Publié le 25 Jul 2012 - 18:18
FLOP DE L'EMPRUNT OBLIGATAIRE DU 12 JUILLET

Quand le ministère des Finances confirme EnQuête

 

En essayant de se dédouaner sur ses manquements qui ont conduit à l'échec de l’emprunt obligataire de 25 milliards de francs Cfa pour lequel le Trésor s’est finalement retrouvé avec 6,25 milliards de francs Cfa, les Finances ont enfoncé déjà une porte ouverte par...EnQuête.

 

Dans son édition du lundi dernier, EnQuête expliquait les raisons qui avaient conduit à l’échec de l’emprunt obligataire de 25 milliards de francs Cfa pour lequel le Trésor s’est finalement retrouvé avec 6,25 milliards de francs Cfa. Voulant clore le débat sur l'affaire, le ministère de l’Economie et des Finances a sorti une ‘’Note sur l’émission d’obligations du Trésor du 12 juillet 2012’’. Une note qui confirme EnQuête.

 

En effet, les Finances reconnaissent que ‘’cette émission ne figure pas dans le calendrier initial d’émission pour l’année 2012 transmis aux investisseurs’’. D’après Amadou Kane et ses services, ‘’il s’agit d’une opération de rattrapage des moins-values cumulées de 57,819 milliards de F Cfa enregistrées au cours du premier trimestre 2012’’ (Ndlr, sous Wade). Ce qui leur fait dire que ‘’malgré tout, en dépit du faible volume d’offres retenues, elle a contribué à résorber partiellement le gap qui se situe actuellement à 42,973 milliards’’. Nous écrivions que la pratique préalable au lancement des offres étaient de faire un tour de table pour s'assurer de la bonne volonté et du niveau d'engagement des investisseurs, notamment des banques de la place. C'était une précaution à prendre même si ‘’cette émission ne figure pas dans le calendrier initial d’émission pour l’année 2012 transmis aux investisseurs’’.

 

Revenant sur les péripéties de cette opération, la note rappelle que le Trésor sénégalais a émis, le 12 juillet 2012, un emprunt obligataire de 25 milliards pour une maturité de trois (3) ans par voie d’adjudication. EnQuête relevait que la longueur de l'échéance de paiement, au lieu de 2 ans comme l'étalait l'ancien régime, est interprétée par des investisseurs comme un signe de manque de confiance en soi pouvant provoquer leur méfiance voire défiance.

 

En outre, la note rappelle que ''le taux d’intérêt nominal servi était de 6,25% pour l'emprunt du 12 juillet. Les offres enregistrées se sont montées à un cumul de 16,752 milliards ; soit un taux de couverture de 67,01%. Le montant des offres retenues est de 6,252 milliards ; soit un taux d’absorption de 37,32%''. D’après toujours le document, le rejet des 3/4 des offres ‘’procède d’une option délibérée des nouvelles autorités du Ministère de l’Économie et des Finances d’imprimer une nouvelle orientation à la politique d’endettement public.

 

Il s’agit, en particulier, de réduire les coûts et d’allonger la maturité des titres pour une plus grande soutenabilité de la dette afin de réduire les risques de défaut et dégager des ressources à consacrer aux investissements structurants’’. ''Réduire les risques de défaut ?'' Y en aurait-il donc ? Et, paradoxalement, à propos de la maturité des titres, les argentiers de l'État ont ramené l'échéance à un an (364 jours) dans la dernière cession de bons de Trésor de 25 milliards émise le 19 juillet. A ce niveau, il semble que le souci pour ''une plus grande soutenabilité'' ne serait plus de mise !

 

De plus, pour le ministère des Finances, du fait du ‘’cadrage macro-économique et du besoin de financement global qui en découle’’, il a été décidé ‘’de rejeter des offres d’un montant cumulé de plus de dix (10) milliards que parce que le Trésor dispose encore de marges en termes de trésorerie’’. Au point de lancer, en moins d'une semaine, un nouvel emprunt pour rechercher le même montant que lors de la précédente opération ! Très rassurant.

 

 

Bachir FOFANA

 

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