Publié le 12 May 2022 - 09:26
ORGANISATION POUR LA MISE EN VALEUR DU FLEUVE SÉNÉGAL (OMVS)

50 ans de défis et de succès

 

L’OMVS fête son cinquantenaire sous de bons auspices. L’organisation sous-régionale vient de recevoir le Grand Prix Hassan II pour l'eau. Hier, à Dakar, son haut-commissaire, Hamed Diané Séméga, est longuement revenu sur les succès et les défis qui attendent l’organisation qui espère poursuivre sa montée en puissance, au bénéfice de ses pays membres. 

 

Dans le cadre de la célébration de ses cinquante ans d'existence, l'OMVS, par la voix de son haut-commissaire Hamed Diané Séméga, a dressé, hier, un bilan d’étape qui se veut satisfaisant. Il a été question de la production d'énergie, des potentialités agricoles et, entre autres, des infrastructures, notamment des barrages à construire pour augmenter les capacités de l’organisation.

"L’offre d’énergie de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a permis de réduire considérablement la production thermique très coûteuse. En Afrique de l’Ouest, les pays font face à d’importants défis agricoles et énergétiques. Pour leur venir en aide, l’OMVS a construit quatre barrages hydroélectriques (Diama, Manantali, Félou et Gouina)", a rappelé Hamed Diané Séméga.

En parlant des apports considérables de l'organisation, il a ajouté : "Avec les aménagements hydroélectriques, la puissance installée est de 400 MW, dont 200 MW en provenance de Manantali, 60 MW de Félou et 140 MW de Gouina. Les États membres économisent, chaque année, plusieurs milliards de francs CFA."

Ainsi, selon le patron de l'OMVS, ces installations ont permis d’assurer la couverture de 40 à 50 % des besoins en électricité du Mali, 20 à 30 % de la Mauritanie et 10 à 12 % des besoins en électricité du Sénégal. Mieux, poursuit-il, ces barrages et lignes de transport de l’énergie électrique ont contribué à l’amélioration de la qualité et de la continuité de la fourniture d’électricité au Mali, en Mauritanie et au Sénégal. Ces trois pays constituant, avec la Guinée, les membres de cette organisation régionale.

‘’L'hydroélectrique est propre et accessible. Donc, pourquoi s'en priver ?’’

Toutefois, le haut-commissaire note une sous-exploitation des potentialités du fleuve. "Le potentiel hydroélectrique existe, mais il est sous-exploité. Il faut donc construire plus de barrages. D'autant plus que l'hydroélectrique est propre et accessible. Donc, pourquoi s'en priver ? Sans oublier également les barrages à vocation énergétique permettant aux États membres de l'OMVS d'économiser une manne très importante d'argent qu'ils pourraient réinvestir ailleurs", s’interroge M. Séméga.

Mais comme dans toute entité, tout n'est pas rose à l'OMVS. Et il a bien voulu l'admettre. "La Falémé, pour dire les choses clairement, agonise. Si on est arrivé-là, il y a la main de l'homme. L'orpaillage anarchique et les déchets miniers sont passés par là. L'orpaillage anarchique tue le fleuve, pour faire court", regrette le haut-commissaire, qui promet des solutions idoines.

Le ‘’Nobel de l’eau’’

Évoquant sur le Grand Prix Hassan II pour l’eau qu’il considère comme le ‘’Nobel de l’eau’’, il a soutenu que l’OMVS le mérite, car elle s’est positionnée comme "un facteur de stabilité, de développement, de construction de la paix" et comme "un modèle qui fonctionne et qui donne tort aux afro-pessimistes". À ce propos, le haut-commissaire souligne que l'organisation qu'il dirige est un "parfait exemple d'intégration africaine réussie". C’est pourquoi il considère cette distinction comme un challenge ultime. "Le prix Hassan 2 signifie pour nous aussi qu'il faut mettre les bouchées doubles pour demeurer au sommet. En effet, le vrai défi commence maintenant pour nous", a-t-il affirmé.

À cela, Hassan Naciri, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, a ajouté que la distinction de l’OMVS est l’aboutissement "d’un travail très rigoureux mené avec des recherches, des évaluations et des déplacements". "L’OMVS n’a pas été distinguée fortuitement. Elle participe à tous les efforts de développement humain dans les États membres. C’est une belle aventure qui renforce les liens déjà existants entre les peuples, grâce à la gestion paisible de l’eau du fleuve Sénégal. En outre, pour cette récompense dont la motivation est passée de 100 à 500 000 dollars, l'OMVS a été choisie à l'unanimité", a confié le diplomate marocain.

MAMADOU DIOP

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