Publié le 7 Aug 2023 - 12:23

Lettre ouverte à Ousmane Sonko

 
Le privilège de l’âge et le respect que tu me portes m’inclinent à t’envoyer cette lettre ouverte que le peuple sénégalais pourrait t’adresser afin que tu reviennes à l’usage des méthodes classiques dans ton combat politique. Je te demande de mettre fin à la grève de la faim que tu as initiée pour dénoncer, à ta manière, l’injustice et ce que tu considères comme le fait du prince.
 
En une décennie, mon cher Ousmane, tu as emprunté le chemin difficile, persuadé que difficile est le chemin, comme disait un fils illustre du Sénégal, Abdou Diouf, qui a présidé à nos destinées pendant deux décennies. Rien ne t’a été donné et tu as tout obtenu au prix fort. Tout a été combat dans l’arène politique que tu as choisie comme dans un appel qui dépasse ta propre personne. Tu es devenu une icône de la lutte pour un monde meilleur, pour nos compatriotes et tu es considéré comme un exemple pour cette génération ainsi qu’un modèle pour celles qui montent.
 
Mon cher Ousmane
 
Tu es un symbole accompli de nos vertus cardinales sénégalaises d’abnégation, d’honnêteté, d’intégrité et de dignité connues sous le vocable JOM en Ouolof. Elles refusent tout abaissement moral et toute compromission. Elles signifient courage et fidélité à soi. Elles ont inspiré la détermination d’illustres devanciers issus du monde politique, religieux ou coutumier dans leur combat pour l’indépendance du Sénégal. Ils ont eu à subir les humiliations, les injustices et autres exactions du pouvoir de leur époque, sans fléchir ni renoncer à leur raison de vivre et d’espérer. Pense à Nelson Mandela dont tu me rappelles le courage et la détermination.
 
Ces mêmes valeurs nourrissent ta détermination et devraient te conduire à préserver une vie que tu as désormais confiée et même offerte au peuple sénégalais. Donc elle ne t’appartient plus et tous ceux qui ont foi en l’avenir de ce pays te conjurent de mettre fin à la grève de la faim que tu as initiée pour protester contre ce que tu considères comme l’exemple achevé de l’arbitraire, de l’injustice et du fait du prince.
 
Mon cher Ousmane
 
Ton combat est partagé par une jeunesse vibrante qui a montré à chaque instant son adhésion totale à ta personne mais surtout aux idéaux que tu as su incarner avec une constance qui n’a jamais vacillé. Elle a besoin de toi et ne comprendrait pas que tu baisses les bras au moment où les fruits de plus de dix ans de combat sont visibles à l’horizon.
 
En quelques années seulement, ton nom et tes hauts faits commencent à entrer dans l’histoire de notre pays et tu ne saurais arrêter le cours de cette histoire car des milliers et des milliers de jeunes te regardent et rêvent de marcher sur tes sillons.
Hier j’ai écouté le message que sa sainteté le pape François, a adressé à la jeunesse du monde j’en ai apprécié la pertinence ou plutôt les pertinences.
 
Or donc, malgré le poids de l’âge et de la maladie voici ce que ce grand sage parmi les sages vous dit : vous pouvez avoir des défauts, être anxieux et même être en colère, mais n’oublier pas que votre vie est la plus grande entreprise du monde.
 
Encore une fois, tu n’es plus à toi et tu pourras mieux servir le peuple et ceux qui croient en toi en pleine possession de tous tes moyens physiques et psychologiques. Pour eux et pour le peuple sénégalais, je te conjure d’arrêter cette grève de la faim et d’utiliser les armes politiques et les moyens légaux appropriés pour matérialiser tes objectifs. Ces moyens existent et ils sont à ta portée. C’est une preuve de courage, de générosité et donc de leadership.
 
Au demeurant, la sourate 2 : verset 195 du Coran
« Et dépensez dans le sentier d’Allah. Et nous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. Et faites le bien. Car Allah aime bienfaisants ».
J’ai été rendre visite à tes deux épouses, elles vont te préparer un Caldou de mouton. Te connaissant tu vas tout vouloir partager avec d’autres codétenus, mais Nii leen nagnou am touti xel – gnou baïla nga lek bu baax
 
Tonton Pierre Atépa Goudiaby
Section: 
FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL (FSF) : La caste inamovible qui asphyxie les Lions doit tomber
Quand le rapport Forvis Mazars révèle un risque systémique... et ouvre paradoxalement un nouvel espoir institutionnel
OUSMANE TANOR DIENG : L’héritage d’une rigueur, l’appel d’une responsabilité
Le Sénégal a besoin d’une gouvernance, pas d’un vainqueur
L’ILLUSION DÉMOCRATIQUE À L’ÉPREUVE DU RÉEL Le Sénégal ou le piège de la politique-spectacle
L’emploi ne nait pas par hasard
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : La formule clé d’une opérationnalisation immédiate des pôles territoires
LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES RENIEMENTS : Le Palais, nouvel épicentre de la transhumance
À propos des démissions des directeurs généraux
L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Vers une refonte du cadre territorial ?
Le défi africain du temps long
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle
ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD : CAPITAL HUMAIN ET PLANS TACTIQUES Temps long vs posture tactique dans le Sénégal contemporain
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal