus ou moins obliques, injectent, à longueur de sorties politico-médiatiques, dans ce qui ressemble plus à des ébats qu’à des débats sérieux et instructifs. Experts gaziers avant le gaz, déjà pétro-affairistes avant même l’exploitation du pétrole, des néo-opposants derrière qui courent aujourd’hui une opposition ringardisée et fossilisée, reniflent l’odeur de l’or noir encore en prospection, de mines alléchantes. D’où la surabondance de leurs sorties névrotiques sur le pétrole, la société Pétro-Tim, assorties d’accusations aussi légères qu’un duvet, de suspicions morbides géométriquement centrées sur Aliou Sall, le frère du Président Macky Sall. Le délit de fraternité, il ne restait que cela dans la panoplie des riens des oppositions ayant déserté le champ de la confrontation des idées et des programmes socio-économiques !

On a beau, comme le Premier ministre Mahammed Abdallah Boun Dionne, montrer et démontrer, documents, contrats, codes comme preuves à l’appui que nos anciens et néo-opposants s’abîmeront à se tromper de pétrole, de gaz et de mine. Ils n’arrêteront pas puisqu’ils tiennent, comme des pendus politiques, aux prochaines cordes électorales. C’est obsessionnel ! On a beau visiter et revisiter leur suspicion plus  que leur soupçon, -le soupçon soumis au crible de la raison étant comme le disait Alain, «le sel de l’esprit»-, dépiauter leur champ lexical, scanner et de-scanner leur logiciel incantatoire, dépoussiérer leurs communiqués lyriques, un seul message y fonctionne : «envie, haine et ressentiment». Merci Mamadou Oumar Ndiaye pour avoir eu le courage de nommer, dans votre éditorial du mardi 27 septembre 2016, ces postures auxquelles se réduit «la problématique oppositionnelle».

Ceux qui n’ont la tête que dans la lessive des pactoles du pétrole, du gaz et des mines envoient en vérité des signaux inquiétants : une appétence boulimique pour les affaires. Et qui plus est, ils sont décidés à briser le moral de ceux qui ont le courage de se démarquer de leur terrorisme verbal, des dénonciateurs vigilants de leur imposture et sur qui ils pointent leurs mitraillettes accusatrices en les traitant de pro-Macky, d’inféodés du régime, tutti et quanti.

Au fond, les oppositions cherchent par ce procédé, à créer un réflexe de censure et d’autocensure chez les intellectuels, les politiques, les journalistes, les «mal-pensants», tous ceux qui ne se trouvent pas dans le sillage de leur bien-pensance. Les esprits fragiles succombent à leurs salmigondis et leurs critiques insultantes. Pour les esprits forts, il s’agit de ne rien lâcher. De refuser qu’on leur impose un écran noir pour ne pas voir la lumière dans les obscurités qu’elles émettent à longueur de débats stériles et de prétendues révélations. Et d’ailleurs, arrive-t-elle seulement à cerner et à discerner, cette opposition si bigarrée mais dans une uniformité terreuse dans les dénonciations faciles que le peuple sénégalais, pour lequel elle prétend lutter,- mon œil !-, a quand même une mémoire. D’éléphant, s’il vous plait !

Ce peuple sénégalais qui a tant de fois, à chaque élection, donné la pleine mesure de son bon sens, sait distinguer, sous les furieux discours, sous les habits des incendiaires et des émeutiers engoncés dans des chantages déguisés, l’ivraie des paroles inflammatoires et la bonne graine des initiatives destinées à sortir le pays des horreurs de la misère et de la désespérance sociale. Il sait peser et soupeser, juger et jauger la criarde vacuité des programmes socio-économiques des opposants. Tout comme il sait le faire face aux mutations programmatiques à l’œuvre dans les domaines des infrastructures, de la nouvelle carte sanitaire, des avancées économiques indéniables et de l’impact des mesures sociales du gouvernement.

Bien sûr, tout n’est pas le nirvana, le paradis où coulent le lait et le miel ! Ce n’est pas encore le grand soleil. Pour autant, comment nier jusqu’à la cécité hallucinante les rayons de lumière qui, depuis 2012, avec le Président Macky Sall, éclairent l’avenir ? On aimerait que l’opposition nous proposât bien mieux et bien plus, en dehors de ses tohu-bohus, de ses charivaris et autres tintamarres. On comprend donc aisément qu’il ne reste aux mousquetaires de la bien-pensance que la diabolisation compulsive comme viatique politique face aux travaux herculéens entamés par le Président. Qu’il ne lui reste plus que des métastases politiques cancéreuses qui, vainement, cherchent à prospérer sur le terrain du populisme.

Le vent dans les voiles de l’exagération, de l’enflure et de l’injure visant à affaiblir les institutions, de ce que nous avons en partage, c’est-à-dire la République, ne fait gonfler aucune valeur fondatrice de notre démocratie et du progrès de notre société. Alors, il faut affronter avec détermination et courage ce qui prépare à un rendez-vous non manqué, fort avec l’avenir en renouant avec les grands débats sereins, dans la confrontation de pensées à des pensées, en puisant dans l’immense sagesse de Socrate que ce que chacun de nous sait, c’est qu’il ne sait rien. 

Par Soro DIOP

 

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