Publié le 5 Sep 2014 - 01:27
MALNUTRITION 22%, PAUVRETE RURALE 57%

L’agriculture sénégalaise mal en point 

 

L’agriculture africaine est mal en point, celle du Sénégal n’y échappe pas. Dans un document d’information publié par OXFAM, un état des lieux a été fait avec des recommandations pour une agriculture en marche. 

 

Dans un document d’information publié par OXFAM daté du 1er septembre 2014, un état des lieux de l’agriculture en Afrique révèle un taux de malnutrition de 22% au Sénégal et une pauvreté rurale de 57%. Ce même tableau révèle que l’agriculture n’emploie que 34% au moment où les dépenses dans le secteur sont estimées à 14% du budget national. L’efficacité de la gouvernance de l’agriculture est de 0,45 alors que la note minimale est de -2,5 et celle maximale +2,5. Les inégalités sont estimées à 40. Il faut noter que 0 est l’inégalité parfaite et 100 l’inégalité totale. Le rapport fait remarquer que suite  à des décennies de sous-investissement dans l'agriculture, les États africains cherchent des moyens pertinents de mobiliser des financements pour le secteur.

 De leur côté, les bailleurs de fonds souhaitent inverser la tendance et soutenir les initiatives susceptibles à la fois d'accroître la productivité, d'améliorer les moyens de subsistance et d'augmenter l'investissement du secteur privé. Dans le même temps, les investisseurs privés sont à l'affût de nouvelles opportunités de production et de marchés en Afrique. Les Partenariats public-privé (PPP) de très grande ampleur se sont donc multipliés sur tout le continent africain, avec des méga-PPP agricoles soutenus par des bailleurs de fonds et les États concernés, et impliquant généralement de grands investisseurs internationaux.

 OXFAM recommande pour plus de pertinence dans les démarches que les États et les bailleurs de fonds revitalisent l'investissement public dans l'agriculture africaine, en ciblant les besoins des producteurs familiaux et des femmes. C’est là une ‘’politique éprouvée pour atteindre les objectifs de lutte contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire grâce à l'agriculture, avec des risques moins élevés que ceux engendrés par les modèles d'investissement des méga-PPP’’, lit-on dans le rapport.

Aussi, les États et les bailleurs de fonds doivent s'assurer que les législations et politiques en vigueur protègent les droits fonciers des communautés locales en amont du lancement de tout programme d'investissement à grande échelle, qu'il s'agisse de modèles méga-PPP ou autres. Le rapport explique que  ‘’de telles politiques peuvent aussi encourager les petits producteurs à investir eux-mêmes dans des activités agricoles et à tendre vers les objectifs de sécurité alimentaire’’.

Il a été également demandé que les États et les bailleurs de fonds cherchent à libérer le potentiel des marchés locaux et régionaux, et les PME locales doivent œuvrer en faveur de l'agriculture africaine. Par ailleurs, les États, les bailleurs de fonds et les entreprises doivent veiller à ce que leurs investissements agricoles renforcent la résilience climatique et environnementale des communautés locales plutôt que de la détériorer, recommande OXFAM.

AMADOU NDIAYE

 

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