Publié le 7 Jun 2023 - 23:06
CRISE POLITIQUE

La paix à tout prix !

 

Malgré le retour au calme et à la sérénité noté depuis quelque temps, les organisations de la société civile, féminines et religieuses continuent d’être sur le qui-vive et multiplient les initiatives pour une paix définitive.

 

Sur la ligne rouge, les Sénégalais ont encore su se retenir. En tout cas jusque-là. Depuis quelque temps, les voix se multiplient pour appeler à la paix. Et la dernière visite du président de la République Macky Sall à Touba n’a pas manqué de susciter l’espoir. De l’avis du président d’Afrikajom Center, Alioune Tine, c’est un bon début. ‘’Moi, j’ai un immense espoir. Pour avoir rencontré le khalife à maintes reprises, j’ai pu constater toute sa détermination et son engagement pour la paix dans ce pays. Il ne s’est jamais lassé de prêcher la paix. C’est l’occasion pour moi d’appeler à un renforcement de ces institutions qui, très souvent, nous ont sauvés de certaines situations, au lieu de les affaiblir comme ont tendance à le faire certains. Nous invitons, par ailleurs, le président de la République, qui est le président de tous les Sénégalais, à se faire violence pour être dans une posture de calmer le jeu. Sonko aussi doit se faire violence pour qu’on puisse dépasser cette situation’’.

Au-delà de cette situation, le droit-de-l’hommiste en appelle à un esprit de dépassement pour examiner en profondeur les pathologies dont souffre le pays. Selon lui, ceci est indispensable pour une paix définitive. ‘’Il y a déjà trop de morts, trop de dégâts matériels. Ce qui s’est passé à l’université est inacceptable. Il est donc temps qu’on s’arrête et que l’on réfléchisse sur comment mettre un terme à cette situation de chaos’’.

D’habitude très sévère envers le pouvoir, M. Tine n’a pas souhaité cette fois s’appesantir à trouver des boucs émissaires. Pour lui, tout le monde est responsable, opposition, pouvoir, même la société civile et certains régulateurs sociaux. ‘’Nous avons besoin de faire notre introspection. La politique du bouc émissaire est facile pour se défausser. Le plus important aujourd’hui, c’est : que devons-nous faire pour restaurer la paix ? Parce que comme on dit en wolof, ‘nettali xulo day indi xulo’ (revenir sur les causes d’un conflit ramène le conflit). Ceux qui ont fait ces dégâts (les casses) ce sont nos enfants. C’est donc une responsabilité sociale collective. À partir de ce moment, il faut s’arrêter et sortir des sentiers battus pour trouver des solutions appropriées, afin d’éviter l’autodestruction. Autrement, on va couler’’.

Dans la même veine, elles ont été nombreuses, les organisations de la société civile, à ruer dans les brancards pour inviter les acteurs politiques à savoir raison garder et à se mettre autour d’une table pour trouver des solutions. Selon la Synergie des organisations de la société civile pour la paix (SOS Paix), ‘’les acteurs doivent tout mettre en œuvre pour un dialogue franc et sincère, en vue de trouver des consens forts permettant de surmonter les épreuves’’.

D’après les amis de Moundiaye Cissé, pour une sortie rapide de la crise, il faudrait un dialogue direct entre les deux protagonistes, à  savoir Macky Sall et Ousmane Sonko. L’organisation s’est engagée, dans les plus brefs délais, à rencontrer les parties prenantes, en vue de faciliter une sortie de crise.

Dans cette quête pour la paix, les organisations féminines ne sont pas non plus en reste. Dans un communiqué, le Forum international des femmes de l’Espace francophone et des Journées des initiatives des femmes africaines (Fifef/Jifa) encourage fortement les femmes de tout bord du Sénégal, à ne ménager aucun effort dans la médiation sociopolitique, afin d’engager les acteurs politiques à un dialogue inclusif et sincère pour un retour très rapide au calme et à la sérénité. ‘’Le Fifef/Jifa en appelle à la responsabilité des parents, des chefs religieux, des femmes leaders politiques, des acteurs de la société civile, des jeunes et des médias, et les exhorte à mettre l’intérêt supérieur du Sénégal et des Sénégalais au-dessus de toute considération’’, lit-on dans le communiqué.

Aujourd’hui, renchérit le président d’Afrikajom, il est urgent de revenir aux fondamentaux de la politique, c’est-à-dire la régulation de la violence sociale, qui est sa vocation principale. Pour prendre en charge les questions de manière définitive, il serait judicieux de faire de cette période préélectorale une phase transitoire. ‘’J’en avais parlé à la suite des dernières Législatives. Compte tenu des bombes à retardement qui minent notre société, il faut un gouvernement d’union pour gérer cette situation. Il nous faut mettre à profit cette transition pour réinventer le pays, le rénover, le réparer, le rectifier, avant d’aller à la Présidentielle. L’autre proposition, c’est la commission vérité, justice, réconciliation, pour parler de tout ce qui s’est passé depuis 2021 ou même au-delà, pour voir qui a fait quoi, pourquoi, etc. Ce sont des questions importantes. Il y a quand même eu beaucoup de morts’’.

Il faut rappeler que le président de la République a lancé, il y a quelques jours, le dialogue national, pour discuter de toutes les questions qui fâchent. Si certaines organisations politiques et de la société civile ont répondu présentes à cet appel, d’autres ont décidé tout bonnement de boycotter la rencontre.

En attendant, la visite du chef de l’État au khalife général des mourides, la nuit lundi au mardi, a redonné l’espoir à beaucoup de Sénégalais. Reste à savoir si les parties vont accepter de s’engager dans les compromis nécessaires pour mettre en avant la stabilité du pays.

Il convient de signaler que, depuis dimanche, le calme est revenu dans la quasi-totalité des localités du pays.  

MOR AMAR

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