Publié le 3 Mar 2015 - 02:21
CRISE ETAT DU SENEGAL/EMIRATES

Le linge sale  lavé à Dubaï 

 

Le linge sale se lave en famille. Ce n’est pas à Dakar, mais à Dubaï que l’Etat du Sénégal et la société de navigation aérienne Emirates ont arrondi les angles. Et selon ce qu’on nous rapporte, la crise est bien derrière nous. Tim Clark, à la tête d'Emirates depuis 1985, entouré de ses plus proches collaborateurs, avait en face de lui le Directeur de cabinet du Président Sall, son ministre de l’Economie et des Finances, celui délégué en charge du Budget, le ministre du Tourisme etc.

Cinq tours d’horloge durant, les deux parties ont discuté pour s’entendre sur la fameuse “Cinquième liberté” (qui donne le droit d’embarquer/débarquer dans un État tiers des passagers à destination/en provenance de tout autre État contractant). Sénégal Airlines avait perdu le  contrôle sur ce filon, au point que son taux de remplissage en  était devenu faible à Dakar. Conséquence : la compagnie des Emirats Arabes Unis avait annoncé qu’à partir du 27 mars 2015, elle ne proposerait plus ses quatre rotations hebdomadaires entre sa base de Dubaï et l’aéroport Dakar-Léopold Sédar Senghor.

Un coup dur pour l’aéronautique au Sénégal du fait que la ligne vers le Sénégal avait été inaugurée en septembre 2010 avec cinq vols par semaine. Une bonne manne qui menaçait justement d’être réduite à néant. En même temps, Emirates perdait une  bonne destination ; le PDG Tim Clark ayant annoncé au mois de juillet dernier vouloir se concentrer sur l’Afrique et y renforcer son offre de 40%, l’Afrique étant justement un continent sous-desservi, alors qu’il est un excellent moteur de croissance pour Emirates Airlines. Désormais, le Sénégal se range aux conditions de Dubaï sur la 5ème  liberté.

Concrètement, cette société va  non seulement avoir plus de liberté à transporter ses passagers mais aussi elle va pouvoir exercer dans les types de services comme  le fret etc. L’origine de la crise étant liée au prochain transfert des compétences de Dakar à l’aéroport Blaise Diagne de Diass, un projet de Centre de  maintenance d’un coût de 30 milliards de francs Cfa est prévu. Emirates s’est aussi plaint du système de double imposition, à la fois à Dakar et à Dubaï, que l’Etat du Sénégal s’est promis de revoir. Une nouvelle convention  devrait être signée dans les prochains jours.  

Malgré les apparences, Emirates a aussi intérêt à garder la place dakaroise, à six  heures de vols des aéroports européens et moins de cinq heures pour l’Amérique du Sud. Il est ressorti des discussions qu’il faut non seulement accélérer les travaux  pour finaliser l’aéroport international Blaise Diagne de Diass, mais aussi accélérer les réformes pour rendre plus performantes les plates-formes aéroportuaires.

Sans doute pour accélérer la cadence à ce niveau, la délégation sénégalaise rencontre les autorités saoudiennes dans les prochaines  heures, surtout celles de Bin Ladin, pour que Diass puisse être finalisé… A suivre donc…

 

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