Publié le 31 Oct 2026 - 22:47
FEMMES DANS LES CONFLITS ARMÉS

Tuées dans les guerres, écartées des négociations

 

Au moins 25 femmes et filles sont tuées chaque jour dans les conflits armés, selon ONU Femmes. Alors que les violences sexuelles documentées augmentent, leur participation aux négociations de paix recule : elles ne représentaient que 5 % des négociateurs dans les processus examinés en 2025.

 

Une femme ou une fille tuée presque chaque heure dans les conflits armés. Ce bilan, établi par ONU Femmes, accompagne un autre constat : celles qui subissent les guerres restent largement exclues des discussions destinées à y mettre fin. Le rapport annuel du Secrétaire général des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité souligne cette double réalité, sur fond de hausse des dépenses militaires et de recul de l’aide internationale.

Sur plus de 37 000 civils tués en 2025, un sur quatre était une femme ou une fille, soit au moins 25 mortes par jour. Leur proportion parmi les victimes civiles a doublé en quatre ans, selon le rapport.

« Davantage de femmes et de filles sont prises au piège des guerres qu’à aucun autre moment depuis des décennies. Pourtant, les dépenses militaires continuent d’augmenter et l’aide au développement de diminuer », déplore Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes.

Environ 750 millions de femmes et de filles vivent désormais à moins de 50 kilomètres d’un conflit actif, soit 40 millions de plus qu’en 2024. Un niveau que le rapport présente comme sans précédent depuis 1990.

Les violences sexuelles documentées en forte hausse

Le danger ne se limite pas aux bombardements. Entre 2022 et 2025, le nombre de cas de violences sexuelles liées aux conflits vérifiés par les Nations unies a presque quadruplé. Ces données ne rendent toutefois compte que des violences documentées : les difficultés de signalement et d’enquête empêchent d’en mesurer toute l’ampleur.

Le rapport relève également les risques liés au recours croissant aux drones et aux armes à longue portée dans les zones peuplées. Les frappes sur les marchés, les écoles ou les hôpitaux exposent les civils. L’ONU s’inquiète aussi des conséquences possibles de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les technologies militaires.

À cette exposition aux violences s’ajoute la précarité. Quelque 170 millions de femmes et de filles vivent à la fois dans une zone de conflit et dans l’extrême pauvreté, avec moins de trois dollars par jour. Elles représentent près de 40 % de la population féminine confrontée à cette pauvreté dans le monde.

L’effondrement des services publics alourdit également leur quotidien. Dans les pays touchés par les conflits, les femmes consacrent cinq fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et aux soins non rémunérés. Cet écart est deux fois supérieur à la moyenne mondiale.

Seulement 5 % des négociateurs de paix

Malgré les conséquences qu’elles subissent, les femmes restent peu présentes dans les discussions politiques. En 2025, elles ne représentaient que 5 % des négociateurs dans les 57 processus de paix examinés, contre 7 % l’année précédente.

Ce recul intervient 26 ans après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui appelait à leur pleine participation à la prévention et au règlement des conflits. Les engagements des États peinent ainsi à se traduire dans la composition des délégations.

Le contraste se retrouve dans les financements. Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 900 milliards de dollars en 2025, tandis que la baisse de l’aide internationale fragilise les organisations présentes auprès des populations en guerre.

Selon ONU Femmes, 40 % des organisations féminines actives dans les contextes de crise prévoient de suspendre ou de cesser définitivement leurs activités au cours des douze prochains mois, faute de ressources suffisantes. Elles accueillent pourtant des personnes déplacées, accompagnent des survivantes de violences sexuelles et participent à l’apaisement des tensions entre communautés.

« Chaque jour, partout dans le monde, des femmes œuvrent pour mettre fin aux guerres et construire la paix », rappelle Sima Bahous. Soutenir leur travail constitue, selon elle, « l’un des meilleurs investissements que le monde puisse faire en faveur de la paix ».

CHEIKH THIAM

Section: 
CONSOMMATION DE DROGUE CHEZ LES ADOLESCENTS À THIÈS / Dalal Xel alerte et mise sur la prévention
ACCUEIL DES ENFANTS DES FAMILLES MILITAIRES : Les Armées veulent renforcer leurs crèches
CEP : FONCIER ET PATRIMOINE BÂTI DE L’ÉTAT : Les incohérences des dossiers fonciers au crible des députés
Sensibilisation aux cancers
SÉCURISATION DES JOJ DAKAR 2026 : Le ministre de l’Intérieur appelle les forces de sécurité à une vigilance sans faille
Justice à Louga
VISITE AU SÉNÉGAL ANNULÉE La crise en Pologne contraint Nawrocki à faire demi-tour
SANTÉ - NÉGOCIATIONS, RÉQUISITIONS ET LIBERTÉS SYNDICALES : Le Sames durcit le ton contre sa tutelle
DEKHEULE : Babacar Diop appelle à faire de Lat-Dior un modèle de patriotisme pour la jeunesse sénégalaise
SAINT-LOUIS : FACE À LA FORTE PRÉVALENCE DE L’AVC : Acteurs sanitaires et communautaires tirent la sonnette d’alarme
MATAM : Les populations s’arrachent les postes de l’Université
SÉNÉGALAIS DÉTENUS À L’ÉTRANGER : HSF réclame une cellule nationale d’assistance
ÉTATS-UNIS : Le Sénégalais Modou Ngom condamné à 22 ans et demi de prison
PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ MENTALE : Trois nouveaux hôpitaux seront construits
Don de sang et octobre rose
Urgences locales - Rufisque Nord
Migration irrégulière
JUSTICE — APPLICATION DU PROTOCOLE D’ACCORD DU 7 AOÛT 2025 : Le Sytjust dépose un préavis de grève
SEMINAIRE DE FORMATION DE L’ASES : Journalistes et imams explorent l'espace
JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE DAKAR 2026 : Makhtar Cissé veut sécuriser les Jeux sans dégarnir le quotidien