Cinq inculpés dans l’enquête

L’enquête ouverte sur les événements politico-judiciaires survenus entre 2021 et 2024 connaît une nouvelle étape. Dans un communiqué publié hier, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar fait état des premiers résultats des investigations et annonce l’inculpation de cinq personnes dans deux dossiers.
L’enquête porte sur des faits qui, au regard de leur ampleur et de leur caractère systématique, sont susceptibles, selon le parquet, de recevoir la qualification de crimes contre l’humanité.
Les investigations, menées entre octobre 2025 et septembre 2026 sur la base des documents disponibles, ont permis de dénombrer provisoirement 76 personnes décédées, dont 41 dans la région de Dakar. Le parquet fait également état de plus de 200 autres victimes présumées d’actes de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.
Les enquêteurs ont, par ailleurs, auditionné 166 personnes constituées victimes et témoins. L’exploitation des actes médicaux a fait apparaître, selon le communiqué, des indices d’assassinats, de meurtres, de persécutions, de tortures ou d’autres traitements inhumains, cruels ou dégradants, « susceptibles de revêtir la qualification de crimes contre l’humanité ».
Les investigations ont conduit à l’arrestation de quatre personnes présumées avoir participé à des actes de torture sur la personne de Pape Abdoulaye Touré.
Une cinquième personne a été interpellée dans le cadre de l’enquête sur le décès de Mamadou Ndoye à Bargny. Selon le parquet, ce dernier aurait été volontairement heurté à mort par un véhicule de la Police.
Le 23 septembre 2026, les cinq personnes ont été inculpées par les juges d’instruction co-saisis pour crimes contre l’humanité, tortures et meurtre.
Deux d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt. Les trois autres ont été placées sous contrôle judiciaire ou assignées à résidence avec surveillance électronique.
Le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des inculpés avait été requis par le procureur de la République. Le 28 septembre, ce dernier a fait appel de l’ordonnance ayant retenu des mesures différentes pour certains des mis en cause.
Les magistrats instructeurs saisis ont, de leur côté, été invités à poursuivre les actes d’instruction nécessaires à la manifestation de la vérité. Ils devront notamment établir les délégations judiciaires, procéder aux demandes de concours et réquisitions et accomplir les autres diligences utiles à l’enquête.
Le parquet annonce par ailleurs l’ouverture de nouvelles procédures judiciaires devant les juridictions compétentes, en fonction des éléments qui ressortiront de l’enquête et de l’instruction.
À ce stade, les chiffres communiqués par le parquet restent présentés comme provisoires et les personnes inculpées bénéficient de la présomption d’innocence. L’instruction devra notamment permettre de déterminer les responsabilités individuelles dans les différents faits examinés.






