Publié le 5 May 2026 - 14:58
COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT

La stratégie de déploiement

 

Le locataire du palais de la République poursuit plus que jamais son pari de se constituer un appareil politique à même de porter ses ambitions de second mandat, en tournant le dos au Pastef qui l’a fait accéder à la magistrature suprême. Le défi est certes de taille, mais Diomaye dispose d'un groupe sur lequel il peut compter, en commençant par la superviseure générale de la coalition, Aminata Touré. 

 

Macky, dès 2012, juste après la deuxième alternance, a fait le pari de conserver l’armada politique qui l’a amené au pouvoir : Benno Bokk Yakaar. Par la suite, les élections municipales, de 2014 notamment, les législatives (2017 et 2022) ainsi que la présidentielle de 2019 furent les trophées distinctifs de la machine Benno. Ensuite 2024 est venu. Ce fut la débandade. Une coalition se substituait à une autre.

Mais un peu plus de deux ans plus tard, ce qui devait être une simple formalité dans la gouvernance offre une toute autre tournure, une véritable “révolution" dans la façon de conduire les affaires de la cité.

Dans la coalition Diomaye Président, le chef de l'État est un peu au-dessus de la mêlée. Le visage de l'organisation c'est plutôt Aminata Touré en tant que superviseure générale. Même si Mimi est loin de faire l'unanimité, contestée même par certains leaders, l'histoire a assez démontré qu'il valait l'avoir dans ses rangs que dans le camp d'en face. Car outre son expérience politique : Premier ministre, ministre de la justice, tête de liste à des élections législatives, l'ancienne apériste est une dure à cuire, qui sait taper là où ça fait mal.

Donc dans cette crise politique qui s'est désormais dévoilée au grand jour, Diomaye peut se prévaloir de compter sur l'expérimentée Mimi. Mais bien que les stratégies et la communication soient toujours importantes, les échéances politiques se gagnent, au finish dans les bureaux de vote. Et Mimi n'est pas la plus nantie en termes de militants. 

Cependant hormis la superviseure de la coalition, nous avons minimum trois grands joueurs assez valeureux. Abdourahmane Diouf, d'abord, l'un des rares avec une certaine base politique. Le leader du mouvement Awalé par ailleurs ministre de l’Environnement et de la transition écologique reste un atout non négligeable. On se souvient tous de la théorie des “cabines téléphoniques", lors de l'assemblée générale de mars dernier. L'ancien de Rewmi, répondant à une des nombreuses attaques du président du Pastef, Ousmane Sonko, laissait entendre que la Coalition Diomaye Président allait s'implanter un peu partout dans le territoire national.

En outre, M. Diouf, en fin communicant, passe aussi pour l'un des principaux défenseurs de la méthode Diomaye. Lors de ses différentes sorties dans la presse, il ne rate jamais l'occasion de magnifier les divers actes louables posés par le visage même de la coalition.

Pour continuer à dessiner le trio derrière Mimi, un autre ministre, celui de l'Industrie et du commerce : Serigne Gueye Diop. Sans risque de se tromper, on peut avancer que l'ancien maire de Sandiara demeure au moins l'un des dépositaires de la stratégie de la Coalition Diomaye Président. Ce lundi déjà, il a annoncé le futur de la mouvance présidentielle à laquelle le chef de l'État himself prendra part. « Le président ne vient pas faire des promesses, il vient présenter des solutions opérationnelles. Un message qu’il veut clair, le renouveau du Sénégal prospère commence à Mbour ».

Selon lui, le président de la République viendra à Mbour pour « réaffirmer l’État de droit, la démocratie sénégalaise et la paix sociale », mais aussi pour ouvrir une nouvelle étape axée sur la prospérité économique.

Enfin, pour le dernier élément de ce triumvirat, nous avons l'avocat, Abdoulaye Tine, fraîchement promu au poste de porte-parolat de la présidence de la République. Celui qui était jusqu'ici président du conseil d'administration de la Sogepa, c'est un peu comme Abdourahmane Diouf, sans un vrai appareil politique qui va avec. Percutant et pertinent, l'avocat de formation, apparemment, homme de confiance du président Diomaye pourrait davantage peser dans la communication globale de la team Diomaye. 

Autant dire que Diomaye tient désormais sa garde rapprochée. Va-t-elle lui permettre d’implanter sa coalition sur le territoire national et dans la diaspora ? Le challenge s’annonce difficile.

2027, test grandeur nature 

Car, il est évident que la Coalition Diomaye Président, sans le Pastef, devra faire ses preuves sur l'échiquier politique nationale. Mais pour toutes les raisons évoquées, ci-dessus, force est de reconnaître, que le potentiel est là. Peut-être quand tout partira en vrille vraiment avec le parti d’Ousmane Sonko, la Coalition Diomaye Président pourrait se retrouver vraiment renforcer avec les positions assumées des uns et des autres.

Mais en attendant un grand test arrive. En effet, si 2029, c'est encore loin, en attendant, Diomaye et sa coalition peuvent tester leur force de frappe 2027, lors des élections municipales. Pour Mimi, Abdourahmane et consorts, on aura déjà un aperçu du nombre exact de ces militants du Pastef qui épousent réellement la méthode Diomaye. Mais surtout de celui des alliés.

En effet, c’est la première fois dans l’histoire de ce pays qu’un leader politique, en l’occurrence, Bassirou Diomaye Faye, part à la conquête du suffrage et de l’adhésion des populations avec une coalition et non un parti politique. Quand on sait que les formations politiques, par essence, ont leurs propres agendas, s’implanter durablement sur le territoire avec un conglomérat de leaders politiques d’obédiences politiques aussi diverses que variées serait un véritable tour de forces. Autant dire que Mimi Touré a du pain sur la planche.

D’ailleurs, dans un peu moins d'un an, si les élections municipales se tiennent, la Coalition aura vraiment de la matière pour préparer le gros morceau, le nœud du problème pour certains : la présidentielle de 2029.

MAMADOU DIOP 

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