Publié le 19 Jun 2026 - 22:33
DIALOGUE STRUCTURE  

L’UE et la société civile sénégalaise adoptent une nouvelle feuille de route 

 

La sixième édition du dialogue structuré entre la Team Europe, les États membres de l’Union européenne et la société civile sénégalaise s’est tenue ce jeudi à Thiès autour du thème : « De la reconnaissance des écosystèmes à une contribution structurelle de la société civile aux initiatives Global Gateway ».

 

Représentants de l’Union européenne, autorités administratives, organisations de la société civile, acteurs du secteur privé et plusieurs partenaires au développement se sont retrouvés à Thiès pour plancher sur la feuille de route de l’engagement de l’Union européenne envers la société civile pour la période 2025-2028.

Prenant la parole au nom de la Team Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean-Marc Pisani, a rappelé que cette rencontre constitue la sixième session du Dialogue structuré depuis son lancement en 2023. Le diplomate européen a mis en avant la qualité du partenariat qui unit depuis plusieurs années l’Union européenne, les organisations de la société civile et les autorités sénégalaises.

« Ce partenariat est ancien, vivant et diversifié. À chacune de nos rencontres, nous avons enrichi notre compréhension des réalités sénégalaises et amélioré notre approche des politiques publiques », a-t-il déclaré. Jean-Marc Pisani a également rappelé les ambitions du programme Global Gateway, la stratégie européenne d’investissement destinée à soutenir les infrastructures, l’agriculture, le numérique et les secteurs productifs en Afrique.

« Le volet africain du Global Gateway représente 150 milliards d’euros d’investissements pour la période 2021-2027 », a-t-il indiqué. L’ambassadeur a ensuite cité plusieurs projets en cours au Sénégal, notamment le pont de Rosso, l’Agropole Centre ainsi que des initiatives dans le domaine pharmaceutique.  

« Lorsqu’elle est reconnue, appuyée et écoutée, la société civile produit de la valeur démocratique, sociale et économique », a-t-il souligné. Jean-Marc Pisani a également mis en avant les actions soutenues par l’Union européenne en faveur de la formation professionnelle, de l’insertion des jeunes et de l’entrepreneuriat féminin.

Il a insisté sur les enseignements tirés des différentes étapes du Dialogue structuré. « La première leçon est que la société civile est plus forte lorsqu’elle est ancrée dans les territoires. La deuxième est que l’inclusion des jeunes et des femmes doit rester au cœur des politiques publiques. Enfin, un dialogue efficace repose sur la confiance, la continuité et la participation », a-t-il expliqué.

 « La société civile doit être un acteur de co-construction des politiques publiques »

Intervenant au nom de la société civile, Ousmane Sy Ndiaye a rappelé le parcours du Dialogue structuré depuis son lancement à Dakar en octobre 2023 avant son déploiement à Sédhiou, Saint-Louis, Mbour et aujourd’hui Thiès. Selon lui, cette initiative a permis de créer progressivement un espace de confiance entre les citoyens, les décideurs publics et les partenaires au développement.

« Notre ambition est de construire un cadre où la société civile ne subit plus les politiques publiques mais participe à leur conception », a-t-il déclaré. Le représentant de la société civile a présenté les trois principes qui fondent la nouvelle feuille de route 2025-2028.

Le premier repose sur l’inclusion des jeunes, des femmes et des acteurs de terrain. « L’inclusion n’est pas une option. C’est une stratégie. Les jeunes, les femmes et les communautés locales constituent les premiers maillons du Global Gateway », a-t-il affirmé.

Le deuxième principe consiste à reconnaître pleinement la société civile comme un acteur du développement. « Nous sommes le pont entre les populations et les décideurs. Nous représentons un laboratoire d’innovation et un système d’alerte précoce capable de remonter les préoccupations des communautés », a expliqué Ousmane Sy Ndiaye.

Le troisième principe concerne la place du secteur privé dans la transformation économique. « Le secteur privé est le moteur de la croissance. L’État et l’Union européenne doivent garantir que cette croissance demeure inclusive, responsable et créatrice d’emplois décents pour les jeunes et les femmes », a-t-il soutenu.

Ensuite, il a embrayé sur les ambitions du Global Gateway, en plaidant pour une stratégie davantage connectée aux réalités locales. « Le Global Gateway ne doit pas être une vitrine. Il doit devenir une chaîne de valeur reliant les producteurs, les formateurs, les entrepreneurs et les marchés à travers tout le territoire national », a-t-il déclaré.

En écho à ces propos, le gouverneur de la région de Thiès, Saër Ndao, a fait cas des conclusions du précédent dialogue organisé à Mbour sur la migration irrégulière qui ont permis aux autorités administratives de revoir leur approche face à ce phénomène. « Nous étions dans une posture essentiellement répressive. Les échanges avec la société civile nous ont permis de comprendre que la répression seule ne pouvait pas résoudre le problème. Il fallait aussi comprendre le vécu, les motivations et les trajectoires des candidats à l’émigration irrégulière », a déclaré le gouverneur.

Une manière d’insister sur la complémentarité entre l’État et la société civile. « L’État, dit-il, a ses limites. La société civile doit servir de relais pour atteindre les communautés et les impliquer dès la conception des projets afin qu’elles deviennent à la fois actrices et bénéficiaires du développement ».

À l’issue des travaux, les participants ont validé la nouvelle feuille de route de l’Union européenne pour l’engagement avec la société civile sur la période 2025-2028. Les échanges ont également permis de dégager plusieurs recommandations prioritaires, notamment le renforcement des alliances entre les organisations de la société civile, une meilleure intégration des jeunes et des femmes dans les mécanismes de décision, ainsi qu’une mobilisation accrue du secteur privé dans la mise en œuvre des initiatives du Global Gateway.

NDEYE DIALLO (THIES)

Section: 
POLÉMIQUE DETTES CACHÉES – SORTIE PRÉSIDENT COUR DES COMPTES : Y a-t-il eu tripatouillage des comptes publics ?
PRODUCTION DE LA PÊCHE ET DE L’AQUACULTURE Elle a atteint 188,2 millions de tonnes en 2024
DÉMARRAGE DE LA SAISON AGRICOLE Entre soulagement et inquiétudes des paysans
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2026 : L’exécutif ajuste ses priorités budgétaires
COMMUNICATION POLITIQUE : OUSMANE SONKO : Le glissement sémantique
GESTION DES FINANCES PUBLIQUES : Sonko et son raisonnement troublant
SUR FOND DE DÉFIS ÉNERGÉTIQUES MAJEURS :Abdourahmane Diouf hérite d’un secteur stratégique
Campagne agricole
REFONDATION DU SYSTÈME ÉDUCATIF : Thiès ouvre le débat sur l’école sénégalaise de demain
ÉLIMINATION DES INÉGALITÉS ET AUTONOMISATION DES FEMMES ET DES FILLES : Le salut réside dans le budget
RARETÉ DU POISSON AU SÉNÉGAL : L'émigration clandestine, comme facteur aggravant
ÉLEVAGE AU SÉNÉGAL : Les ambitions du nouveau ministre Dr Cheikh Oumar Ba
MINISTÈRE DE LA FAMILLE, DE L’ACTION SOCIALE ET DES SOLIDARITÉS Marie Angélique Mame Selbé Diouf veut rompre avec “l’assistanat”
FINANCES PUBLIQUES - MARS 2026 : L’ANSD révèle des contreperformances fiscales
ÉCHÉANCE EUROBONDS : Dakar anticipe pour convaincre
ANSD
ASER-AEE POWER Le parquet financier relance le dossier des 37 milliards
RETARD DANS LA MISE EN PLACE DES INTRANTS AGRICOLES L'inquiétude des paysans
MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN : Abdourahmane Sarr transmet sa doctrine, Cheikh Diba prend les commandes
Convention