Publié le 26 Apr 2016 - 18:32
OBLIGATION MUNICIPALE EN AFRIQUE

Les collectivités locales s’orientent vers le marché financier 

 

Des autorités locales africaines sont en réflexion depuis hier, à Dakar, sur la question de l’obligation municipale, dans le cadre d’un Forum. Ainsi, pour améliorer la gouvernance urbaine en Afrique, les participants misent sur des nouvelles formes de financements des villes.

 

Le financement du développement urbain demeure un défi majeur pour les collectivités locales africaines, confrontées à la faiblesse des ressources fiscales et aux contraintes des emprunts bancaires. Pour pallier ce problème, les villes africaines veulent se tourner vers le marché financier. L’idée a été émise hier à Dakar, lors de l’ouverture du Forum de l’obligation municipale en Afrique, par les autorités locales des pays participants. Organisé par Markets of Africa, en partenariat avec la ville de Dakar, cette rencontre réunie, en plus des élus africains, des investisseurs, des agences de notations, des juristes, des législateurs, etc. pour essayer de trouver des mécanismes et stratégies appropriés afin de permettre aux villes africaines d’accéder au marché financier.  

Pour le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, ce cadre de réflexion vient à son heure.  A ses yeux, le marché financier se présente comme une opportunité qu’il faut transformer en un puissant levier de financement du développement des collectivités locales africaines. ‘’Les collectivités locales ont besoin de financements nouveaux pour pouvoir prendre en charge les activités et les besoins que les populations éprouvent’’, a fait savoir le maire. Pour ce faire, il pense que l’emprunt obligataire est une voie révolutionnaire pouvant permettre aux villes africaines de se développer. A l’en croire, c’est dans ce cadre que la ville de Dakar a été choisie comme exemple pour ouvrir les portes aux autres collectivités locales, à partir de son expérience tirée des emprunts obligataires.  

Pour gagner la confiance des financiers, l’édile de la ville de Dakar invite ses collègues à être plus rigoureux dans la gestion des collectivités. Condition préalable, à son avis, pour espérer bénéficier d’un financement de projet. ‘’Nous devons être des institutions crédibles. Les collectivités émettrices doivent présenter des conditions de garanties sûres’’, a déclaré Khalifa Sall. Et le maire de poursuivre : ‘’Dans certains pays, les collectivités locales ne peuvent rien faire sans la garantie ou l’accompagnement de leurs Etats. Dans d’autres, comme le Sénégal et l’Afrique du Sud, les collectivités locales sont libres de faire leur projet’’.

‘’Encadrement des opérations d’emprunts’’

Au Sénégal, les collectivités locales peuvent, d’après Khalifa Sall, faire un emprunt sans la garantie de l’Etat. ‘’La réglementation de l’UEMOA exige de la collectivité locale que l’Etat émette un avis de non-objection. Mais elle n’a pas besoin de la garantie de l’Etat. Les situations sont différentes, selon les pays’’, a-t-il fait remarquer.

Cependant, en tant que démembrement de l’Etat, le maire socialiste soutient que le pouvoir central est obligé de soutenir les collectivités locales. A sa suite, son collègue de Guédiawaye a plaidé de son côté pour un financement transparent. Même s’il est d’avis qu’il faut dépasser le cadre classique de financement. ‘’Il faut envisager des nouvelles opportunités. Mais il faut un financement sain. Cela suppose d’avoir une visibilité à moyens termes sur les financements’’, a soutenu Aliou Sall.

Le président de l’Association des maires du Sénégal (AMS) plaide aussi pour un partenariat entre l’Etat et les mairies. Mais, précise-t-il, une collaboration qui ne doit pas ‘’souffrir des aléas politiques’’.  ‘’Le partenariat doit être indépendant de la position politique des uns et des autres’’, a-t-il insisté.

 Pour sa part, le Secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Tidiane Diop, juge fondamental l’accompagnement de l’Etat. Même s’il reconnaît aux collectivités locales le droit de s’endetter au niveau local ou au marché régional. ‘’Les opérations d’emprunts des collectivités sont encadrées pour éviter que des défauts puissent avoir demain des impacts sur les finances publiques’’, a rappelé le représentant du ministre Amadou Bâ.

MAMADOU DIALLO

 

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