Publié le 19 Apr 2022 - 21:24
NON-ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER ET AUTRES FAUTES MEDICALES

Legs-Africa demande au procureur de la République de s'autosaisir

 

Face aux défis de prise en charge des malades dans les structures de santé, Legs-Africa a fait une déclaration sur la gouvernance sanitaire au Sénégal. Elle demande notamment au procureur de la République de s'autosaisir des cas de non-assistance à personne en danger et autres fautes médicales.

 

Le décès de Mme Sokhna Astou à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga, met à nue les ‘’défaillances criardes et chroniques’’ de prise en charge dans les structures de santé au Sénégal, ainsi que l’urgente problématique de la gouvernance sanitaire. À cet effet, et suite aux nombreuses pertes en vie humaine, Legs-Africa dénonce toutes les dérives observées dans la prise en charge, le traitement des malades et de leurs accompagnants dans les établissements publics de santé. Ainsi, cette organisation panafricaine appelle les citoyens victimes de pratiques ‘’inhumaines’’ et ‘’irresponsables’’ à saisir systématiquement les juridictions compétentes, pour que ‘’lumière soit faite sur l’incurie de certains agents des services de santé et dissuader définitivement ce genre de pratiques criminelles’’.

De plus, Legs-Africa rappelle à l’ensemble des acteurs du secteur de la santé l’observation stricte des dispositions de la Charte du malade, des principes universels et fondamentaux de droits liés aux soins et des standards de l’OMS dans la gestion de tout le système de santé publique.

Aux autorités compétentes, elle demande notamment au procureur de la République de s'autosaisir des cas de non-assistance à personne en danger et autres fautes médicales constatées et publiquement dénoncées par des victimes. En outre, Legs-Africa ‘’exhorte le président de la République à prendre des mesures immédiates pour rassurer les citoyens sur sa volonté de mettre fin à ces graves dérives et à prendre des sanctions politiques et administratives conséquentes à l’encontre des autorités actuellement en charge du secteur de la santé’’.

En effet, selon ce think tank, ‘’la constance des cas relevant du mauvais accueil, de la négligence, de non-assistance et de prise en charge des malades ainsi que la récurrence des accidents, des erreurs et fautes médicales graves, des défaillances structurelles, etc., ont fini de créer une perception négative et une perte de confiance de la population sénégalaise à l’égard des structures et du personnel de santé’’.

L’urgence d’une réforme du système de santé

D’ailleurs, Legs-Africa estime que ‘’le niveau central, non plus, n’est pas épargné par ces mœurs avec la prolifération d’universités privées et d’écoles de formation en santé, l’absence de contrôle qualité et de sanctions’’.  Elle note aussi qu’’’on assiste également à la privatisation effective des services publics gangrénés par différentes pratiques déviantes et corruptogènes dans les hôpitaux, centres et postes de santé. Une situation qui entraine un dévoiement de la gouvernance du secteur, notamment par le recrutement de personnes sans compétences, ni références’’.

Legs-Africa invite également Macky Sall à convoquer un Conseil présidentiel sur la gouvernance sanitaire et la protection sociale au Sénégal. En effet, elle interpelle l’État du Sénégal, dans une note reçue, hier, à ‘’EnQuête’’, sur ‘’l’urgence d'une  réforme juridique et  structurelle du système de santé à travers une synergie d’actions, en procédant à un diagnostic exhaustif et objectif du secteur, en vue de définir, classer par ordre de priorité, planifier et mettre en œuvre l’ensemble des stratégies et mesures collectivement adoptées, dans une approche inclusive et multi-acteurs’’.

Le think tank relève que le Sénégal, qui a formé et continue de former les meilleurs médecins africains, n’a pas encore mis à profit ce leadership académique et ses acquis historiques en matière d’organisation de système de santé. ‘’Les défis majeurs de la gouvernance du secteur de la santé sont aujourd’hui clairement identifiés, à plusieurs niveaux, et nous devons, ensemble, y faire face résolument pour mettre fin au processus de dégradation continue du service public de santé et ses conséquences dramatiques sur l’intégrité physique et la vie des populations, surtout les catégories les plus vulnérables’’, enjoint Legs-Africa.

BABACAR SY SEYE

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