Publié le 23 Jan 2016 - 07:47
E.N.S ou FA.S.T.E.F

Disparition programmée d’une Ecole de Formation d’Enseignants

 

premier de former les enseignants devant enseigner aux niveaux moyen et secondaire de notre système éducatif. Sa deuxième fonction était de former aussi les futurs inspecteurs de l’enseignement élémentaire.

En somme, pour cette tâche particulièrement noble, car il ne venait, à l’époque de sa création, à l’idée de personne que notre système éducatif soit engagé directement ou indirectement dans un sens à en faire quelque chose de qualitativement secondaire. Bien au contraire, à diverses étapes, pour davantage consolider le niveau des apprenants devant y entrer et sortir plus tard elle a visé haut.

A coup sûr, c’est ceci qui a amené, autorités éducatives et académiques mais également universitaires à élever le niveau de recrutement des enseignants c’est-à-dire des formateurs tout comme celui des recrutés auxquels des diplômes plus élevés sont demandés pour pouvoir prétendre à s’inscrire comme candidats aux concours d’entrée. 

Je dis bien concours d’entrée et il me semble que tout le monde a compris cette exigence surtout si l’on a constaté logiquement que, chaque année, ce nombre de prétendants s’est fortement accru. Et ceci était en logique directe avec le fait que notre Université Cheikh Anta Diop (particulièrement) n’a cessé de voir les effectifs de ses étudiants s’accroitre, à la limite de manière illogique si l’on compare à ses capacités ou offre de place.

Cette Ucad, disons le nettement, a largement délivré conséquemment des diplômes dans un contexte socio (politico-économique)  où l’offre d’emplois était effectivement dérisoire. Bien sûr, la fonction de l’Ucad n’était pas de donner des emplois. Ceci revenait comme tâche, à nos gouvernants et aussi aux forces économiques. C’est dire, pour qu’on se comprenne, que massivement c’est vers l’Ecole Normale Supérieur que l’essentiel des diplômés  des facultés de Droit, d’Economie, de Sciences et de Lettres se tournait pour espérer un emploi.

Attention, je n’ai pas affirmé que cette E.N.S fût l’unique porte d’espoir. Même si, au fond, ma pensée n’était pas très loin de cela.

Bref, on comprend que l’idée de « travailler » dans le long terme à faire de l’Ecole Normale Supérieure autre chose aura été l’une des raisons fondamentales ayant conduit à transformer, progressivement, son statut.

Les hommes et les femmes ayant une attention réelle et effective pour la formation des enseignants de notre pays auront observé et compris, lorsqu’une faculté a été mise à la place d’une école de formation d’enseignants, l’objectif qui était ainsi assigné à la FASTEF (Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation).

Progressivement des étapes et des instruments auront été mis en place pour arriver à la situation présente qui fait que plusieurs mois après l’organisation de son concours d’entrée pour lequel les chiffres sont effarants et éloquents pour ne pas dire expressifs, on ne sait pas encore quel est le résultat global de ce concours d’entrée et nous sommes en presque fin Janvier 2016.

Pourquoi on ne connaît pas encore ces résultats ? La question mérite d’être posée avec force. En logique réelle, où se situe la part centrale de décision dans cette non proclamation des résultats du concours d’entrée ?

Je peux me tromper fortement mais mon affirmation est que la position du gouvernement actuel de ce pays est l’élément moteur dans cette situation car de tout temps c’est le ministère de l’Education Nationale qui décide et indique les quotas par discipline et ceci en fonction de ses préoccupations dans le système éducatif depuis que l’ENS a été créée il y a plus d’un demi siècle déjà.

On constate depuis ces dernières années que le résultat de ce concours se fait longuement attendre par les candidats mais aussi par les parents d’élèves soucieux du devenir de l’école sénégalaise. Surtout si la durée de la formation se raccourci par voie de conséquence.

Irresponsabilité ou calcul en relation étroite avec le Plan Sénégal Emergent en vigueur aujourd’hui?

En tout cas, la formation conséquente des enseignants est une exigence profonde et indispensable pour une école de qualité. Une école de qualité conduit de fait vers le développement réel. Rêve peut-il être plus noble pour un peuple ?

            Dakar ; le 20 Janvier 2016

                                                                                                Pr Cheikh Faty FAYE  

 

Section: 
Le Parti socialiste n’est pas à vendre
AGETIP : Qu’en est-il en termes de procédure ?
DISCOURS DU PR PAPA FARY SEYE : QUAND LA PAROLE ÉDUCATIVE DEVIENT UNE PENSÉE DE LA RÉPUBLIQUE Un discours pour penser l’excellence, l’école et la République
Comment mettre le savoir au service du pouvoir au Sénégal ?
LES FONDS SPÉCIAUX AU SÉNÉGAL : Une catégorie fantôme dans la République ?
MOBILISER LA DIASPORA SCIENTIFIQUE : De l’opportunité à la stratégie pour le Sénégal et l’Afrique
RECOMPOSITION POLITIQUE POST-ALTERNANCE : Le débat initié par le ministre Abdou Fall sur les mutations en cours du système partisan sénégalais, mérite désormais d'être regardé comme un véritable exercicPréparer une succession ou réinventer une espérance ?
LE GRAND MAGAL DE TOUBA : Un puissant levier de souveraineté économique pour le Sénégal
POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES AU SÉNÉGAL : Entre urgence climatique, gouvernance internationale et réalités locales
QUINQUENNAT OU SEPTENNAT : Ne créons pas un problème là où la Constitution a déjà tranché
ENJEUX DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DANS UN CONTEXTE DE SCISSION AU SEIN DE PASTEF-LES PATRIOTES : Wërwërloo beek wiiri wiiri bi, du ko teree jaari ndaari !
SONKO / DIOMAYE : La rupture définitivement consommée
SÉNÉGAL : Le grand théâtre de la fidélité sélective
KIIRAY, OU L’EXIGENCE DE REFAIRE LA RÉPUBLIQUE : Quand un parti politique choisit de placer la Nation au-dessus de lui-même
Touba à l’aune du territoire mouride
Pour Maguèye Kassé
Sa fitna et nous
HOMMAGE À IDRISSA FALL : Ce discret monument du journalisme africain et mondial
LUCIANO GENOVESIO : La peinture comme acte de souveraineté
*Où sont ceux qui disaient « France dégage ! » ?*