Publié le 21 Nov 2017 - 17:40
LE PR. IBA DER THIAM SUR LES TRACES DES PEUPLES DE L’AFRIQUE ANCESTRALE

‘’Les populations de cette époque-là n’étaient pas aussi sauvages qu’on le dit’’

 

Le siège du projet ‘’Histoire générale du Sénégal : des origines à nos jours’’, a reçu, hier, la conférence de présentation des recherches des Pr. Hamady Bocoup et Luc Laporte. ‘’Nouvelles recherches archéologiques sur les mégalithes de Sénégambie’’ était le thème de cette rencontre au cours de laquelle le Pr. Iba Der Thiam a donné son avis sur les peuples de l’Afrique ancestrale.

 

Le coordonnateur général du Comité de pilotage du projet ‘’Histoire générale du Sénégal : des origines à nos jours’’, réfute une certaine conception occidentale hégélienne de la civilisation qui barbarise la pensée africaine ancestrale. Le Pr. Iba Der Thiam réagissait à la conférence de présentation de travaux scientifiques codirigés, depuis 2008, par les chercheurs français et sénégalais Luc Laporte et Hamady Bocoum sur le site de Wanar, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Au regard de la robustesse et de la résistance des vestiges, l’historien affirme que ‘’la civilisation africaine est ancienne.

Car, si les populations ont eu à connaitre des progrès qui leur ont permis d’identifier ces matériaux, on peut les organiser pour être transmis aux générations futures. Cela veut dire que nous sommes dans un continent qui se réclame d’une civilisation extrêmement ancienne. Une contribution majeure au patrimoine de l’universalité et qui fait que nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre passé et de nos ancêtres’’.

Poursuivant, le Pr. Iba Der Thiam soutient que ‘’ce peuple a été capable, à des périodes lointaines, d’identifier les matériaux, les regrouper, les faire tenir droit, les pencher dans un sens ou dans un autre. Tout cela (me) paraît révélateur de l’intelligence et de la capacité de création et d’innovation, une connaissance de l’univers qui dépasse, de loin, la vision que nous avons de l’Afrique ancienne. C’est une dimension que certains spécialistes devraient approfondir pour savoir ce que cela nous renseigne sur notre passé et l’état de la pensée des populations de cette époque-là qui n’étaient pas aussi sauvages qu’on le dit. Parce qu’elles avaient conçu des choses qui nous amènent à nous poser beaucoup de questions aujourd’hui’’.

Revenant sur les éléments archéologiques présentés par M. Laporte, le Pr. Iba Der Thiam pense que les chercheurs ont encore suffisamment de matières pour donner une signification à tous ces éléments et des interprétations cohérentes et intelligibles qui puissent être enseignées à nos enfants.

De son côté, le chercheur Hamady Bocoum est revenu sur les résultats de cette recherche. ‘’On a présenté le résultat de recherches sur les mégalithes, depuis plus de 15 ans. Il y a eu un renouvellement de connaissances qui a permis d’affiner les méthodes de travail et de faire des observations que l’on ne pouvait faire, il y a de cela 50 ans. La plupart de ces mégalithes sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ceux qui avaient construit ces mégalithes avaient une spiritualité extrêmement puissante et des croyances très fortes’’, commente l’historien.

Par ailleurs, M. Bocoum, responsable du tome 1 du projet ‘’Histoire générale du Sénégal,’’ qui traite des origines jusqu’au Xe siècle, rassure quant à l’avancement du projet. ‘’C’est un travail qui se déroule très bien et se passe bien dans toutes les commissions, et je pense que les premiers volumes vont sortir des différentes équipes, en début 2018. Sur les sources, il y a énormément de manuscrits jalousement conservés. On espère pouvoir exploiter ce potentiel’’.

Outre la question des sources, l’autre complexité dans ce projet, souligne le Pr. Iba Der Thiam, c’est l’immensité du champ d’action du chercheur et l’interpénétration des vécus des populations de la sous-région : ‘’Nous sommes face à une problématique qui touche aussi bien le Sénégal, la Gambie, la Guinée et le Mali, et qui couvre la part du recensement. C’est un espace de 30 000 km2 dans lequel se trouvent des vestiges qui ont résisté au temps, qui représentent un certain poids, composés de matériaux d’une certaine espèce qu’on a construits, structurés et présentés d’une certaine façon, dans un sens bien déterminé et qui peut renvoyer un symbolisme dont le mystère n’a pas été complètement percé, malgré tous les efforts qui ont été entrepris par les différents  chercheurs’’, a fait remarquer le coordonnateur du Comité de pilotage du projet ‘’Histoire générale du Sénégal : des origines à nos jours’’.   

MAMADOU YAYA BALDE

 

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