Publié le 27 Jul 2018 - 19:08
PRESIDENTIELLE 2019

Khalifa Sall s’autoproclame candidat

 

Le maire de la Ville de Dakar, en délicatesse avec la justice sénégalaise depuis plus d’un an, a déclaré hier sa candidature aux prochaines joutes électorales.

 

Il a été l’absent le plus présent hier à la salle 4 du tribunal de Dakar. La cause est inconnue pour le moment, mais Khalifa Ababacar Sall ne sera pas forcé à comparaître manu militari comme Hissein Habré deux ans plus tôt, ou Karim Meissa Wade quatre ans auparavant. A l’image de ce dernier, investi trois jours avant sa condamnation par la Crei, le maire de Dakar a trouvé le moyen de s’investir candidat à la Présidentielle de 2019 avant une (possible) condamnation définitive. Son cas, le procès de la Caisse d’avance de la ville de Dakar, est pendant devant une juridiction de second degré.

‘‘Je suis candidat à l’élection présidentielle du 24 février 2019, avec la conviction que nous puiserons dans cette épreuve les forces pour rassembler les forces vives de notre nation, gagner la confiance du peuple, et retrouver notre cher pays.’’ Cette déclaration, qui nous est parvenue pas voie de communiqué, aurait-elle été la même que celle qu’il s’apprêtait à faire oralement devant la Cour hier, et pour laquelle il ne serait pas venu ? Dans ce document, le maire de la Ville de Dakar a assimilé la procédure judiciaire, qui lui a valu une condamnation de 5 ans en première instance en 2017, à une cabale politique tout en tentant de préserver la respectabilité des institutions.

‘‘Traîné en justice par mes adversaires politiques, j’ai accepté de comparaître par respect pour le pouvoir judiciaire qui, avec les pouvoirs législatif et exécutif, constituent l’un des piliers de notre république et le socle sur lequel se construit et se consolide notre système démocratique.’’ Mais dans l’argument suivant, l’édile de la capitale adopte une posture iconoclaste, regrette presque de s’être prêté au jeu de la justice, et rétablit sa posture éthique irréprochable.

‘‘Les accusations qui me sont faites sont ignominieuses, hypocrites et infamantes. Je réfute chacune de ces dernières qui poursuivent le dessein politique lâche d’entraver la liberté du suffrage’’, dit le maire. D’ailleurs il précise que malgré son idéal républicain, ‘‘ce n’est pas sans appréhensions’’ qu’il l’a fait et que ‘‘l’histoire (lui) a donné raison’’. Khalifa Sall prend en exemple la décision de la Cour de justice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour démontrer qu’il ‘‘n’a pas été traité en justiciable comme les autres’’. La sentence communautaire a dénoncé les violations du droit : ‘‘Le Droit à l’assistance d’un conseil, le droit à la présomption d’innocence et à un procès équitable de Khalifa Sall et des 5 autres requérants ont été violés.’’

Traversée désert

Depuis plus d’un an, Khalifa Sall est dans une phase ardue de traversée du désert. Pour l’actuel maire de Dakar, président de l’Association des maires francophones, la lumière au bout du tunnel peut mettre du temps à poindre. Le millésime 2017-2018 aura été un interminable parcours du combattant pour lui. Au premier trimestre de 2017, début mars, il a été incarcéré dans l’affaire de la caisse d’avance de la Ville de Dakar dont un chef d’accusation ‘‘pour détournement de deniers publics’’. Au troisième trimestre il perdait, coiffé au poteau par la coalition Bby, son bastion électoral dakarois lors des Législatives de juillet. Au quatrième trimestre, le mois de décembre aura été accablant puisqu’il est détricoté de son immunité parlementaire (le 14), et exclu de sa matrice politique, le Parti socialiste, le 30 décembre.

Un parti où il milite depuis 35 ans, et où le seul échelon restant était le poste de secrétaire général qui aurait renforcé sa stature de présidentiable. Sans oublier les drames personnels (décès de proches) qui ont jalonné ce parcours. 2018 ne s’est annoncé guère mieux puisqu’il sera condamné à 5 ans de prison le 30 mars, et au paiement de 5 millions de F CFA d’amende quand il a été déclaré coupable de faux et usage de faux (Fuf) en écriture de commerce, de Fuf dans les documents administratifs, et d’escroquerie portant sur des deniers publics. L’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao a été une lueur pour sa défense, en appel, quand le mercredi 24 juillet 2018, ses avocats ont boudé l’audience, protestant contre la jonction au fond des exceptions soulevées. Khalifa Sall ne fera pas acte de présence non plus le lendemain, jusqu’à sa déclaration de candidature.

OUSMANE LAYE DIOP

Section: 
ELECTIONS LOCALES 2027 : Le FDR veut unifier l’opposition
FONDS POLITIQUES – ACCÈS À LINFORMATION : Le règne de l’opacité
ENTRE TENSIONS SOCIALES ET IMPÉRATIFS ÉCONOMIQUES : L’État ajuste ses priorités
CENTENAIRE DU PRESIDENT ABDOULAYE WADE : Une célébration en grande pompe les 4 et 5 juin
COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : La stratégie de déploiement
LIMOGEAGE OUSSEYNOU LY Pastef dans tous ses états
El Malick Ndiaye
KHALIFA A. SALL (TAXAWU SÉNÉGAL) : “Notre temps d’observation de 24 mois est terminé”
GRANDE INTERVIEW – 2 ANS DE DIOMAYE : Les leçons d’une prise de parole
AMINATA TOURÉ, SUPERVISEURE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT "Le moment venu, on saura répondre coup pour coup"
MODIFICATION ARTICLES L29 ET L30 - NON RÉTROACTIVITÉ DE LA LOI Entre confusion et amalgame
MAME MBAYE NIANG SUR LA MODIFICATION DE LA LOI ELECTORALE « Au nom de quoi se battre à la place de Diomaye ? »
DUEL AU SOMMET - RÉVISION CODE ÉLECTORAL : L’Assemblée tranche pour Sonko !
RÉFORMES INSTITUTIONNELLES AU SÉNÉGAL Entre l’ambition du consensus et le spectre du “forcing”
RÉFORMES CONSTITUTIONNELLES : Le FDR rejette les propositions et appelle à la mobilisatio
EN ASSEMBLEE GENERALE A THIÈS Le FDR critique la situation du pays et la réforme électorale
ABDOULAYE B. GNING (PRESIDENT DU FRONT PATRIOTIQUE Républicain (FPR – YOON WI)) "Le temps est grave notre République vacille, notre souveraineté s'efface"
EN TOURNEE A THIES : Barthélémy Dias appelle l’opposition à se structurer
Fête de l’indépendance à Thiès
LOI D’AMNISTIE : La politique noie le Droit