Publié le 22 Jan 2014 - 17:52
LIBRE PAROLE

Les lundis de Justin Ndiaye, laser ou légèreté ? 

 

Qu’est-ce qui est donc arrivé ce week end à Justin ? La question mérite d’être posée, tant notre politiste nous avait habitués à plus de rigueur dans l’analyse. Ce lundi 20 janvier, en lieu et place d’un laser qui implique, lumière et clarté, Babacar Justin Ndiaye est allé piocher, avec une inqualifiable légèreté, dans les profondeurs obscures de l’amalgame et de la confusion. Pour juste nous effrayer et mettre en évidence ce qu’il qualifie de brouille entre Macky et IBK  à propos de  la présence de ATT au Sénégal.

Parlant d’une « petite phrase de Macky Sall sur le plateau de TV5 Monde » qui aurait  « provoqué, à cet égard, un vent frisquet sur les relations déjà tièdes » entre le Mali et le Sénégal, Justin, comme pour éviter d’être juste, ne prend pas la peine d’appliquer une règle élémentaire pour tout analyste qui voudrait analyser les propos d’une personne : aller à la source. En lieu et place d’une transcription de l’ITV accordée par le Chef de l’Etat Macky Sall à TV5, Justin préfère citer l’interprétation directe qu’en aurait faite un site d’informations malien.

Or, cette interprétation est loin de recouper fidèlement les propos du Président sénégalais. Comment Justin, qui dans son propre texte semble douter de la restitution fidèle des propos de Macky Sall , peut-il alors se permettre de bâtir son argumentation autour de cette citation pourtant tronquée ? Si ce n’est pas de la légèreté, Dieu ! Que ça lui ressemble !

La légèreté dont fait montre Justin est si profonde qu’elle ne se limite pas seulement au fond.  Même dans la forme, avec Justin, c’est fort de café.  En effet, voulant évoquer une dégradation ascendante des relations entre Macky et IBK, la légèreté de Justin l’entraine à considérer que la discorde est moins grave que la mésentente. Or, une mésentente parait constituer une étape moins critique que la discorde.

Autre élément de légèreté et non des moindres, Justin attribue l’interprétation des propos de Macky Sall au site d’informations malien malijet.com. Or, sur le site malijet.co et non, autre légèreté, malijet.com, l’article de Justin qui y est repris a fait l’objet d’une correction. On y lit plutôt l’adresse d’un autre site d’informations : bamada.net.

Chez un analyste, quand la forme s’affaisse, le fond perd son sens. Car, ici, Hissène Habré a été « encagé » par la justice suite à une plainte de gens qui se disent avoir été victimes de pratiques quand il était Chef de l’état du Tchad.

Cette plainte a suivi une longue procédure dans l’espace et dans le temps avant d‘aboutir  au placement de l’ex dictateur tchadien sous mandat de dépôt. Quels sont l’opinion et le sentiment de Macky Sall sur le  sort actuel de Hissène Habré ? Justin serait trop fort s’il se hasardait à vouloir y répondre. Le président sénégalais n’ayant jamais eu l’occasion de se confier à l’opinion. 

Sur l’affaire ATT en revanche, le Président Sall a eu une occasion de partager son opinion et il l’a fait. Ce qui n’a aucun rapport avec le devoir de justice. Encore faudrait-il que cette justice soit mise en devoir de s’exprimer.

A notre connaissance et à la connaissance de l’opinion, à ce jour, aucune plainte de quiconque visant ATT n’a été transmise à la justice pour déclencher des poursuites contre l’ex-président malien.  Par conséquent, reprocher à Macky de pas l’ « encager » c’est l’accuser du crime de respect du droit, dans  ses principes, dans ses procédures  et dans son contenu.

Abdourahmane Diallo commission Suivi-évaluation COJER 

 

Section: 
LA RUE COMME MUSÉE : Pour une esthétique populaire de la ville africaine
Hommage à Mame Less Camara (3 ans déjà....)
YAKAAR-TERANGA : Les véritables pertes de l’État du Sénégal et les conséquences dévastatrices
YAKAAR-TERANGA : Les deux raisons du départ de kosmos
MÉMOIRE - TROIS ANS DÉJÀ : Malick Ndiaye, le veilleur de l’éthique Ceddo
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité