Publié le 4 Feb 2016 - 01:35
LUTTE CONTRE LA MENACE TERRORISTE

Paris et Sénégal unissent leurs forces

 

Le Sénégal et la France font front commun dans la lutte contre le terrorisme. Les deux pays ont réaffirmé hier leur volonté de poursuivre ensemble la lutte contre la montée en puissance des groupes terroristes.  

 

Quelle réponse sécuritaire appropriée faut-il apporter à la menace djihadiste ? C’est la question à laquelle tentent de répondre, depuis trois ans, le Sénégal et la France, à travers un ‘’Plan d’action contre le terrorisme (PACT)’’. Le Comité de pilotage de ce projet a tenu hier, dans les locaux du ministère de l’Intérieur, sa quatrième réunion du genre. L’objectif est de réfléchir ensemble pour trouver une formule commune ‘’de prévention’’ et ‘’d’anticipation’’.

Renforcer le dispositif sécuritaire

‘’Il nous incombe principalement de renforcer nos capacités nationales respectives en vue de pouvoir assumer pleinement notre sécurité. Nous devons aussi nous atteler, avec l’assistance des partenaires, à son opérationnalisation effective pour faire face au terrorisme et à la criminalité transfrontalière’’, a déclaré le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Abdoulaye Daouda Diallo a salué le soutien de la France. Selon lui, les deux Etats s’engagent dans une approche préventive qui ‘’anticipe sur les menaces à la paix et à la sécurité’’.

Toutefois, il pense que des efforts supplémentaires doivent être consentis face à la subsistance et à la persistance des défis actuels. D’où la nécessité, pour lui, de réfléchir sur la meilleure manière de ‘’consolider’’ et de ‘’renforcer’’ les acquis, notamment en corrigeant les lacunes et en renforçant les capacités des services régaliens de l’Etat. ‘’Le projet PACT répond donc parfaitement à la nécessité de renforcer la coopération sécuritaire et l’opérationnalisation de l’architecture sénégalaise de paix et de sécurité pour éradiquer le terrorisme et la criminalité transfrontalière’’, a ajouté le ministre.

Selon Abdoulaye Daouda Diallo, les nébuleuses profitent de la porosité des frontières, la faiblesse des institutions, le déficit démocratique, le chômage des jeunes, etc. pour étendre leurs réseaux et perpétrer des attaques. ‘’Les groupes terroristes et criminels tirent généralement partie de ces failles pour recruter et prospérer’’, a-t-il indiqué. Et le ministre d’ajouter : ‘’Nous devons donc continuer à lutter contre les causes profondes d’instabilité par la promotion de l’Etat de droit, l’éducation, la formation et l’emploi des jeunes, pour leur donner des raisons d’espérer et les prémunir contre les chantres de l’obscurantisme qui mènent à la violence’’.

Une menace transnationale 

Dans le même ordre d’idées, l’ambassadeur de France Jean Felix-Paganon justifie l’engagement de son pays aux côtés du Sénégal par un sentiment de solidarité traditionnelle liant les deux Etats. ‘’La sécurité du Sénégal en matière du terrorisme et celle de la France sont indissociablement liées. La menace terroriste peut frapper la France au Sénégal. Elle peut aussi frapper le Sénégal en France’’, a-t-il rappelé.

Ainsi, pour mieux lutter contre les groupes djihadistes, M. Félix-Paganon plaide pour une coopération régionale et internationale. Mais, avertit-il, celle-ci ne doit pas être considérée comme un substitut à l’action nationale. Il a aussi salué la stratégie de lutte terroriste amorcée par gouvernement sénégalais. ‘’Nous sommes très administratifs de la lucidité des autorités sénégalaise. Le pays n’a jamais été frappé par des actes de terrorisme. Il pourrait se sentir à l’abri. Mais les autorités, au plus haut niveau, ont pris conscience de la menace et du risque terroriste’’, a-t-il apprécié.

De son côté l’attaché de sécurité à l’ambassade de France, Jean-Luc Gonzales, souligne que le Sénégal est une cible potentielle pour les terroristes, du fait notamment de la forte présence des communautés expatriées occidentales. D’après lui, le PACT ambitionne de renforcer les capacités des services de police et de gendarmerie du Sénégal impliqués dans la lutte contre cette menace. Mais aussi, poursuit-il, les capacités des magistrats chargés d’instruire et de juger les affaires judiciaires à caractère terroriste. ‘’Avant de construire une architecture de sécurité régionale forte, il faut des fondements solides. Il ne pourra y avoir d’organisation régionale africaine de sécurité forte sans au préalable des dispositifs des pays solides’’, a soutenu le commissaire divisionnaire français.

Le ‘’Plan d’action contre le terrorisme’’ découle de la coopération bilatérale de sécurité et de gouvernance signée le 15 novembre 2013 entre le Sénégal et la France. Ce projet d’une valeur d’environ 460 millions de francs CFA a été financé par le Fonds de solidarité prioritaire du ministère français des Affaires étrangères. 

MAMADOU DIALLO

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